Baz'art  : Des films, des livres...
20 mars 2026

[FCEM 2026] Une fille en or : Jean-Luc Gaget revisite la comédie romantique. 

 


On connait surtout Jean-Luc Gaget comme scénariste, lauréat en 2017 du César du meilleur scénario avec Sólveig Anspach pour le merveilleux "L’Effet Aquatique".

On se souvient  de sa collaboration très fructueuse avec la regrettée réalisatrice franco islandaise  sur 5 films formidables, dont "Lulu femme nue" et cet inoubliable "Effet aquatique" dont il termina le montage après le décès prématuré de la réalisatrice.

Incontestablement, on retrouve un peu de la folie douce et de la fantaisie de la cinéaste franco islandaise dans le seulement  deuxième long métrage de Jean Luc Gaget, "Une fille en or", vingt-cinq années après "J’ai tué Clémence Acéra" en 2001, bien plus sombre et torturé que ce second opus.

Jean Luc Gaget a eu coutume de dire qu'il conserve de sa collaboration avec Sólveig Anspach le principe selon lequel travail sur le personnage était au centre de tout récit.

Dans une fille en or, la fille en question c'est Clémence, grande rouquine au visage long et anguleux,   jouée par l'esquise Pauline Clément, également en héroïne d'une autre délicieuse comédie à l'affiche en ce printemps 2026, "De la comédie française") dont la première scène nous la montre particulièrement gênée au sein d'un groupe de parole censée lui redonner confiance en elle.

 

Ce jour où Clémence prend conscience que personne ne l’a jamais admirée, son père meurt. Petite sœur d’une aînée aussi belle que successful, elle si maladroite et perdue dans sa vie, Clémence n’a d’autre choix que de remonter la pente d’une estime de soi qu’elle ne pensait pas si basse

C'est là qu'elle va trouver un nouveau travail et rencontrer aussi son nouveau patron, surnommé Paul Pot à cause de son comportement tyrannique.  Paul,  aussi rigide, méthodique, obsédé par le contrôle que Clémence est frivole, bordélique, reveuse.

C'est la sempiternelle histoire d’un amour des contraires, a priori impossible que Jean Luc Gaget nous propose avec Une fille en or, mais il le fait à travers un conte aussi tendre que drôle avec autant de  douceur et d' humour loufoque  que pouvait le faire Sólveig Anspach 

Ces deux protagonistes, Clémence et Paul, cachent un manque d'estime de soi chacun à leur manière. Derrière cette situation se cache une rencontre lumineuse entre deux êtres que tout oppose : Clémence, spontanée, désordonnée et un peu perdue, De leur maladresse naît une forme de poésie.

Comme chez Sólveig Anspach, on retrouve cette attention très forte portée aux petites choses du quotidien, cette attirance pour les personnes imparfaites, invisibles, un peu à coté du monde et de leur vie, aussi, par la même occasion. 

Dans "Une fille en or", Les situations sont joliment grotesques et pourraient facilement déraper dans le ridicule, sauf que Jean Luc Gaget tisse parfaitement le fil entre poésie et grotesque avec énormément de maitrise

Et certaines séquences font sourire d'aise le spectateur client de ces scenettes poétiques et décalées : Clémence qui se cache derrière son vélo dont elle dépasse largement, qui se trompe de salle funéraire au décès de son père et glisse son mot dans le mauvais cercueil, Quentin son admirateur de CM2 qui boit le vin du shabbat comme on goûterait un grand cru…

 


Le film trouve ainsi sa singularité dans ces instants suspendus où les personnages se révèlent à eux-mêmes. Sans artifices, sans cynisme. Une ode à la fragilité, à l’imperfection, à la beauté du doute. 

Une comédie romantique  féérique qui fourmille d’idées et revisite avec fraîcheur l’adage des opposés qui s’attirent. Entre piques acérées et éclats d’émotion, un duo aux antipodes mais attachant donne vie à un récit aussi drôle que tendre sur la reconquête de soi.Et le duo Arthur Dupont, Pauline Clément, aussi mal assorti que complémentaire, fonctionne à merveille.

Et comme dans toute bonne comédie romantique qui se respecte, Une fille en nous réserve des personnages secondaires aux petits oignons, on pense à cette grande sœur (Emily Caen toujours formidable en bourgeoise névrosée) qui incarne la tristesse d’une vie où tout semble être parfait et ce mari un peu pataud (Loic LeGendre, fondant) qui la comble d’amour – et de jeux de mots ridicules – mais ne sait toujours pas que c’est « le service blanc qu’on dresse à table le jour de shabbat.

Ne ratez pas sur grand écran cette belle rencontre entre Clémence la trop gentille et Paul le (finalement pas si ) trop méchant, et autour de ces deux personnages principaux qui n’ont rien pour tomber amoureux.

 

AU CINÉMA LE 15 AVRIL 2026

Le film sera présenté en compétition au Festival du cinéma européen de Meyzieu du 19 au 29 mars 2026

 

 

 

AU CINÉMA LE 15 AVRIL 2026

Le film sera présenté en compétition au Festival du cinéma européen de Meyzieu du 19 au 29 mars 2026

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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