{FESTIVAL OFF D'AVIGNON 2026} – On a vu Tom de Samuel Caprini: une absence qui bouleverse toutes les présences
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Certaines pièces racontent une histoire.
D'autres vous obligent à regarder la vie autrement.
Tom appartient à cette seconde catégorie.
Paradoxalement, le personnage qui donne son nom à la pièce n'apparaît jamais. Allongé dans une chambre d'hôpital, atteint du sida à une époque où la maladie condamnait encore des milliers de jeunes hommes, Tom est avant tout une présence. Une présence silencieuse autour de laquelle gravitent celles et ceux qui l'ont aimé, quitté, blessé ou tenté de protéger.
Car ce spectacle ne parle pas seulement de la maladie.
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Il parle de tout ce que l'on ne dit pas avant qu'il ne soit trop tard.
Au fil des visites qui se succèdent dans cette chambre d'hôpital, les souvenirs remontent à la surface. Une mère regarde son fils s'éteindre avec un amour bouleversant. Une infirmière tente encore de sourire alors qu'elle voit disparaître, semaine après semaine, toute une génération de jeunes hommes. Un frère revient après avoir rompu tout lien lorsqu'il avait appris l'homosexualité de Tom. Un premier amour vient enfin dire les mots qu'il n'avait jamais eu le courage de prononcer.
Tous arrivent avec leurs silences.
Tous repartent un peu différents.
Entre regrets, culpabilité, pardon et amour, Tom dessine le portrait d'une génération frappée de plein fouet par l'épidémie de sida, sans jamais chercher à tirer les larmes du spectateur.
C'est sans doute ce qui rend la pièce si bouleversante.
Tout est d'une infinie pudeur.
L'émotion naît des regards, des silences, des mots retenus plus que des grands discours.
La salle, elle aussi, retient son souffle.
Autour de moi, de nombreux spectateurs essuyaient discrètement une larme.
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Et pourtant, jamais le spectacle ne sombre dans le pathos.
Il célèbre avant tout la vie.
L'amour maternel.
L'amour tout court.
Celui que l'on assume trop tard.
Celui que l'on n'a jamais cessé de porter malgré les années.
La distribution est remarquable. Georgina Hartwell bouleverse dans le rôle de cette mère qui tente de rester debout alors que tout s'effondre autour d'elle. Samuel Caprini, également auteur et metteur en scène, compose un premier amour d'une grande justesse, partagé entre le poids des renoncements et la force intacte des sentiments.
On sort de Tom avec le sentiment d'avoir rencontré des êtres profondément humains.
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Une pièce qui parle du sida, bien sûr.
Mais surtout de la difficulté d'aimer librement, de la peur du regard des autres et de ces mots que l'on croit toujours pouvoir remettre au lendemain.
Un spectacle d'une immense délicatesse, porté par une écriture sensible et des interprètes remarquables.
Le premier grand coup de cœur de ce Festival Off 2026.
Courez à l'Archipel Théâtre.
Prévoyez simplement quelques mouchoirs.
Maxime Dorian
Correspondant culturel
ARCHIPEL THÉÂTRE
Du 4 au 25 juillet - 12h20
Tom, pièce de : Samuel Caprini
Mise en scène : Samuel Caprini
Avec : Samuel Caprini, Claire Chatard, Anthony Felin, Georgina Hartwell, Sébastien Vincent
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