Baz'art  : Des films, des livres...
5 juillet 2026

Notre journal de bord du Festival OFF Avignon 2026 : Jour 1

C’est le top départ pour les milliers de compagnies et leurs 1700 spectacles. Voici le résumé de cette première journée bien chargée !

 

Ne t’arrête pas de courir : Chemin de rédemption magnifiquement incarné par Ike Zacsongo-Joseph  – Théâtre Actuel

 

 

Sur des fragments d’électro, son corps se casse, s’enlace, comme s’il ne le contrôlait, comme une forme de pulsion.Toumany Coulibaly (Ike Zacsongo-Joseph) est champion de France d’athlétisme, spécialiste du 400 mètres. Il rêve que de deux choses : représenter la France aux Jeux de Rio et garantir une sécurité à sa famille. La vie des sportifs professionnels n’étant pas toujours sponsorisé et rempli de dorures, ils se précarisent, surtout en athlétisme. Un premier rêve se brise : la qualification aux Jeux lui passe sous le nez. Un jour, sa carrière s’arrête : il est incarcéré pour de multiples braquages de pharmacies et magasin. Dans les médias, c’est le récit de deux vies qui s’entrechoquent : celle d’un athlète promis à la gloire et celle d’un voleur compulsif, happé par la spirale de l’addiction. Le journaliste Mathieu Palain (Kamel Isker) découvre son parcours par un reportage. Il veut en faire plus : un portrait puis… un livre. Il part rencontrer Toumany pour comprendre et raconter son histoire. D’une expérience courte d’athlé, la conversation naît et une relation fraternelle se lie. Si le rythme ne faiblit pas, c’est grâce à une musique qui accentue le travail du corps et à un corps de comédien.nes qui sont complémentaires. Au sein d’une scénographie épuré, cette forme de récit-trajectoire fait penser à Passeport d’Alexis Michalik. Mention spéciale pour le duo Marie Mahé / Ike Zacsongo-Joseph qui déchire tout.

 

Si la création vidéo m’a un peu moins convaincu, un détail m’intrigue concernant la représentation des journalistes au théâtre où le côté « quatrième pouvoir » à la « Pentagon Papers » peut être souvent mis en avant sur scène (comme au cinéma). Néanmois, une chose très lucide apparaît dans cette pièce : quel rapport complexe faut-il entretenir avec les sources ? Si dans la théorie, la grandiloquence neutralité (qui n’existe pas) fait son effet, certaines histoires impliquent une proximité qui peut changer la nature des relations (je pense à la journaliste Clémence de Blasi et Valérie Bacot).

 

A 11H50 au théâtre Actuel

1h25

Relâches les 8 ,15, 22 juillet

Rep. supp. les 9, 16, 23 à 13h45

 

 

Pina : Le théâtre de la Cape d’Argent frappe de nouveau avec un compte attendrissant - La Nouvelle Étincelle

 

 

Dans sa famille, la jeune Pina (pétillante Juliette Perret) se sent seule. Sa sœur semble accrochée à ses écrans et peu ouverte aux interactions. Son père est présent pour elles mais quelque chose manque. Pina ressent à un grand vide depuis la disparition tragique de sa mère. L’école et les copains n’aident en rien. Jusqu’à ce que la jeune créature (mi humain mi lapin) entende parler de la légende de la Cape d’Argent. De cette prophétie, un village protégé par une gardienne, une cape aurait été forgé par un dragon. Elle aurait le pouvoir de retrouver ce qui a été perdu. La douleur du deuil pousse Pina à se lancer dans une expédition hors du commun, poussée par une lumière mystérieuse puis accompagné par un esprit cocasse du nom d’Alfredo. Une légende transmise par-delà les âges peut-elle panser les blessures du cœur ? On retrouve une dramaturgie très visuelle grâce au travail, qui nous épate, des masques et de marionnettes grande taille créés par Julien Donnot. Il n’y a pas que cela qui nous a épatés ; les comédiens livrent une belle performance menée d’arrache-pied au prix de je ne sais combien changements de costumes, de personnages en un temps record !

