Baz'art  : Des films, des livres...
8 septembre 2026

[CRITIQUE] BILLIE MELODY de Christine Paillard // une mélodie quelque peu désaccordée..

 

À 14 ans, Billie  vient de perdre son père Tony  dans un accident dont les circonstances restent troubles.

Elle quitte alors son ancienne vie avec sa mère Roxane et son frère Ruben tandis que les tensions s’accumulent au sein de la famille. Incapable d’accepter totalement cette disparition, Billie cherche des réponses dans les silences des adultes, ses nouvelles amitiés et surtout la musique, dernier espace où son père semble encore pouvoir exister.

 

Notre avis :

On voit beaucoup le pourtant discret Roschdy Zem dans les médias en ce moment,  car il est actuellement le  président du jury du festival de Deauville.

L'occasion pour lui de parler de cinéma américain et de revenir sur sa pléthorique carrière; ce formidable comédien, qu'on suit depuis ses débuts ayant déjà plus de 100 films au compteur alors même qu'il ne se prédestinait pas forcément pour une carrière de comédiens

On interroge étrangement moins Zem sur son actualité cinématographique, alors même qu'il tient le rôle principal d'un long métrage qui sort la même semaine.

Billie Melody, réalisé par Christine Paillard, la fidèle complice de Chad Chenouga un ami de longue date de Roschdy Zem (un de ses rivaux de l'époque où avec Sami Bouajila ils trustaient les mêmes castings pour des rôles de jeune maghrébin) qui l'a fait tourner dans Le Principal, un film co écrit avec Christine Paillard- il semblerait que Christine et Chad ait un fonctionnement un peu similaire à ce que ferait le duo Baya Kasmi-Michel Leclerc).

 

 

Bref, Roschdy Zem ne pouvait pas trop refuser ce rôle d’un musicien raté et rebelle, adoré par sa fille de 14 ans et qui va rapidement devenir un fantôme (on spoile pas trop, sa disparition arrive après 10 minutes de films) un peu trop encombrant pour sa fille.

Etonnamment on pense peu en regardant sa prestation,  à un de ses précédents rôles, celui de Montand dans le biopic de Diane Kurys , dans le rôle de cet artiste qui voue une relation amour haine avec la femme de sa vie.

En effet dans Billie Melody, en dehors du lien fusionnel avec sa fille, Zem passe une bonne partie du film à se déchirer avec son épouse, musicienne comme lui, mais qui ne croit plus du tout au charme et à la fantaisie de son compagnon, celui ci ayant été bousillé par les échecs et les excès en tous genres.

Ces disputes incessantes, vite répétitives et lassantes, ne sont pas la partie les plus passionnantes du long métrage de Christine Paillard.

 

Si Julia Faure (qui n'était pourtant pas prévue au départ dans le casting, elle a visiblement remplace Laetitia Casta au pied levé) est très bien dans un rôle pas évident, on a un peu de mal à croire au personnage de Roschdy Zem qui en fait un peu beaucoup dans ce rôle d'écorché vif qui bousille ses proches par son égoïsme et son jusqu'au boutisme...  

Après Moi qui t'aimais, où sa prestation était déjà pas très convaincante, il n'est pas certain que l'exubérance est ce qui sied le mieux à Roschdy Zem  qui a pourtant prouvé depuis longtemps la largesse de sa palette de jeu.

Mais le meilleur du film est ailleurs, plutot dans le jeu de la jeune comédienne Bonnie Bouriche Troutaud,  formidable pour son premier rôle dans la peau de cette adolescente confrontée à la brutale disparition de son père. La cinéaste a choisi de filmer cette période de deuil à travers ses yeux, avec pas mal de sensibilité et de tact, malgré des passages fantastiques pas toujours réussi. 

L’adolescence est en soi une période compliquée, où l’on est attiré par des pulsions de vie et de mort, où l’on a envie de s’éprouver, Billie Melody le montre parfois avec pertinence,et  c'est plutôt cela que l'on retirera de ce film à moitié réussi- où a moitié raté, ca dépend ou on se place- ....

 

 

 

 

⭐⭐
9 septembre 2026 en salle | Drame
De Christine Paillard | 
Par Christine Paillard, Chad Chenouga
Avec Roschdy Zem, Bonnie Bouriche Troutaud, Julia Faure

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