Baz'art  : Des films, des livres...
31 mars 2026

RENCONTRE CINEMA : Alexandra Lamy pour le film Compostelle

Le film « Compostelle » sort dans les salles de cinéma ce mercredi 1er avril et pourrait bien donner à certains l’envie de se lancer sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle…

L’histoire est librement inspirée du livre 'Marche et invente ta vie' de Bernard Ollivier, le fondateur de Seuil.

Cette association permet, chaque année, à des binômes, composés d’un accompagnant et d’un jeune en perte de repères de partir ensemble sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

C'est ce qui arrive à Adam, un adolescent tourmenté, joué par la révélation Julien Le Brre. Placé en maisons d’accueil depuis de nombreuses années, il multiplie les délits dans l’espoir d’attirer l’attention de sa mère. Après une douzième récidive, la justice décide finalement de le confier à une association qui lui propose une marche de rupture : 2 000 km sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Alexandra Lamy campe Fred, une prof qui cherche à apaiser son passé.  Fred, une professeure renvoyée à la suite d’un incident, tente de reconstruire sa vie, tiraillée entre difficultés professionnelles et personnelles Pour tous deux, ce voyage dépasse la simple marche : il devient une quête de sens, une manière de se retrouver et de se comprendre.

Présente sur Lyon il y a trois semaines pour la promotion du film,  on aura particulièrement apprécié la spontanéité d’ Alexandra Lamy, bourrée d’énergie et de bonne humeur, comme à chaque fois du reste qu'elle vient chez nous présenter un film.

 

À la question :  Ce tournage vous a-t-il donné envie de partir vous-même sur le chemin de Compostelle ? , Alexandra Lamy a répondu avec un vrai enthousiasme :  "Pourquoi pas, oui. J’aime beaucoup les randonnées, j’en fais souvent. Partir trois mois comme dans le film serait une véritable aventure, propice aux rencontres. Des mois ont été nécessaires pour trouver les sites. C’était le but. Nous voulions que les décors soient signifiants par rapport au cheminement intérieur des personnages" .

 

C’est ce qui vous a séduit pour incarner cette histoire ?

« Le film coche beaucoup de cases. C’est un film qui fait du bien. Le spectateur est témoin de comment ce duo va se transformer. Je pense même qu’il va avoir l’impression de vivre un peu le chemin de Compostelle. »

La comédienne n'hésite pas sur l'investissement physique du rôle :  "Nous avons beaucoup marché pour tourner les scènes. C’était très physique. Nous avons dû refaire plusieurs fois les scènes. Bien sûr nous n’avons pas fait les trois mois de marche évoqués dans le film. Mais nous avons effectué une bonne partie du parcours. Nous sommes passés par des endroits que Yann a repérés et que personne ne connaît. Pour la scène des cascades par exemple, nous sommes descendus en rappel pour accéder au site" , s’amuse encore Alexandra Lamy.

"Nous avons subi les caprices de la météo qui pouvait être aussi bien polaire que caniculaire ", rappelle Alexandra Lamy qui, pourtant, pratique la randonnée. 

"Tous les ans je m'échappe une semaine et arpente les chemins. Je connais bien l’Aubrac, la Drôme, le chemin de Stevenson, un peu le Lot, mais pas toutes les régions qu'on traverse dans le film"

 

 

Lorsqu'on l'interroge plus longuement sur son personnage, Alexandra n'hésite pas à aller loin dans sa psychologie : "On peut imaginer qu’avant sa mise à pied, elle enseignait dans une classe assez difficile, cependant elle a commis une faute grave en giflant une de ses élèves, un geste qui la plonge dans une grande culpabilité. Il y a aussi sa situation amoureuse qui est compliquée, elle ne se résout pas au départ de son mari, elle est presque dans le déni et passe à côté de sa relation avec sa fille qui, peu à peu, se détache d’elle. J’ai eu la sensation qu’ils faisaient le chemin tous les deux. Fred, comme Adam, a besoin qu’on lui accorde une deuxième chance. Elle a le droit de se racheter et j’ai trouvé ça beau. J’aime les personnages qui ont une fêlure et qui évoluent au fil de l’histoire."

 

 

 

Et est-ce que la magie du chemin a opéré ?

«  Sur le chemin de Compostelle, on marche pendant trois mois , et on prend vraiment le temps. On traverse des régions qui sont sublimes entre la Haute-Loire, la Lozère, l’Aveyron, le Lot, L’Aubrac. On a vraiment eu la sensation de vivre ce chemin de Compostelle avec toute l’équipe. On était cinquante à bouger tous les jours. On se retrouvait le soir d’un gîte à l’autre. On a croisé des gens sur le chemin. Des gens qui vous racontent parfois pourquoi ils font ça. Ce peut être un deuil, une façon de se reconstruire. On rencontre des personnes qui auraient envie de tout lâcher, des personnes qui sont parties seules, des familles, des couples… »

 

Des anecdotes particulièrement marquantes du tournage ?

« Il y en a beaucoup : la scène vers la grange du patou où il n’y avait pas de réseau et où il fallait marcher 45 minutes pour l’atteindre, les cascades en rappel dans les gorges, le patou qui s’appelait Thalys mais qu’on appelait TER tellement il était apathique… On lui demandait de monter sur le rocher pour nous faire un peu peur. Mais il n’arrivait pas à monter ni à être méchant. Et puis les vaches Aubrac qui se sont échappées et qu’il a fallu attendre deux ou trois jours plus tard pour tourner la scène. »

Quel message du film aimeriez vous que les spectateurs tire de ce Compostelle?

"Se confronter à l’effort, aux forces de la nature, aux animaux, prendre le temps de se poser en étant coupé des réseaux sociaux, se recentrer, oui, je trouve que ce chemin de reconstruction est génial. J’adhère totalement à ce message. Je dis qu’il est fondamental d’aller tendre la main aux jeunes en difficulté. Ils sont durs parce que malheureux, et c’est parfois un appel au secours, mais ils ont tous, comme Adam, un vrai potentiel. Il faut absolument leur donner une chance de bâtir un vrai projet professionnel!"

  Le réalisateur Yann Samuell  aux côtés de ses deux acteurs principaux : Alexandra Lamy et Julien Le Berre  et du producteur DALIL MERAD

Le réalisateur Yann Samuell aux côtés de ses deux acteurs principaux : Alexandra Lamy et Julien Le Berre et du producteur DALIL MERAD

Merci a Apollo Films

a Auvergne Rhône Alpes cinéma 

et à l'équipe du Pathé Bellecour 

crédit photo Fabrice Schiff 

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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