Baz'art  : Des films, des livres...
31 mars 2026

Reflets du cinéma ibérique et latino-américain : Nuestra Tierra de Lucrecia Martel

 

Argentine, 2009. Trois hommes blancs tentent d'expulser les membres de la communauté autochtone de Chuschagasta, revendiquant la propriété des terres. Armés, ils tuent le chef de la communauté, Javier Chocobar.

Le meurtre est filmé, et en 2018, après neuf ans d’impunité et des siècles d’histoire coloniale, le procès s’ouvre.

 

Figure majeure du Nouveau cinéma argentin, Lucrecia Martel (Zuma, La Cienaga, La Femme sans tête) a été révélée à l’international par son premier long métrage La ciénaga, récompensé coup sur coup à Sundance et Berlin. Son œuvre, entre fiction et réel, hantée par l’histoire de son pays, ausculte autant la mémoire que les enjeux contemporains.

A 59 ans, Lucrecia Martel signe sa première incursion dans le documentaire avec Nuestra Tierra,  enquête hantée sur l’assassinat du leader d’une communauté autochtone, et son lien avec l'histoire argentine, le colonialisme et les expropriations séculaires.

Etude d'un cas précis et tragique, le documentaire de Lucrecia Martel remonte dans le détail les mécanismes coloniaux toujours prégnants, en Argentique comme dans énormément de pays coloniaux du monde. La question des preuves, souvent visuelles, est essentielle et les séquences filmées du meutre de Chocobar ne semblent rien prouver, pas même la propriété des terres revendiquées par le camp de la communauté autochtone.

A noter l'utilisation par le directeur de la photographie Ernesto De Carvalho de  drones pour transmettre la beauté et l’étendue du territoire. Cela inclut une séquence d’ouverture qui commence tout au haut de l’espace extra-atmosphérique, puis se concentre lentement sur Tucumán, soulignant comment une seule bataille sur une parcelle de terre représente, en termes culturels et historiques, une bataille sur toute notre humanité. 

Puisque la plupart des images datent de 2018, le film suggère implicitement que, dans les conditions politiques actuelles, les choses n’ont fait qu’empirer—et que les responsables ne ressentent plus besoin de cacher ce qu’ils pensent. En ce sens, la clarté lucide et généreuse de Nuestra Tierra devient inestimable : elle donne une voix, douce mais insistante et de plus en plus nécessaires , à des communautés qui n’ont jamais vraiment été entendues.


" Ce film parle de notre langue maternelle, il met en évidence ses complexités racistes, qui empêchent beaucoup de gens d’accéder à leur espace vital. C’est la langue des papiers. La vie de personnes expulsées par des documents d’une valeur douteuse, des vies perdues dans des heures de procédures inutiles. Le cinéma peut être utile à cet endroit. C’est mon désir le plus profond! "Lucrecia Martel 

 

Le film sort au cinéma, demain, le 1er avril et a été présenté le 29 mars dernier à Villeurbanne dans le cadre des Reflets du cinéma ibérique et latino américain.

 

 

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 250 827

 

Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
169 abonnés