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10 mars 2026

On a assisté à la conférence de Bertrand Dicale au Théâtre Montparnasse : Pourquoi veut-on faire taire les chanteuses ?

 Quand la chanson révèle les silences d’une époque


Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, le journaliste et historien de la chanson Bertrand Dicale ouvrait un cycle de conférences consacré à la chanson. Un choix de date qui n’a rien d’anodin : la rencontre portait une question aussi simple que troublante - pourquoi veut-on faire taire les chanteuses ?

Tout commence presque comme un rituel familier : ce « blues du dimanche soir » qui nous pousse à chercher refuge dans la musique. À partir de là, Bertrand Dicale déroule un passionnant voyage dans l’histoire de la chanson populaire française.

Un voyage qui rappelle d’abord combien les représentations de la femme dans la chanson ont longtemps été façonnées par un regard masculin. Dès les années 1930, certaines paroles témoignent d’une époque où la violence pouvait être traitée avec une étonnante légèreté. Dicale évoque ainsi « Les trois gendarmes », une chanson interprétée par Mireille en 1932, dont le sujet - un viol présenté sur un ton presque comique - sera d’abord censuré avant d’être finalement autorisé en 1961.

À travers ces exemples, la conférence montre comment la chanson populaire reflète souvent les mentalités d’une époque.

Longtemps, nombre de titres écrits par des hommes ont entretenu l’idée d’une femme soumise ou objet de désir. Même certaines expressions contemporaines de la musique urbaine perpétuent parfois ces représentations.

 

 

Pourtant, des artistes ont tenté de déplacer le regard.
Brigitte Bardot, Juliette Gréco ou encore Brigitte Fontaine ont chacune, à leur manière, ouvert des brèches dans ce paysage musical.

Mais la liberté féminine dans la chanson n’a jamais été sans condition. Pour être entendue, une chanteuse devait souvent correspondre à des normes esthétiques très strictes.

La trajectoire de Anne Sylvestre en témoigne : ses textes audacieux et profondément féministes furent parfois éclipsés par des commentaires médiatiques sur son apparence.

 

Les chiffres eux-mêmes parlent. Dans les classements actuels des titres les plus écoutés, seulement environ 20 % des chansons sont interprétées par des femmes.

En une heure, ponctuée d’extraits musicaux, Bertrand Dicale rappelle ainsi une évidence souvent oubliée : la chanson n’est jamais seulement un divertissement. Elle est aussi un miroir sociologique, révélateur des tensions, des imaginaires et des rapports de pouvoir d’une société.

Une conférence à la fois accessible et érudite, qui invite à écouter autrement ce que nous croyions connaître.

Rédacteur : Maxime Dorian

 

Cycle de 3 conférences : Parlons chansons

Pourquoi veut-on faire taire les chanteuses ? (8 mars)

Pourquoi chantent les chanteurs ? (15 mars)

Pourquoi tant de chanteurs français sont-ils étrangers ? (22 mars)

Théâtre Montparnasse

De et avec : Bertrand DICALE

 

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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