{FESTIVAL OFF D'AVIGNON 2026} – À voir absolument : Rosy & moi – 274 jours, ou comment continuer à rêver lorsque la vie bascule
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{FESTIVAL OFF D'AVIGNON 2026} – À voir absolument : Rosy & moi – 274 jours, ou comment continuer à rêver lorsque la vie bascule
Que reste-t-il de nos rêves lorsque la vie décide soudainement d'écrire une autre histoire que celle que nous avions imaginée ?
À vingt et un ans, on croit généralement que tout commence.
Les premiers entretiens d'embauche.
Les premiers grands projets.
Les premiers choix de vie.
Et puis, parfois, il suffit d'un rendez-vous médical pour que l'avenir se fissure.
Inspiré de l'histoire vraie de Marine Barnérias, Rosy & moi – 274 jours est bien plus qu'un spectacle sur la maladie.
C'est une ode bouleversante à la vie.
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Ce que raconte le spectacle
Valentine vient d'avoir vingt et un ans.
Elle passe son premier entretien d'embauche et regarde l'avenir avec l'insouciance de ceux qui pensent avoir le temps.
Puis son champ de vision commence à se rétrécir.
La fatigue, croit-elle.
Le diagnostic tombe pourtant avec une brutalité que rien ne pouvait annoncer.
Une sclérose en plaques.
Les médecins lui proposent différents traitements pour ralentir l'évolution de la maladie.
Elle choisit un tout autre chemin.
Plutôt que de laisser la maladie définir son existence, elle décide de partir seule pendant 274 jours.
Direction la Nouvelle-Zélande, la Birmanie puis la Mongolie.
Trois pays.
Trois rencontres.
Trois étapes qui vont progressivement transformer son regard sur elle-même.
Matthew, qui lui montrera que l'on peut être aimé sans être réduit à sa maladie.
Une retraite silencieuse de méditation où elle apprendra à apprivoiser Rosy, ce surnom qu'elle donne à sa sclérose en plaques et avec laquelle elle comprend qu'elle devra désormais cohabiter.
Puis la Mongolie, où l'immensité des paysages devient peu à peu celle d'une reconstruction intérieure.
Le voyage géographique devient alors un voyage intime.
Celui d'une jeune femme qui refuse de laisser la maladie décider seule de son destin.
Ce qui nous a plu
Ce qui restera longtemps après la représentation, ce n'est pas seulement cette histoire extraordinaire.
C'est Élodie Menant.
Rarement une interprète m'aura donné à ce point le sentiment de ne plus jouer un personnage.
Pendant toute la représentation, on oublie progressivement que cette histoire n'est pas la sienne.
Elle devient Valentine.
Elle devient aussi ses parents, son grand-père, les médecins, les rencontres qui jalonnent son voyage.
Sans jamais forcer un accent, une voix ou un geste.
Chaque personnage existe avec une évidence désarmante.
Mais ce qui impressionne le plus, c'est cette manière qu'elle a de faire circuler les émotions.
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Elle ne les interprète pas.
Elle les traverse.
Le choc du diagnostic.
La colère.
Le déni.
La peur.
L'amour.
Le deuil.
L'espoir.
Tout semble naître au présent.
Le spectateur ne regarde plus une actrice raconter une histoire.
Il la vit avec elle.
Certaines émotions deviennent même chorégraphie.
L'annonce de la sclérose en plaques se transforme en un mouvement du corps d'une puissance saisissante, comme si les mots ne suffisaient plus à traduire la violence d'un tel instant.
Et pourtant, jamais le spectacle ne cherche à arracher les larmes.
Jamais il ne tombe dans le pathos.
Il choisit au contraire la lumière.
Celle qui rappelle que l'espoir n'efface pas la réalité, mais qu'il permet parfois de continuer à avancer malgré elle.
La mise en scène épouse cette simplicité avec une grande intelligence.
Quelques accessoires.
Une création sonore d'une remarquable précision.
Et l'imagination du spectateur fait le reste.
En un instant, nous sommes en Nouvelle-Zélande.
Puis en Birmanie.
Puis au milieu des plaines mongoles.
Comme les plus beaux spectacles, Rosy & moi – 274 jours prouve qu'il suffit parfois d'une grande interprète pour faire naître un monde entier.
En sortant, une idée continue longtemps d'accompagner le spectateur.
Nous passons une grande partie de notre vie à croire que le bonheur dépend de ce qui nous arrive.
Cette pièce rappelle avec une infinie délicatesse qu'il dépend peut-être davantage de la manière dont nous décidons d'accueillir ce qui nous arrive.
Rosy & moi – 274 jours est une œuvre profondément lumineuse.
Un immense message d'espoir.
Un voyage qui nous emmène aussi loin dans le monde que dans nos propres émotions.
Et sans aucun doute l'un des plus beaux spectacles de ce Festival Off.
À voir absolument.
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Maxime Dorian
Correspondant culturel – Baz'Art
Rosy & moi – 274 jours
De : Elodie Menant
Mise en scène : Eric Bu
Avec : Elodie Menant
Du 4 au 25 juillet - 15h05
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