L'hypnotique spectacle de Sharon Eyral aux Nuits de Fourvière
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Est ce la chaleur caniculaire qui avait chauffé les pierres/sièges de l'amphithéâtre (nous avions droit d'ailleurs à deux coussins au lieu d'un) et qui n'avait pas tant baissé que ça à 21h30 lorsque la première pièce de Sharon Eyral, chorégraphe israélienne, a commencé ?
Est-ce la musique électronique d'Ori Lichtik (compositeur, musicien, batteur et DJ) ? Est ce la vision des corps des danseurs du ballet de l'Opéra de Lyon qui ondulent, trésaillent avec lenteur et répétition au diapason ?
En découvrant House, une création emblématique de la chorégraphe, j'ai eu peu à peu l'impression d'être dans un autre monde où j'aurais pris des substances illicites.
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La pièce s'ouvre par l'arrivée sur scène d'un seul danseur habillé en noir (dont le corps s'approprie l'espace telle une liane) suivi par 21 autres danseurs vêtus d'un justaucorps comme une seconde peau.
La couleur chair de leur costume donne parfois l'illusion que les corps sont nus et laissent voir (en tout cas depuis là où j'étais assise), les contractions des muscles, les respirations, les souffles.
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Alors que leur groupe se meut de manière hypnotique sur scène et sur demi-pointes une grande partie du temps, je découvre le répertoire des gestes propres à la chorégraphe : des mains portées au visage comme pour dire l'effroi, des déhanchements lents et démesurés donnant l'impression d'un corps désarticulé, des mouvements parfois quasi robotiques.
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Au fil des solos au milieu d'un groupe qui évolue de manière toujours très rapproché, une ambiance étrange nous étreint, appuyé par les jeux de lumière.
Quand tous les danseurs reviennent habillés en noir et forment des lignes et des x et que la musique a des accents plus pop, c'est comme une respiration.
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Les danseurs ne sont plus que 8 pour la seconde pièce, Delay the Sadness, après l'entracte et évoluent en couple.
La musique est plus rapide (Dance with Me, Maximilian de ) et associée à une chorégraphie plus ample portée par la virtuosité des danseurs.
Là encore on retrouve la patte de la chorégraphe, les emprunts à la danse classique (des fouettés, des demi-pointes).
Les corps sont tantôt apaisés, tantôt en transe, presque en convulsion et on se demande si c'est de plaisir ou de douleur.
Comme pour la première pièce, j'ai ressenti le même envoûtement en entrant dans l'univers de Sharon Eyral.
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