Baz'art  : Des films, des livres...
23 avril 2026

Pour le meilleur- Compostelle : quand les bons sentiments ne font - hélas- pas de bons films

Parfois il arrive qu'on nous propose une rencontre avec des équipes de films pendant leur venue sur Lyon et en général on dit oui tout de suite car on adore ça.

Parfois aussi, une fois qu'on a vu le film,  on a d'un coup moins envie  de parler du film avec eux, mais on ne décline pas pour autant l'invitation; on se dit que l'équipe est suffisamment sympa pour qu'on fasse un petit échange sans arrière pensée pendant une petite heure et sans bien sur trop leur dire de ce qu'on a vraiment pensé du film en question.

C'est le cas du film Compostelle sorti le 1er avril dernier grâce auquel on avait pu rencontrer la très sympathique Alexandra Lamy 

Très feel good, Compostelle est l’histoire d’une transformation mutuelle. Elle met en exergue le travail remarquable effectué par des associations comme Seuil, qui aide depuis plus de 20 ans les jeunes à la dérive.

Malheureusement, on se rend compte rapidement que rien ne sonne juste dans ce film . Le jeune héros, ado en colère contre le monde entier, est dessiné à gros traits : rébellion stéréotypée, dialogues prévisibles; les passages les plus problématiques étant ses raps lénifiants en plein monastère devant des moines censés faire voeu de silence depuis des années et qui se mettent à rapper avec lui.

Son éducatrice, une ancienne enseignante virée pour faute, semble tout droit sortie d’un scénario de  téléfilm de France 3 Rhône Alpes  – un personnage trop lisse, sans réelle profondeur.

Et les deux comédiens se dépatouillent tant bien que mal ( plus mal que bien) avec ces personnages et ces dialogues si compliqués.

Dommage que la réalisation soit si maladroite, les réactions des deux personnages principaux sont parfois incohérentes et pas vraiment plausibles, cela nuit à l'ensemble qui reste fade émotionnellement. On dit que L’enfer est pavé de bonnes intentions,  alors ce chemin vers Compostelle pourrait bien ressembler au refuge de Lucifer, 

Si Compostelle est vraiment pas terrible, c'est un chef d'œuvre comparé à Pour le meilleur, le film sur Philippe Croizon ce nageur français amputé des bras et des jambes.

Le film retrace le destin de Philippe Croizon par le prisme de son exploit (la traversée de la Manche à la nage) et de son histoire d’amour avec Suzana, à la fois aimante et aidante.

Là encore, l'équipe du film était adorable lors de notre rencontre lyonnaise,  mais  le résultat final est un vrai sacerdoce,  pour continuer dans les métaphores religieuses.

Un film feignant, sans aucun recul sur son “héros”, et qui aligne les clichés sur le dépassement de soi.

L’écriture manque clairement de relief :les dialogues sonnent parfois creux, et certaines situations donnent une impression de déjà-vu, comme si le film recyclait des recettes sans parvenir à les renouveler.

 

On aurait dû ressortir bouleversé d’un biopic affichant sur le papier une telle volonté de soulever les montagnes et de briser les tabous (l’amour, y compris charnel) mais le récit se révèle beaucoup trop lisse, prévisible, inutilement tire larmes, purement démonstratif et illustratif. 

Après une reconstitution vraiment génante de l’accident, la première partie du long métrage de Marie-Castille Mention-Schaar reste une bluette pénible et schématique, à peine mise en scène.

Marie-Castille Mention-Schaar, ancienne productrice devenue réalisatrice est capable de réaliser quelques bons films (Les héritiers, le ciel attendra) mais aussi quelques beaux ratages (A good man, Bowling..)

Malgré son titre, ce pour le meilleur fait assurément partie de la seconde catégorie. Vous voilà prévenus. 

 

 

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