Rencontre cinéma : Zoé Marchal n'a (vraiment) rien d'une poupée!
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Dans « la Poupée », excellente comédie féministe de Sophie Beaulieu, Zoé Marchal incarne Audrey, une poupée en silicone aux allures de Barbie qui, tout d'un coup, prend vie.
Loin de l’action woman qu’elle était dans certains de ses films, Zoé Marchal (fille d’Olivier Marchal, réalisateur de 36 Quai des Orfèvres et de l'actrice et réalisatrice Catherine Marchal ) livre une prestation formidable en femme candide sans psychologie, qui va tenter de prendre son envol
Comme Audrey, son personnage dans le film, Zoé Marchal qu'on a rencontré avec sa cinéaste le 15 avril dernier sur Lyon, envoie valser les codes de la féminité avec une fraîcheur et un naturel jubilatoires.
Zoé, vous ne pouvez pas la rater. Il faut dire qu'on l'a récemment vu dans Mercato (2025), de Tristan Séguéla, mais aussi dans Overdose (2022), de son père, Olivier Marchal) Zoé affirme avoir toujours « été curieuse des autres et traîné avec beaucoup de gens différents. »
Depuis ses 8 ans, la jeune femme sait qu'elle veut être comédienne. « Quand ma mère jouait au théâtre, j'étais souvent dans les coulisses, je voyais le public applaudir, rire, et je me disais : Je veux faire comme maman mais en plus connue. »
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De sa jeune comédienne la réalisatrice Sophie Beaulieu ne tarit pas d'éloges : " Je l’ai découverte dans Nouveaux riches, un film de Julien Royal. Comme Audrey est une poupée vivante qui pose des questions de façon un peu frontale, je cherchais une belle fille avec du bagout. Lorsque Zoé a passé l’audition, j’ai su immédiate ment que c’était elle. Elle avait un petit côté Adèle Exarchopoulos. Elle avait tout : une plastique, un côté premier degré sans être ingénue, et un petit accent « street » impeccable. J’ai l’ai adorée. Par la suite, la précision de son jeu, comme celui de Cécile d’ailleurs, m’a impressionnée. "
Quant à Zoé, elle nous confie que « Quand j'ai passé le casting, je me suis dit : Une poupée qui devient vivante. C'est quoi, ce truc ?. Et puis, j'ai beaucoup rigolé en lisant le scénario. J'ai trouvé ça tellement intelligent d'avoir fait de la poupée quelqu'un de très premier degré. »
Zoé Marchal a travaillé une gestuelle d’automate avec la chorégraphe et première assistante du film, Nadège Catenacci. « J’ai fait beaucoup de méditation. Je devais me connecter à mes os, et non à mes muscles. On a testé des postures, comment la poupée ouvre un œil, comment elle se tient droite, etc. », explique-t-elle.
Cette poupée qui veut être parfaite et s'émancipe peu à peu, c'est « l'histoire de [sa] vie », assure la comédienne. Qui avoue avoir « galéré à chercher sa propre féminité A l’adolescence, je n’étais pas très à l’aise avec mon corps. A 11 ans, je faisais déjà 1,70 mètre et chaussais du 40. J’essayais de m’approprier la féminité de mes copines, que je trouvais trop belles. Je m’habillais comme elles, me maquillais comme elles… Puis je me suis créé un personnage de la bonne copine, celle qui fait rire.
Sa façon très directe de parler, émaillée de « carrément », « de ouf » ou « de base », Zoé Marchal assure l'avoir depuis l'adolescence. « Dès que je rencontrais des hommes, je les appelais frérot. J'étais souvent la bonne copine. » Une façon de repousser ceux qui portaient sur elle un regard sexualisé ? « Je ne sais pas. Mais on me dit souvent : C'est bizarre que tu parles comme ça, tu viens d'où ? »
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L'actrice campe son premier rôle principal en 2023. Dans le très décalé « Nouveaux Riches », de Julien Royal, pour Netflix. Elle y incarne Stéphanie, une bagarreuse sans filtre, qui pète et rit fort : « Pour moi, c'est un peu le rôle que toutes les meufs aimeraient avoir. J'ai dû prendre 8 kg, ne pas faire de teinture blonde, me laisser pousser les poils. J'ai réussi à dépasser la peur du regard et du jugement des autres. C'est pendant ce tournage que je me suis sentie légitime à faire ce métier. »
Elle a joué une braqueuse de banque dans la minisérie Les Lionnes, créée par Olivier Rosemberg et Carine Prévot, diffusée à partir de février sur Netflix Dans la série « les Lionnes » (Netflix), elle campe une jeune femme bipolaire qui braque des banques en attendant de devenir esthéticienne.
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Lorsqu'on lui demande si elle est fière d'avoir fait sa place sur le grand écran alors qu'elle était plutôt estampillée petit écran, elle nous avoue ne pas comprendre cette distinction très "old school." . " Ca veut dire quoi, petit écran, au juste, vous considérez que Netflix c'est du petit écran? et pourtant je connais des gens qui voient ces film sur des écrans immenses (sourire)..En tout cas, pour moi ce distinguo n'a pas trop lieu d'être.. ce sont les rôles qui comptent pas les supports, je vois pas trop de différence sur un tournage netflix ou cinéma, à part que pour un film comme la Poupée, on a moins de budget que pour un tournage Netflix et cela se ressent forcément, il faut faire preuve d'ingéniosité en tout cas..."
Ce qui est certain, c'est que soit la taille de l'écran (on est lourd à baz'art on avoue ) , c'est qu'on n'arrête pas de lui proposer des rôles, et souvent avec cascades et bastons en tous genres. Dans « Coka chicas », Zoé Marchal interprète une banlieusarde qui part faire la mule dans les Caraïbes. « C'est marrant : on me fait toujours jouer des femmes fortes qui viennent de milieu prolo... alors que je viens d'un milieu très privilégié et que je ne suis pas tant sportive que ça. » .
Pour ne pas s'enfermer dans un seul genre de personnages, la comédienne essaie désormais de varier les registres : « On m'a souvent dit qu'une carrière se faisait sur des refus. Donc je dis non à certains films d'action parce que j'ai envie qu'on me voie aussi jouer d'autres rôles, j’aimerais tourner un film social, comme ceux de Dominik Moll ou de Jeanne Herry. En parallèle, j’aimerais faire des films américains. Jouer dansHeat 2, de Michael Mann [dont le tournage pourrait avoir lieu cet été] , ce serait mon rêve ! "
Allez, chère Zoé, on prend les paris?
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Un grand merci à Ad Vitam, et à Pathé Lyon
crédit photo : Fabrice SCHIFF
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