Jazz- Cécile Brocas, le douceur comme langage
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On a assisté au set de Cécile Brocas au Duc des Lombards pour la sortie de son premier EP « That Was a Dream » : la douceur comme langage
Il y a des voix qui ne cherchent pas à impressionner.
Elles s’installent doucement, presque discrètement, et finissent par créer un espace intime où l’émotion circule sans effort. C’est précisément ce que propose Cécile Brocas avec son premier EP, That Was a Dream.
Longtemps restée dans l’ombre — vingt ans de scène comme choriste, entre gospel, RnB et variété — la chanteuse franchit aujourd’hui un cap. Celui de se raconter. Celui, aussi, de réaliser un rêve ancien : se consacrer pleinement au jazz.
Et ce rêve prend une couleur particulière. L’EP a été enregistré pendant la grossesse de son premier enfant. Une temporalité suspendue, presque intérieure, qui semble infuser toute l’esthétique du projet.
Dès les premières notes, une évidence s’impose : la douceur est ici un choix artistique, pas une facilité. La voix de Cécile Brocas se déploie sans artifice, avec une grande économie de moyens. Peu de vibrato, une diction claire, une ligne vocale tenue — tout concourt à créer une sensation d’apaisement.
On pense parfois à Stacey Kent pour cette manière de laisser respirer les mots, de ne jamais forcer l’émotion. Ici, chaque phrase semble posée avec délicatesse, comme un murmure adressé à l’auditeur.
Accompagnée de son quintet, la chanteuse trouve un écrin musical à sa mesure. Les arrangements privilégient l’espace, la nuance, l’écoute. Rien ne déborde. Tout est affaire d’équilibre.
Durant son premier set au Duc des Lombards, on aura pu toutefois percevoir, par moments, un équilibre sonore légèrement fragilisé, certains passages laissant le saxophone s’imposer davantage là où l’ensemble appelait plus de retenue.
Certains titres, comme All I’ve Ever Really Wanted, composé par Philippe Powell — connu pour ses collaborations avec Melody Gardot — ou encore l’univers musical de Jesse Harris, inscrivent l’EP dans une filiation jazz contemporaine élégante et accessible.
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Mais ce qui touche, au-delà des références, c’est la sincérité du projet. Cécile Brocas ne cherche pas à démontrer. Elle propose. Elle suggère. Elle laisse la musique exister dans ce qu’elle a de plus simple : une émotion partagée.
Une première scène qui confirme une chose essentielle : la justesse ne tient pas au volume, mais à l’intention.
Pour les amateurs de jazz feutré, That Was a Dream est une invitation à ralentir.
À écouter autrement.
Car parfois, la musique ne cherche pas à nous emporter.
Elle cherche simplement à nous atteindre.
Par Maxime Dorian
Cécile Brocas "That Was A Dream" - (Continuo / Believe)
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