{FESTIVAL OFF D'AVIGNON 2026} – On a vu- et on été un peu déçu par " Son odeur après la pluie '
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Il existe des histoires d'amour qui ne concernent pas deux êtres humains.
Des histoires où l'attachement, la fidélité et le manque prennent parfois une intensité que seuls ceux qui les ont vécues peuvent réellement comprendre.
C'est cette relation si particulière que raconte Son odeur après la pluie, adapté du magnifique récit de Cédric Sapin-Defour, immense succès de librairie puis du Festival Off d'Avignon 2025.
Sur scène, Marie-Hélène Goudet prête sa voix à une femme qui, depuis l'enfance, entretient avec les chiens une relation presque instinctive. Leur présence l'apaise. Leur fidélité la rassure. Elle semble parfois comprendre leur langage mieux que celui des hommes.
Puis vient cette annonce.
Quelques lignes.
Une première rencontre.
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Et cette certitude immédiate :
« Ce sera lui. »
Commence alors une histoire d'amour absolu.
Une relation faite de promenades, de complicité, de gestes quotidiens et de cette évidence que connaissent tant de propriétaires d'animaux : adopter, c'est accepter qu'un jour il faudra dire au revoir.
La pièce raconte avec sincérité cette responsabilité, cet attachement et cette place immense qu'un animal peut occuper dans une vie.
Pourtant, malgré la force indéniable du texte original, je suis resté à distance de l'émotion.
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Le choix d'une parole presque ininterrompue, très dense, laisse peu d'espace au silence, à la respiration ou à ces instants suspendus où le spectateur peut laisser monter ses propres souvenirs.
J'ai parfois eu le sentiment d'entendre davantage un cri intérieur qu'une confidence.
Comme si l'urgence du récit prenait le pas sur la douceur de la mémoire.
Peut-être est-ce un parti pris assumé.
Peut-être aussi que cette histoire touche différemment selon le lien que chacun entretient avec les animaux.
Autour de moi, plusieurs spectateurs semblaient profondément émus. Et je comprends aisément pourquoi.
Celles et ceux qui ont partagé leur quotidien avec un chien retrouveront sans doute dans ce spectacle une part de leur propre histoire, de leurs joies comme de leurs blessures.
Pour ma part, je suis resté davantage témoin de ce récit que véritablement embarqué dans cette relation.
Cela n'enlève rien à la sincérité de la démarche, ni à la générosité de l'interprétation de Marie-Hélène Goudet, qui porte seule ce texte avec un engagement évident.
Car le théâtre possède cette singularité : une même histoire peut bouleverser certains spectateurs et laisser d'autres sur le seuil de l'émotion.
Et c'est sans doute ce qui fait aussi sa richesse.
Son odeur après la pluie rappelle finalement qu'il n'existe pas une seule façon d'aimer.
Ni une seule manière d'être touché.
Une adaptation sincère et généreuse, qui trouvera certainement un écho particulier chez tous ceux qui savent qu'un chien n'est jamais « seulement » un animal.
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Maxime Dorian
Correspondant culturel
Son odeur après la pluie
De : Véronique Boutonnet
D'après : Cédric Sapin-Defour
Mise en scène : Véronique Boutonnet et Richard Arselin
Avec : Marie-Hélène Goudet
Théâtre Essaïon Avignon
Du 3 au 25 juillet - 15h10
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