Retour à Trieste; Federica Manzon: un beau roman tri(e)ste sur le déracinement
“La géographie l’emporte toujours sur l’histoire La géographie nous enchaîne à un caractère, elle détermine notre personnalité et l’idée que les gens se font de nous.
/image%2F1371318%2F20260515%2Fob_389d82_capture-d-ecran-15-5-2026-142757-ww.jpeg)
Alma, jeune journaliste à Rome, contrainte de retourner à Trieste pour régler la question de l’héritage de son père, décédé récemment. Son séjour dans cette ville chargée de souvenirs, aussi bien historique que sentimentaux, sont un véritable retour dans le passé de l’Italie où l’influence de l’empire austro-hongrois se faisait encore sentir par ses cafés, ses manières empruntées bourgeoises, cette élitisme en complète opposition avec la Yougoslavie communiste juste de l’autre côté de la frontière. Retrouvant sa ville natale trente ans après l’avoir quittée, Alma voit ressurgir les fantômes de son passé et Trieste, cette ville déchirée entre tant d’influences, de cultures et de langues, et qui sera au cœur de la guerre lui paraît si étrangère.
[Retour à Trieste]: on en pense quoi?
- Un roman tout en nuances qui ne cherche pas la facilité ou le manichéisme et qui donne une folle envie de se documenter sur la Yougoslavie et ce conflit qui, même des dizaines d’années plus tard, hante encore les Balkans.
- Un roman exigeant, car il raconte la dislocation de la Yougoslavie, sans toujours nommer les faits. Les évènements historiques sont racontés à travers la vision d’Alma, petite fille, puis adolescente et jeune femme.
- Entrelaçant le passé au présent dans une trame complexe mais limpide, Federica Manzon mène finement sa réflexion sur les pièges de la mémoire, contre la menace des simplismes identitaires. Et raconte la reconstitution d'une enfance singulière au récit des secousses de l'Histoire au coeur d'une géographie où les identités, les langues et les cultures se mêlent avec plus ou moins de bonheur et de fluidité.
----------------------------------------------------
"Retour à Trieste", roman de Federica Manzon.
Albin Michel, 352 pages, 22,90€.l
Traduction : Laura Brignon
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260509%2Fob_9502ed_mmexport1777037463936.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260515%2Fob_bee9fc_capture-d-ecran-15-5-2026-11744-www.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260501%2Fob_a9e582_681624409-18054680474723835-6998064161.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260501%2Fob_fcb71d_logo-besancon.png)