 

Ce qui retient le plus l’attention ici, c’est une histoire est racontée dans une autre. En effet, un conteur et son apprentie stagiaire nous accueillent à l’entrée de la salle pour débuter l’épopée de la Cape d’Argent. Et pourtant, rien n’est fait pour coller entre eux. Quand Eudes ressort référence sur référence avec des « il était une fois », son apprentie (remarquable Pauline Scoupe-Fournier) rappelle la nécessité de renouveler le champ narratif, de sortir des récits « traditionnels ». Alexandre Lucas Bécourt dessine les prémices d’une saga avec un conte pépite pétillant, rempli d’humour qui touche des sujets très parlants pour les petits comme les grands : la résilience, la traversée du deuil, l’imaginaire peut-il aider à traverser les peurs ou les traumatismes. Bravo !

 

16H30 à la Nouvelle Étincelle

1h20

Les 4, 6, 9, 11, 13, 16, 18, 20, 23, 25 juillet

 

 

Badjens : Performance puissante pour un cri encore d’actualité – 11 • Avignon

 

 

Chiraz, octobre 2022. Zahra, adolescente iranienne de 16 ans, grimpe sur une benne à ordures. Le feu de la révolte transperce son regard, jusqu’à se diffuser dans tout son corps. Elle tient son foulard d’une main et un briquet, de l’autre. Elle est prête à l’embraser face aux balles des miliciens. Ce feu, il grandit depuis longtemps, trop longtemps : les braises se forment à la naissance lorsque les hommes de sa famille veulent se débarrasser d’elle alors qu’elle n’est pas née. D’un incendie, Zahra décide de se dédoubler pour garder un signe de vie et ne pas sombrer elle-même dans l’oubli et l’effacement. Pour sa mère, elle portera ce surnom de « Badjens » ("mauvais genre" ou "effrontée"). L’adolescente s’en amuse, tout comme sa meilleure amie Leila. Sœurs d’un autre sang, les deux jeunes filles découvrent via le prisme de l’école, une religion qui les punira pour quelques centimètres de cheveux découverts. Une menace exécutée en septembre 2022 lorsque Mahsa Amini, étudiante de 22 ans, est morte suite à des violences policières, trois jours après son arrestation par la police des mœurs pour un voile « mal mis ».

 

Alice Rahimi vit dans ce monologue intérieur avec fracas. Elle n’est pas seule pour interpréter Zahra : Hura Mirshekari incarne l’autre face du dédoublement, celle de la voix intérieure de l’adolescente iranienne. Une voix incroyable guidée par la bande-son de Renaud Satre. Ici, l’adaptation du roman éponyme de la grande reporter franco-iranienne Delphine Minoui nous rappelle que le peuple iranien est resté pendant ces derniers mois de guerre, la grande oubliée pour n’être récupéré par les Etats-Unis. Puissant est l’écho comme l’hommage aux iranien.nes mort.es ces derniers mois dans le silence.

 

A 18h40 au 11 • Avignon

1H15

Relâche les 10 et 17 juillet

 

 

Crédits photos : 1- Frédérique Toulet / 2- Théâtre de la Cape d’Argent / 3- Marie Tihon

 

Jade SAUVANET

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Chris Isaak en concert à Paris et à Lyon

 

 
Au cours de ses quarante ans de carrière, CHRIS ISAAK, chanteur et acteur, plusieurs fois disque de platine et nominé aux Grammy Awards, s'est produit dans le monde entier avec les membres de son groupe de longue date, Silvertone. Sa discographie et sa filmographie comprennent treize albums studio acclamés par la critique, douze singles en tête des charts et plusieurs films, tels que Le Silence des agneaux, Twin Peaks : Fire Walk With MeThat Thing You Do ! Son travail l'a également amené à travailler dans les coulisses, en créant la musique de plusieurs bandes originales de films, notamment Eyes Wide ShutTrue RomanceWild at Heart et Blue Velvet
 
Son méga tube "Wicked Game" a dépassé le milliard de streams sur Spotify.
 
En concert le 29 juin à Lyon (Amphithéâtre) et le 2 juillet à Boulogne-Billancourt (La Seine Musicale)

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

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