CRITIQUE CINEMA : « La poupée » de Sophie Beaulieu : on dit oui, oui et oui !
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Rémi ne s’est jamais remis de sa dernière rupture. Depuis, il partage sa vie avec une poupée en silicone prénommée Audrey. C’est plus simple, plus docile, plus rassurant aussi. Mais l’arrivée de Patricia, une nouvelle collègue dans son entreprise, va faire vaciller cet équilibre absurde.
Car Audrey prend soudain vie, et s’impose dans l’existence de Rémi avec autant de force que cette nouvelle présence féminine ne laisse pas Rémi indifférent.
Ce n’est pas la première fois qu’une poupée prend vie au cinéma. On pense au film Monique de Valérie Guignabodet où Albert Dupontel s'amusait avec la poupée gonflable du même nom ou Air Doll du grand cinéaste japonais Kore Eda ( pas son meilleur film au demeurant), deux films assez sombres sur la solitude urbaine et l'impossibilité de nouer un contact avec un être de chair et de sang.
Sophie Beaulieu opte pour une autre tonalité, celle de la comédie romantique matinée de burlesque et de conte féministe avec même, une touche légère de fantastique lorsque la poupée en question prend vie.
"La Poupée" est une comédie teintée de fantastique dont le pitch de départ est surtout créer nombre de décalages comiques, dans la découverte du monde comme dans la découverte des relations aux hommes, pour ce personnage incarné par Zoé Marchal.
Sophie Beaulieu dénonce le diktat des artifices (maquillage, épilation…). Elle livre une forme de conte aux élans féministes, dans lequel Audrey est surtout là pour stimuler le personnage de Rémi le temps qu’il retrouve l’envie d’aimer une véritable personne.
Audrey, poupée troublante devenue femme, est vue ici à la fois comme un objet de fantasme, miroir ironique et figure d’émancipation.
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Pour son premier long, Sophie Beaulieu livre une fable à la fois intemporelle et parfaitement bien ancrée dans son époque qui est en fait une réflexion sur le mythe de Pygmalion, que la cinéaste détourne avec brio pour interroger le regard masculin, le désir, et la place laissée aux femmes dans les fantasmes des hommes.
Privilégiant la fantaisie et la légereté au message trop pontifiant, le film de Sophie Beaulieu parle en réalité de solitude, de peur de l’autre, de rapports de domination et de la difficulté, pour certains hommes, à accepter une femme comme sujet libre plutôt que comme projection de leurs désirs.
Le plaisir du film vient aussi du plaisir des acteurs avec un Vincent Macaigne parfait dans ce rôle de faux macho mais vrai candide, une Cécile de France géniale en bonne copine sportive et pas vraiment dupe et une Zoé Marchal, l'héroïne de la série Skam, qui trouve son premier grand rôle sur grand écran et qui est assez incroyable dans un rôle pas évident sur le papier.
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Sophie Beaulieu signe avec La Poupée une comédie romantique féministe, contemporaine et délicieusement décalée.
Une des bonnes surprises de cette période avant Cannes toujours un peu chiche en bonne proposition cinématographique.
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En salles le 22 avril 2026- Film Présenté au Pathé Bellecour le 15 avril 2026
Le film « La poupée » a été présenté en avant-première à Lyon hier, mercredi 15 avril en présence de sa réalisatrice Sophie Beaulieu et de l’actrice Zoé Marchal.
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