"Une unique lueur" : il vaut quoi le dernier Fred Vargas?
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Chronique :
Trois jeunes femmes assassinées et froidement déposée sur des trottoir de quartiers chics parisiens. Mise en scène sophistiquée pour crimes sordides. Adamsberg et son équipe sont sur le pied de guerre. Une enquête qui emmènera, notre cher Jean-Baptiste de l'autre coté de l'Atlantique, dans la Cité des Anges, normal pour ce commissaire que d'aucuns surnomment , " le pelleteux de nuages ".
" Si vous avez besoin de moi, vous n'avez qu'à siffler. Vous savez siffler, Steve ? Vous rapprochez vos lèvres comme ça et vous soufflez. "
Ne divulgâchons rien, mais c'est à Los Angeles, et dans l'histoire d'un couple mythique que se trouvera en effet la solution de l'énigme.
Ce qu'il y a de bien avec les polars de Fred Vargas, c'est que le lecteur sera toujours bien accueilli dans un certain commissariat de la Rive Gauche de Paris. Il faut dire qu'un très bel esprit d'équipe habite ce lieu. Une équipe dirigée toute en douce humanité par le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, rêveur compulsif et instinctif. Profitons de cette chronique pour faire un petit récapitulatif de la bande à Jean-Baptiste :
Danglard, le bras droit fidèle et hypermnésique, porté sur la dive bouteille, mais à la culture digne de notre bonne vieille encyclopédie Universalis.
Retancourt, Violette de son prénom, géante, protectrice et loyale.
Froissy, bilingue, grignoteuse de viennoiseries, et dans cette épisode amoureuse ( cela aura son importance ).
Mercadet, hypersomniaque, mais une fois réveillé devient un collègue consciencieux et très efficace en informatique.
Veyranque, versificateur à ses heures et efficient enquêteur.
Voisenet, ichtyologue et ornithologue féru, on ne sait jamais, dans certains cas cela peut servir.
Estalère, lieutenant à la vue perçante donc très fin observateur, prépare et sert le café comme personne, indispensable donc.
Et bien sur Noël le flic con et grossier, con mais efficace, il faut toujours un flic con dans un commissariat, un, mais pas plus.
Fred Vargas a vraiment inventé un genre littéraire, le polar lyrique et sympathique qui se déguste comme un nanan littéraire ou une friandise intellectuelle, car une chose est sûr, même si parfois elle tire un peu à la ligne, Vargas écrit poétiquement et fichtrement bien.
"Une unique lueur" de Fred Vargas est publié chez Flammarion.
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"Une unique lueur"
"Une unique lueur" de Fred Vargas est publié chez Flammarion.
Extraits :
" Adamsberg marcha de long en large dans la longue pièce commune que Retancourt traversait d'un pas martial, portant le gros chat blanc de la Brigade plié en deux sur son bras pour le monter à l'étage jusqu'à sa gamelle, installée dans la petite pièce du distributeur de boisson. Chat qui refusait obstinément de grimper les marches. Petite pièce où, présentement, Mercadet amorçait sa longue pause sommeil. Marcus suivait des yeux Retancourt et le chat aux pattes pendantes, et Adamsberg se demanda quels sentiments ressentait le collègue du 36 après cette première prise de contact avec l'équipe de la brigade.
– Ta lieutenant, Ad, elle va où avec ce chat ?
– Á l'étage, c'est l'heure de la bouffe.
– Il ne peut plus monter ?
– Si cela lui prend. Mais ça lui prend pas. "
" Il appuya son front contre la vitre de la fenêtre. Les allers-retours des oiseaux, qui connaissaient à la perfection les objectifs de leur mouvements rapides, lui renvoyaient en contraste le sentiment de ne savoir vers où diriger ses pas, d'être embourbé dans une voie sans issue, figé dans son avancée tandis que le tueur accélérait avec une assurance insolente. Cette ordure insane et talentueuse les devançait de mille lieues et Adamsberg sentit peser sur sa nuque l'ombre menaçante de la défaite. Il se redressa, frotta ses joues et sortit rapidement de la salle du concile déserte. En cet état de blocage, il savait d'expérience qu'il ne servait à rien de frapper les pierres de ses poings en espérant ouvrir une brèche vers un sentier de délestage. La seule issue qu'il connaissait était de se déporter, au loin, ailleurs.
Si bien qu'une demi-heure plus tard, il se retrouvait dans son jardin en train de prendre les dimensions du vieux banc pourri qu'il s'était promis de réparer avant que le vieux Lucio ne se rompe les os en y prenant place. "
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