Le Misanthrope : Simon Delétang modernise Molière, au Théâtre des Célestins
Alceste recherche la vérité dans les relations humaines. Vœux pieux dans ce petits monde où les marquis et les marquises se complaisent dans des intrigues amoureuses, entre jalousie, hypocrisie ou compromission pour accéder à toujours un peu plus de pouvoir.
Alceste en énonçant à chacun la vérité sans fard, s'isole. Rechercher l'authenticité est aussi un piège, car l'être humain est un animal social, le mensonge et l'hypocrisie sont aussi une possibilité de vivre avec les autres.
Entre sentiment amoureux ou amical, Alceste se débat, il n'est pas vraiment un misanthrope, c'est un homme blessé par l'hypocrisie et la superficialité, un homme parfaitement inadapté au monde qui l'entoure.
Mise en scène, décor, scénographie froide et calculée pour un spectacle de faux semblant. Alceste devient une victime de sa rectitude et de la toujours dangereuse recherche de la pureté dans les rapports aux autres. Alceste incapable d'accepter les choix de Célimène, l'amour de sa vie, une femme libre avant la lettre qui refuse le patriarcat officiel de son époque. Alceste, alors, finira seul.
Deletang modernise Molière, avec un clin d'œil au " Fantôme de la liberté " de Luis Bunuel. Son " Misanthrope " est frontal, nerveux et rapide, et les alexandrins sont si doux à nos oreilles.
Le Misanthrope Du 6 au 16 mai aux Célestins
Molière, Simon Delétang
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