Reflets du cinéma ibérique et latino-américain : Nuestra Tierra de Lucrecia Martel
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Argentine, 2009. Trois hommes blancs tentent d'expulser les membres de la communauté autochtone de Chuschagasta, revendiquant la propriété des terres. Armés, ils tuent le chef de la communauté, Javier Chocobar.
Le meurtre est filmé, et en 2018, après neuf ans d’impunité et des siècles d’histoire coloniale, le procès s’ouvre.
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Figure majeure du Nouveau cinéma argentin, Lucrecia Martel (Zuma, La Cienaga, La Femme sans tête) a été révélée à l’international par son premier long métrage La ciénaga, récompensé coup sur coup à Sundance et Berlin. Son œuvre, entre fiction et réel, hantée par l’histoire de son pays, ausculte autant la mémoire que les enjeux contemporains.
A 59 ans, Lucrecia Martel signe sa première incursion dans le documentaire avec Nuestra Tierra, enquête hantée sur l’assassinat du leader d’une communauté autochtone, et son lien avec l'histoire argentine, le colonialisme et les expropriations séculaires.
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Etude d'un cas précis et tragique, le documentaire de Lucrecia Martel remonte dans le détail les mécanismes coloniaux toujours prégnants, en Argentique comme dans énormément de pays coloniaux du monde. La question des preuves, souvent visuelles, est essentielle et les séquences filmées du meutre de Chocobar ne semblent rien prouver, pas même la propriété des terres revendiquées par le camp de la communauté autochtone.
A noter l'utilisation par le directeur de la photographie Ernesto De Carvalho de drones pour transmettre la beauté et l’étendue du territoire. Cela inclut une séquence d’ouverture qui commence tout au haut de l’espace extra-atmosphérique, puis se concentre lentement sur Tucumán, soulignant comment une seule bataille sur une parcelle de terre représente, en termes culturels et historiques, une bataille sur toute notre humanité.
Puisque la plupart des images datent de 2018, le film suggère implicitement que, dans les conditions politiques actuelles, les choses n’ont fait qu’empirer—et que les responsables ne ressentent plus besoin de cacher ce qu’ils pensent. En ce sens, la clarté lucide et généreuse de Nuestra Tierra devient inestimable : elle donne une voix, douce mais insistante et de plus en plus nécessaires , à des communautés qui n’ont jamais vraiment été entendues.
" Ce film parle de notre langue maternelle, il met en évidence ses complexités racistes, qui empêchent beaucoup de gens d’accéder à leur espace vital. C’est la langue des papiers. La vie de personnes expulsées par des documents d’une valeur douteuse, des vies perdues dans des heures de procédures inutiles. Le cinéma peut être utile à cet endroit. C’est mon désir le plus profond! "Lucrecia Martel
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Le film sort au cinéma, demain, le 1er avril et a été présenté le 29 mars dernier à Villeurbanne dans le cadre des Reflets du cinéma ibérique et latino américain.
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