{FESTIVAL OFF D'AVIGNON 2026} – On a vu Laissez mon cheval libre, il sait où aller ! : faut-il partir loin pour se trouver ?
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Certaines quêtes commencent par un départ.
D'autres s'achèvent en nous ramenant exactement là d'où nous étions partis.
Laissez mon cheval libre, il sait où aller ! s'inscrit dans cette grande tradition des récits initiatiques qui interrogent notre besoin de chercher ailleurs ce qui se trouve parfois déjà en nous.
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Ce que raconte le spectacle
Zoran vit dans un petit village.
Depuis son enfance, un vide l'accompagne. Son père est parti un jour, laissant derrière lui sa femme, son fils… et quelques livres. Il n'est jamais revenu.
Si Zoran est entouré, quelque chose lui manque pourtant.
Il dialogue avec le ciel, les insectes, semble regarder le monde avec un léger décalage. Comme s'il pressentait qu'une autre vie l'attend quelque part.
À la mort de sa mère, il décide de partir.
Avec son cheval pour seul compagnon, il entreprend un voyage à la recherche de cet endroit où, pense-t-il, il se sentira enfin à sa place.
Au fil de son chemin, les rencontres se succèdent.
Elles ont une particularité : elles passent toujours par la musique. Les chansons deviennent un langage universel, capable de relier des êtres qui ne partagent ni la même langue, ni la même culture. Les mélodies slaves et yiddish tissent ainsi un dialogue où les mots deviennent presque secondaires.
Peu à peu, chaque rencontre aide Zoran à mieux se comprendre, jusqu'à cette nuit où un rêve lui révèle que le lieu où il a été le plus heureux était peut-être celui qu'il avait quitté.
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Ce qui nous a plu
L'idée qui traverse le spectacle est belle.
Faire de la musique une langue commune, capable de franchir les frontières, les religions et les cultures, est sans doute sa proposition la plus singulière. Les chansons deviennent ici des passerelles entre les êtres, une manière de se reconnaître avant même de se comprendre.
Malheureusement, je suis resté davantage sensible à cette intention qu'à son développement.
Le parcours de Zoran reprend une structure très classique du récit initiatique : partir pour découvrir que ce que l'on cherchait se trouvait déjà chez soi. Une histoire universelle, certes, mais dont les étapes m'ont semblé assez prévisibles. Très vite, j'ai eu le sentiment d'en deviner l'issue, ce qui a limité l'effet de surprise et, avec lui, mon implication émotionnelle.
Les moments musicaux apportent une réelle douceur au spectacle. Les influences slaves et yiddish participent à son identité et créent une atmosphère chaleureuse. Pour autant, ils ne m'ont pas suffisamment surpris pour faire basculer la pièce dans une dimension plus marquante.
C'est peut-être là que réside mon principal regret.
J'aurais aimé que le voyage me fasse davantage voyager.
Que les rencontres déplacent réellement mon regard, comme elles transforment celui de Zoran.
Autour de moi, plusieurs spectateurs semblaient pourtant profondément touchés. Et je comprends que cette simplicité puisse trouver un écho particulier chez celles et ceux qui aiment les récits contemplatifs où l'essentiel réside moins dans les rebondissements que dans le chemin parcouru.
Le théâtre possède cette richesse : une même œuvre ne touche jamais deux personnes de la même manière.
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Pour ma part, je suis resté à la porte de cette émotion.
Mais je retiens une idée que le spectacle défend avec beaucoup de délicatesse : il existe une langue qui précède parfois les mots.
Celle de la musique.
Une proposition sincère, portée par une belle idée de dialogue entre les cultures, qui séduira probablement les spectateurs sensibles aux voyages intérieurs et aux récits initiatiques.
Maxime Dorian
Correspondant culturel
Laissez mon cheval libre, il sait où aller !
De : Ana Piévic
Mise en scène : Bruno Banon
Avec : Pablo Penamaria, Ana Piévic, Raphaël Setty, Bruce Tessore
GRAND PAVOIS (THÉÂTRE LE)
Du 4 au 25 juillet - 13h20
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