{FESTIVAL OFF D'AVIGNON 2026} – On a vu Le Flan pâtissier : et si le bonheur se cachait… dans une part de flan ?
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{FESTIVAL OFF D'AVIGNON 2026} – On a vu Le Flan pâtissier : et si le bonheur se cachait… dans une part de flan ?
Certaines pièces commencent par un meurtre.
D'autres par une histoire d'amour.
Le Flan pâtissier, lui, commence… par une part de dessert déposée anonymement devant une porte.
Et cela fonctionne.
Ce que raconte le spectacle
Deux colocataires mènent une existence presque ordinaire.
Un rendez-vous amoureux se prépare.
La sonnette retentit.
Sur le palier, une boîte.
À l'intérieur, une simple part de flan.
Ni nom.
Ni adresse.
Seulement un gâteau.
À partir de là, toute logique décide de prendre quelques jours de vacances.
Le voisin du dessus surgit régulièrement pour présenter son invention révolutionnaire : une machine à encouragements. Une étrange mythologie évoque six dieux des œufs protégés par un coq… à dents. Les situations absurdes s'enchaînent, les rencontres improbables se multiplient, tandis qu'une histoire d'amour naît autour de ce mystérieux flan.
Le spectateur passe une bonne partie de la représentation à se demander où tout cela peut bien le conduire.
Et c'est précisément le jeu.
Accepter de perdre tous ses repères pour se laisser entraîner dans une succession de situations toujours plus extravagantes, où l'absurde devient la seule règle.
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Ce qui nous a plu
Ce qui frappe d'abord, c'est l'incroyable liberté de ton.
On pense parfois à l'humour belge, tant le spectacle assume son goût pour l'absurde. On retrouve également quelque chose de l'esprit du Splendid : une troupe soudée, des personnages hauts en couleur et un plaisir évident à repousser toujours plus loin les limites du loufoque.
Chaque scène semble vouloir aller encore un peu plus loin que la précédente.
Et pourtant, derrière cette folie permanente, le spectacle n'est jamais gratuit.
Sous les situations les plus improbables se glissent des réflexions inattendues sur le découragement, la transmission, la quête du bonheur ou encore cette tendance que nous avons à chercher très loin ce qui se trouve parfois juste devant nous.
On ne vient pas voir Le Flan pâtissier pour sa vraisemblance.
On y vient pour accepter que, pendant un peu plus d'une heure, tout puisse arriver.
Si je suis resté davantage admiratif qu'ému, c'est parce que le spectacle revendique pleinement son goût de la fantaisie plus que celui de l'émotion. Et il l'assume avec une remarquable cohérence.
Mais ce qui me restera véritablement de cette représentation, c'est Pierre Laburthe.
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Rarement un acteur m'aura autant impressionné par son expressivité. Chaque regard, chaque mimique, chaque mouvement du corps semble raconter quelque chose. Son énergie est communicative et entraîne toute la troupe dans cette douce folie avec une générosité remarquable.
Ce qui m'a surtout séduit, c'est sa capacité à faire surgir de l'humanité au cœur même de l'absurde. Derrière cette agitation permanente apparaît une immense tendresse. Il parvient à rendre profondément humain un univers qui pourrait n'être qu'une succession de situations délirantes.
En le regardant évoluer sur scène, je me suis surpris à retrouver quelque chose de la poésie qui habitait les personnages de Jacques Villeret. Cette manière si singulière de faire cohabiter le burlesque, la maladresse et une profonde humanité. Sans jamais chercher à lui ressembler, Pierre Laburthe possède cette même faculté de nous faire rire tout en suscitant une véritable affection pour son personnage.
C'est cette présence qui donne au spectacle une grande partie de son souffle.
Et c'est aussi ce qui restera longtemps dans ma mémoire.
Comme si, derrière la folie du texte, il nous rappelait qu'il y a toujours un être humain.
Enfin, lorsque l'on croit avoir tout vu, Le Flan pâtissier pousse l'expérience jusqu'au bout en offrant… une véritable part de flan à la sortie.
Comme si le spectacle refusait de s'arrêter avec les applaudissements.
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Attention tout de même.
Après cette représentation, vous ne regarderez peut-être plus jamais un flan pâtissier de la même manière.
Une comédie délicieusement absurde, portée par une troupe généreuse et un Pierre Laburthe irrésistible, qui prouve qu'il est parfois salutaire de laisser la logique au vestiaire… le temps d'une soirée.
Maxime Dorian
Correspondant culturel
Le flan pâtissier
De : Etienne Bennequin
Mise en scène : Etienne Bennequin
Avec : Lucie Albinet, Etienne Bennequin, Cédric Bleunven, Julie Gamer, Pierre Laburthe, Alexandre-Giacomo Marcel
TREMPLIN
Du 4 au 25 juillet - 15h30
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