{FESTIVAL OFF D'AVIGNON 2026} Vous parler de mon fils : Mathieu Touzé adapte avec simplicité et émotion Philippe Besson
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Philippe Besson évoque le harcèlement scolaire dans Vous parler de mon fils, poignant roman paru l'an dernier qui épouse le désarroi insoutenable des parents après le suicide de leur fils. On plongeait avec effroi et sans faux semblants dans les pensées d’un père qui, pendant la « marche blanche » en mémoire de son fils, va se remémorer les événements qui ont conduit à cette journée. L’inaction de l’établissement scolaire et du corps enseignant, l’ignorance des parents des harceleurs, les mensonges de leur fils pour atténuer la réalité de ce qu’il endure et limiter les représailles, la violence des harceleurs qui se pensent à l’abri de toute réprimande, le silence des uns et la peur des autres, tout est montré dans ce court roman aussi violent qu'un uppercut en pleine poire.
Comment prouver les faits de harcèlement, les insultes et les brimades ? Comment vivre et agir pour véritablement aider l'enfant sans accentuer ou décupler les violences morales voire physiques ?
Et aussi Comment surmonter la perte d'un enfant, comment se résigner à continuer de vivre quand on a pas su empêcher ce drame..
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Ce texte épuré et bouleversant trouve sur scène un écho puissant dans l’adaptation de Mathieu Touzé à voir actuellement au OFF d'Avignon.
Seul en scène, Mathieu Touzé, qui avait déjà adapté Besson avec un garçon d'Italie, incarne ce père endeuillé dans un face-à-face intime avec le public, transformant la confession en une expérience théâtrale d’une belle intensité.
Pour dénoncer le harcèlement, Mathieu Touzé invite le spectateur à s'interroger sur ce qui est correct ou tolérable dans nos comportements : "à quel moment devient-on un bourreau, par un commentaire, un suivisme, une non-dénonciation ?"
Dans un décor minimaliste (un fauteuil, une table, des chaises, un bouquet) en arrière-plan derrière un rideau de gaze, l’acteur est face à un micro sur pied. Il n’en bougera que quelques instants pour changer de costume.
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Fabuleux d'émotion intérieure et de gravité tendre, désespéré, le comédien fait ressentir presque sans mouvement l'aveuglement de parents aimants, mais qui ne savent pas voir la tragédie en marche.
Sur scène, un père hébété, engourdi, avec le monde qui se déplace autour de lui dans un dispositif simple et frontal, une forme idéale pour faire entendre l’intime et bouleverser la salle, visiblement fort émue hier lors de cette première représentation avignonnaise.
ET c’est peut-être dans cette simplicité — un acteur, un homme hébété, une parole, une chaise — que se trouve finalement la forme la plus juste pour accueillir l’écriture émouvante et simple de Philippe Besson.
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