[CRITIQUE] Trois adieux : le mélodrame contenu d'Isabel Coixet
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Librement inspiré par le livre de Michela Murgia 'Trois bols : Rituels pour une année de crise', Trois adieux, le nouveau film italien de l espagnole (on suit?) Isabel Coixet suit l’une des lignes clés de sa filmographie.
Il s’agit en effet de parler des grands thèmes -dans ce cas la vie, l’amour, la mort, le deuil- de l’intime et quotidien et mettant l’accent sur les personnages. 'Trois adieux' a pour protagoniste Marta (Alba Rohrwacher), une femme d’environ 40 ans qui, en plein processus de séparation de son partenaire (Elio Germano), apprend qu’elle a un problème de santé. Cette nouvelle le fait s’accrocher intensément à la vie.
Dans le film, Marta et Antonio (Elio Hermano) forment un couple qui se sépare après ce qui semble être une querelle banale. Il est un chef prometteur, qui se réfugie dans la cuisine de son travail et elle commence à remarquer quelque chose de plus que la tristesse : il a perdu l’appétit et pas seulement par le manque d’amour.
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Quand il découvre qu’il y a un problème de santé derrière, tout prend une tournure inattendue : la nourriture a meilleur goût, la musique l’atteint comme jamais auparavant et le désir éveille sa volonté de vivre sans peur.
"Trois adieux " est basé sur le livre posthume et semi-autobiographique 'Tre ciotole' de l’activiste féministe italienne Michela Murgia. Coixet a souligné que Murgia est mort à 51 ans et le film ont mélangé deux de ses récits, dont l’un est autobiographique.
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L’analogie entre 'Trois adieux et 'Ma vie sans moi' (2003), un des films les plus emblématiques de l’auteur, est évidente.
Le point de départ est très similaire, mais il est intéressant de voir comment, plus de 20 ans plus tard, Coixet aborde les mêmes sujets à partir d’un endroit différent.
La cinéaste les approfondit avec plus de sérénité et de maturité, en harmonie avec l’âge de la protagoniste.
Cette sérénité donne lieu à un film calme, lumineux et sans excès.
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Un mélodrame contenu dont il faut aussi souligner l’interprétation naturaliste des acteurs (et la chimie entre eux, notamment entre Alba Rohrwacher et Francesco Carril) et la façon dont Isabel Coixet conçoit la ville où se déroule l’histoire, Rome, pratiquement comme une extension des personnages, une ville magnifiée par la chaleureuse photographie en 35 mm de Guido Michelotti, qui donne au décor romain du film une patine douce et nostalgique.
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C'est surtout lorsque le diagnostic de Marta est annoncé que le récit gagne réellement en épaisseur.
Un rythme plus resserré aurait sans doute injecté plus de tension dans la structure du film, surtout sur une durée totale de deux heures, mais le film reste touchant.
Le dernier tiers est la partie du film où la main de Coixet semble le plus assurée.
Ici, le dialogue cède le pas à l'expression des corps, des regards et des silences.
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Ce registre silencieux permet au film de respirer et le rapproche davantage du lyrisme caractéristique du cinéma de Coixet.
Ces scènes, sans être jamais tape-à-l'œil, résonnent avec une intensité théâtrale bien mesurée, élevant le film un cran bien au-dessus par rapport à son début un peu plus convenu.
Trois adieux en salles le 2 septembre 2026
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