{FESTIVAL OFF D'AVIGNON 2026} – On a vu Nos lendemains : quand les rêves grandissent moins vite que les années
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Certaines pièces racontent une époque.
D'autres racontent une vie.
Nos lendemains réussit le pari de faire les deux à la fois.
Tout commence en 1969, au moment où l'Homme marche sur la Lune. Tianou rêve de devenir astronaute. Nini, elle, rêve de Woodstock et d'écriture. Deux jeunes gens qui regardent l'avenir avec cette conviction que tout semble encore possible.
Puis le temps fait son œuvre.
Les décennies défilent comme les chansons d'une playlist que l'on n'a jamais cessé d'aimer. L'abolition de la peine de mort, l'élection de François Mitterrand, la chute du mur de Berlin, les combats pour le droit à l'avortement, les désillusions politiques, le Covid… Les grandes pages de l'Histoire deviennent le décor discret de leur histoire à eux.
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Car Nos lendemains ne parle pas tant des événements qui ont façonné une génération que de ce qu'ils ont fait aux êtres.
Lui est devenu informaticien. Peu à peu, ses rêves se sont effacés derrière les habitudes, le travail et le quotidien.
Elle, au contraire, est restée fidèle à cette jeune femme qui voulait écrire. Son premier livre est publié. Elle avance quand lui semble s'être arrêté.
Alors une question s'impose, aussi simple que bouleversante :
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Que devient un couple lorsque l'un continue de poursuivre ses rêves tandis que l'autre renonce aux siens ?
C'est sans doute là que la pièce touche le plus juste.
Parce qu'elle ne juge jamais ses personnages.
Elle observe avec beaucoup de tendresse cette lente transformation des élans de jeunesse en habitudes de vie.
La mise en scène accompagne avec intelligence cette traversée du temps. Quelques objets suffisent à faire surgir une époque : le téléphone à cadran laisse place au sans-fil, puis au portable. Les musiques réveillent instantanément des souvenirs que chacun croyait oubliés.
Et soudain, ce ne sont plus seulement Tianou et Nini que l'on regarde.
C'est un peu nos parents.
Un peu nos grands-parents.
Parfois même un peu nous.
Car derrière cette chronique d'une génération que l'on qualifie aujourd'hui de « baby-boomers », Nos lendemains parle finalement de quelque chose qui traverse toutes les générations : l'usure du temps, les rêves que l'on abandonne, ceux que l'on poursuit malgré tout, et cette question qui accompagne tous les couples un jour ou l'autre :
Comment continuer à aimer celui ou celle que le temps a transformé ?
Une pièce sensible, pleine de nostalgie et d'humanité, portée par une écriture délicate qui rappelle que les grandes histoires d'amour ne se mesurent pas seulement à leurs débuts, mais aussi à leur capacité à traverser les décennies.
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Un joli moment de théâtre qui résonnera particulièrement chez celles et ceux qui se sont déjà demandé ce qu'étaient devenus leurs rêves de jeunesse.
Maxime Dorian
Correspondant culturel
OPTIMIST (THÉÂTRE DE L')
Du 3 au 25 juillet - 10h30
De : Lisa Chevallier
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