[FCEM 2026] Une fille en or : Jean-Luc Gaget revisite la comédie romantique.
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On connait surtout Jean-Luc Gaget comme scénariste, lauréat en 2017 du César du meilleur scénario avec Sólveig Anspach pour le merveilleux "L’Effet Aquatique".
On se souvient de sa collaboration très fructueuse avec la regrettée réalisatrice franco islandaise sur 5 films formidables, dont "Lulu femme nue" et cet inoubliable "Effet aquatique" dont il termina le montage après le décès prématuré de la réalisatrice.
Incontestablement, on retrouve un peu de la folie douce et de la fantaisie de la cinéaste franco islandaise dans le seulement deuxième long métrage de Jean Luc Gaget, "Une fille en or", vingt-cinq années après "J’ai tué Clémence Acéra" en 2001, bien plus sombre et torturé que ce second opus.
Jean Luc Gaget a eu coutume de dire qu'il conserve de sa collaboration avec Sólveig Anspach le principe selon lequel travail sur le personnage était au centre de tout récit.
Dans une fille en or, la fille en question c'est Clémence, grande rouquine au visage long et anguleux, jouée par l'esquise Pauline Clément, également en héroïne d'une autre délicieuse comédie à l'affiche en ce printemps 2026, "De la comédie française") dont la première scène nous la montre particulièrement gênée au sein d'un groupe de parole censée lui redonner confiance en elle.
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Ce jour où Clémence prend conscience que personne ne l’a jamais admirée, son père meurt. Petite sœur d’une aînée aussi belle que successful, elle si maladroite et perdue dans sa vie, Clémence n’a d’autre choix que de remonter la pente d’une estime de soi qu’elle ne pensait pas si basse
C'est là qu'elle va trouver un nouveau travail et rencontrer aussi son nouveau patron, surnommé Paul Pot à cause de son comportement tyrannique. Paul, aussi rigide, méthodique, obsédé par le contrôle que Clémence est frivole, bordélique, reveuse.
C'est la sempiternelle histoire d’un amour des contraires, a priori impossible que Jean Luc Gaget nous propose avec Une fille en or, mais il le fait à travers un conte aussi tendre que drôle avec autant de douceur et d' humour loufoque que pouvait le faire Sólveig Anspach
Ces deux protagonistes, Clémence et Paul, cachent un manque d'estime de soi chacun à leur manière. Derrière cette situation se cache une rencontre lumineuse entre deux êtres que tout oppose : Clémence, spontanée, désordonnée et un peu perdue, De leur maladresse naît une forme de poésie.
Comme chez Sólveig Anspach, on retrouve cette attention très forte portée aux petites choses du quotidien, cette attirance pour les personnes imparfaites, invisibles, un peu à coté du monde et de leur vie, aussi, par la même occasion.
Dans "Une fille en or", Les situations sont joliment grotesques et pourraient facilement déraper dans le ridicule, sauf que Jean Luc Gaget tisse parfaitement le fil entre poésie et grotesque avec énormément de maitrise
Et certaines séquences font sourire d'aise le spectateur client de ces scenettes poétiques et décalées : Clémence qui se cache derrière son vélo dont elle dépasse largement, qui se trompe de salle funéraire au décès de son père et glisse son mot dans le mauvais cercueil, Quentin son admirateur de CM2 qui boit le vin du shabbat comme on goûterait un grand cru…
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Le film trouve ainsi sa singularité dans ces instants suspendus où les personnages se révèlent à eux-mêmes. Sans artifices, sans cynisme. Une ode à la fragilité, à l’imperfection, à la beauté du doute.
Une comédie romantique féérique qui fourmille d’idées et revisite avec fraîcheur l’adage des opposés qui s’attirent. Entre piques acérées et éclats d’émotion, un duo aux antipodes mais attachant donne vie à un récit aussi drôle que tendre sur la reconquête de soi.Et le duo Arthur Dupont, Pauline Clément, aussi mal assorti que complémentaire, fonctionne à merveille.
Et comme dans toute bonne comédie romantique qui se respecte, Une fille en nous réserve des personnages secondaires aux petits oignons, on pense à cette grande sœur (Emily Caen toujours formidable en bourgeoise névrosée) qui incarne la tristesse d’une vie où tout semble être parfait et ce mari un peu pataud (Loic LeGendre, fondant) qui la comble d’amour – et de jeux de mots ridicules – mais ne sait toujours pas que c’est « le service blanc qu’on dresse à table le jour de shabbat.
Ne ratez pas sur grand écran cette belle rencontre entre Clémence la trop gentille et Paul le (finalement pas si ) trop méchant, et autour de ces deux personnages principaux qui n’ont rien pour tomber amoureux.
AU CINÉMA LE 15 AVRIL 2026
Le film sera présenté en compétition au Festival du cinéma européen de Meyzieu du 19 au 29 mars 2026
AU CINÉMA LE 15 AVRIL 2026
Le film sera présenté en compétition au Festival du cinéma européen de Meyzieu du 19 au 29 mars 2026
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