In Waves : critique du film d'animation de Phuong Mai Nguyen
/image%2F1371318%2F20260617%2Fob_d9226f_in-waves-120def.jpg)
AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Une première danse maladroite, le lent rapprochement entre deux êtres pour aboutir à une relation forte, les petits riens qui comptent plus que tout...
Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.
Présenté la semaine prochaine sur Lyon au Comoedia, dans la foulée de sa présentation en compétition au Festival d'Annecy, In Waves confirme superbement que l’animation française continue d’être l’un des espaces les plus inventifs et audacieux pour raconter l’intime.
/image%2F1371318%2F20260618%2Fob_4ef6ca_in-waves-photo-03-silex-films-20.jpg)
Adapté du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, le premier long métrage de Phuong Mai Nguyen, qu'on avait repéré sur l'adaptation sérielle de Culottées, n'est pas une histoire sur la technique de surf mais cette passion pour les vagues et l'océan permet de connecter le spectateur à quelque chose de plus sacré. Glisser sur l'eau, c'est s'unir à un monde plus grand, retrouver une forme d'humilité, accepter sa place dans l'univers.
Le film commence en 2D, avec une animation line-art aux tons sépia, alors qu’une femme sans haut marche dans l’océan sur ce qui ressemble à un rivage hawaïen.
In Waves est adapté d’un roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, de sorte que personne ne peut accuser l’histoire d’avoir inventé la maladie, et cette sincérité fait que le film ne sombre jamais dans le mélodrame lacrymal.
Phuong Mai Nguyen choisit au contraire la pudeur, la douceur et le mouvement perpétuel de l’océan pour raconter le deuil, l’amour et la mémoire.
On est sans cesse balloté par les émotions, troublé, bouleversé par une animation dépouillée et au plus près des sentiments et des situations.
Toutes les séquences parviennent à saisir l’instant, figeant le mouvement et le roulis des flots, Kristen souriant sur sa planche, pour toujours.
/image%2F1371318%2F20260617%2Fob_d888d0_in-waves-photo-02-silex-films-20.jpg)
La musique aérienne d’Oklou et Rob accompagne ce mouvement mélancolique sans jamais l’écraser. Elle préfigure un sérieux sur le point d'amener ailleurs la romance légère du début du film
Comme AJ Dungo le faisait avant elle, Phuong MAI NGUYEN privilégie la contemplation au dynamisme. Elle ne capture pas le mouvement, ce qui peut sembler paradoxal lorsqu'il parle de surf. Sans doute est-ce parce qu elle l'aborde pas par le prisme de la performance ou de la quête d'adrénaline.
/image%2F1371318%2F20260617%2Fob_299191_in-waves-photo-01-silex-films-20.jpg)
Naviguant très habilement entre son coeur de récit hyper romantique et cruellement dramatique, des échappées (en noir et blanc) dans le très lointain passé des origines du surf à Hawaï, et des séquences en flash-forward d’AJ en solitaire (dans un camping-car au bord d’une plage, où il met en dessin son histoire avec Kristen), In Waves tisse une empathie maximale pour des personnages plus qu’attachants et une situation intrinsèquement très émouvante.
Le plus beau, c’est la manière dont Phuong Mai Nguyen filme la disparition sans jamais effacer la vie. Le film parle de la mort, évidemment, mais il est surtout hanté par une urgence de vivre, de créer, d’aimer et de transmettre. La relation se concentre sur les instants, les regards...sur la rencontre, des malentendus, des moments partagés, du cancer qui mutile l'être chéri.
In Waves réussit à transformer un récit autobiographique profondément douloureux en expérience lumineuse et pleine de sérénité.
/image%2F1371318%2F20260617%2Fob_368f71_in-waves-photo-05-silex-films-20.jpg)
IN WAVES
de Phuong MAI NGUYEN
avec les voix de Lyna Khoudri, Rio Vega, Paul Kircher…
d’après le roman graphique de AJ DUNGO, CASTERMAN
SORTIE EN SALLES LE 1 JUILLET
DIAPHANA (1h31)
AVANT-PREMIÈRE - MERCREDI 24 JUIN À 20H30 LYON COMOEDIA
En présence de la réalisatrice Phuong Mai Nguen et de l'auteur du roman graphique éponyme AJ Dungo. (In Waves d’AJ Dungo - 2019 - Casterman - Prix BD Fnac-France Inter 2019)
En partenariat avec Diaphana Distribution et Lyon BD Festival, dans le cadre du Mois de la BD.
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260624%2Fob_3687e4_2026-ffi-affiche-a4-portrait-210x297-b.jpg)
/image%2F1371318%2F20260501%2Fob_a9e582_681624409-18054680474723835-6998064161.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260501%2Fob_fcb71d_logo-besancon.png)