Livre sur le cinéma : Tim Burton ou le Prométhée gothique
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Synopsis: Comment l’adjectif « burtonien » est-il devenu aussi éloquent que « kafkaïen » ou « hitchcockien » ? Est-ce grâce aux héros étranges, femme-chat ou barbier sanguinaire, qui peuplent son cinéma ? À l’esthétique de ses films, aux décors biscornus, en noir et blanc ou couleurs arc-en-ciel ? Ce qui fait la signature reconnaissable entre toutes de Tim Burton est sa filiation incontestable avec le gothique.
Le cinéaste américain s’empare des codes littéraires et cinématographiques du genre, décline sans relâche le mythe de Frankenstein, croise l’humain et le monstrueux pour décrire un univers machinique, dont il faut s’extraire pour survivre. Tandis que les frontières entre la vie et la mort se brouillent, que passé et présent se confondent, que la comédie devient horrifique et l’épouvante drôle, la création émerge comme le seul moyen d’existence possible.
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Tim Burton ou le Prométhée gothique explore les contes de ce cinéaste à la noirceur joyeuse, pour percer les mystères de nos singularités excentriques.
Elsa Colombani est critique de cinéma et docteure en Lettres et Littératures anglophones. Elle collabore régulièrement aux pages cinéma de la revue Études.
Tim Burton ou le Prométhée gothique explore les contes de ce cinéaste à la noirceur joyeuse, pour percer les mystères de nos singularités excentriques. Encore une fois comme souvent dans cette collection, c'est brillant et un incontournable du catalogue
Le livre donne envie de revoir tous ses films et de reconnaitre une fois de plus le génie du maestro qu'on avait bien mis en avant lors de son prix Lumière
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Extrait :
"Pour comprendre ce qui compose cette spécificité burtonienne, il faut remonter à l’enfance. Lorsque Tim Burton parle de la sienne, on croirait entendre le récit d’un cauchemar de solitude et d’ennui, dans le décor stérile et dépourvu de toute imagination de Burbank, la ville de Californie où il grandit. Pour se distraire, il visite des cimetières et invente des jeux enfantins macabres où « il arrachait la tête de ses petits soldats et terrorisait le gamin d’à côté en lui faisant croire que des extraterrestres avaient débarqué5 ».
Très vite, jeu et cinéma ne font qu’un, Burton tournant avec ses amis des films Super 8 – « un film sur un loup-garou, un film sur un docteur fou, et un petit film en stop-motion utilisant des marionnettes d’hommes des cavernes6 » – directement inspirés des films de monstres qu’il va voir sur grand écran. Les diverses incarnations de Frankenstein et Dracula ainsi que les personnages tirés des histoires d’Edgar Allan Poe bercent son enfance. Ces influences seront suivies par celles exercées sur lui par la découverte de l’expressionnisme allemand, des productions sanglantes de la Hammer, de l’étrangeté onirique de Federico Fellini, des gialli de Mario Bava ou encore des terreurs nerveuses d’Alfred Hitchcock ou de Roman Polanski. Des réali sateurs tous adeptes, à leur façon, de l’excessif et de l’hyper bole, du pouvoir de l’image et de sa capacité à susciter des émotions profondes."
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Tim Burton ou le Prométhée gothique
Comment l'adjectif " burtonien " est-il devenu aussi éloquent que " kafkaïen " ou " hitchcockien " ? Est-ce grâce aux héros étranges, femme-chat ou barbier sanguinaire, qui peuplent son c...
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