[CRITIQUE] La Chaleur :le thriller trouble et caniculaire de STÉPHANE DEMOUSTIER
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Une adaptation ambitieuse sur le papier
VICTOR JESTIN a publié en 2019 La Chaleur, un premier roman qui nous avait épatés, autour d'un acte assez monstrueux commis par un adolescent.
Tout le livre de ce jeune auteur venu de nulle part devait sa tension à la culpabilité du héros et à une justesse de ton, d'analyse, d'une finesse étonnante.
Stéphane Demoustier, quelques mois à peine après nous avoir offert l'excellent "L'Inconnu de la Grande Arche" et de retour aux sources du polar criminel après Borgo et La fille au Bracelet, tente le pari de l'adaptation de ce roman Victor Jestin,
Un pari casse-gueule sur le papier, car l'angle était totalement introspectif, on restait collés aux pensées de ce jeune homme soumis à un cas de conscience assez inextricable.
Dans La Chaleur, le film comme le livre, un jeune homme, ici appelé Marouane (Hadrien Hussein), 17 ans, fait l'expérience de l'amour et de la mort lors d'une fin d'été. Marouane se traîne, littéralement, sous une chaleur poisseuse et malaisante entre adolescence et indifférence au monde.
Rapidement un drame va se nouer et de spectateur, Marouane va devenir acteur dans la mort d'un jeune homme du camping …
Contre toute attente, Marouane tombe en même temps sous le charme de Giulia (Martina La Manna), une jeune fille italienne installée dans une maison voisine qui pour rencontrer d’autres jeunes, s’aventure au camping pour tromper sa solitude…
Travaillé par une tension sourde digne d’un polar, cette adaptation profondément intelligente, toutefois pas au niveau de L’Inconnu de la Grande Arche, réussit à nous séduire
Le film évoque, avec une juste profondeur et dans un décor de carte postale estival, une adolescence tout en détresse silencieuse et en questionnement moral pas loin de celui d'un Dostoïevski version Crime et Châtiment, auquel on pense beaucoup.
Cartographiant parfaitement l’espace de son intrigue en trois lieux clés, un camping, la plage- caniculaire des Landes- et la mer, le cinéaste cisèle un huis clos qui se déploie au grand air.
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On pourra certes un peu bloquer sur certaines invraisemblances du scénario (un cadavre si facile à déterrer que personne ne déterre, des flics pas des plus investis pour rechercher le coupable) et sur le fait qu'il ne sera pas des plus aisés de s'attacher pleinement à cet anti héros assez apathique et antipathique.
Il n'en demeure pas moins que Stéphane Demoustier nous livre avec La chaleur- titre qui risque d'être bien approprié le jour de sa sortie vu les températures annoncées- un thriller moraliste mais pas moralisateur de fort bonne tenue, trouble juste ce qu'il faut, et porté par de jeunes acteurs inconnu au jeu particulièrement convaincant.
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