Les disques de la rentrée (4) :Bande originale du film Ni vue, ni connue de Bertrand Burgalat
Bertrand Burgalat signe la bande originale de Ni vue, ni connue, le nouveau film de Marc Fitoussi avec Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain, en salles le 7 octobre. Un film qu'on a vu il y a quelques jours en avant première et sur lequel on revient rapidement.
Pour sa troisième collaboration avec Marc Fitoussi, après Les Apparences et Ça, c’est Paris !, il compose une partition orchestrale tendre et mélancolique, élaborée pendant plus d’un an au plus près du film.
Cordes, piano, flûte, vibraphone… une musique qui fait écho aux thèmes du récit : fascination, désir de reconnaissance, désillusions du spectacle et fragilité des comédiens.
Burgalat signe une bande très originale qui épouse une narration, tresse une relation entre deux héroïnes contrariées et s'écoute comme une œuvre à la première personne, comme un album autonome, ni vu, ni connu..Burgalat choisit la voie d'un lyrisme enveloppant, qui révèle d'abord la fascination hypnotique pour le monde du spectacle, à la manière d'un envoûtement féerique.
La bande originale de 24 titres paraîtra le 2 octobre en vinyle et en numérique, quelques jours avant la sortie du film.
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Marc Fitoussi nous parle du travail de bande sonore très orchestrée et ample de Bertrand Burgalat
C'est la troisième fois que je travaille avec Bertrand.
Nous nous sommes rencontrés sur mon film Les apparences, puis avons collaboré sur Ça, c'est Paris !, une série de 6 épisodes qui avait nécessité beaucoup de musique, et beaucoup d'investissement. Nous pensions probablement être un peu plus tranquilles avec cette nouvelle BO : moins de morceaux à créer, un film qui n'excède pas les deux heures, et une confiance en l'autre qui n'était plus à prouver. Mais peut-être par peur de nous répéter, ou bien parce que Bertrand et moi sommes particulièrement méticuleux, nous avons passé beaucoup de temps sur la musique de Ni vue, ni connue.
Avant même le début du tournage, je lui avais donné à lire le scénario et il m'avait envoyé plusieurs thèmes, tous très différents. Celui choisi en ouverture, intitulé désormais La magie des plateaux, a d'une certaine manière donné le la : très orchestré, on y entend tout aussi bien des cordes, du piano, de la flûte… Ce qui
marque aussi, c’est cette mélancolie très diffuse. Car si le film s'apparente à une comédie, sa musique, elle, accompagne essentiellement les moments les plus graves ou les plus amers.
Nous nous sommes donc beaucoup questionnés avec Bertrand afin d'imaginer une partition qui serait tout à la fois émouvante, tendre, ludique, et qui surtout ne viendrait jamais rien surligner.
Cette réflexion nous a parfois poussés à tester plusieurs versions (d’où la présence ici de certains bonus…) et à prendre le temps nécessaire afin de parfaitement peser nos choix : un peu plus d'un an s'est écoulé entre les premières maquettes et le mix définitif et toute cette longue période me semble avoir été extrêmement bénéfique pour la BO.
Bertrand y prouve plus que jamais qu'il est un compositeur hors-pair et j’ai, moi, la conviction d’avoir obtenu, très précisément, la musique dont je rêvais.
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A1_La magie des plateaux - Bertrand Burgalat - from Tricatel by Philippe HUGOT
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"Je n’avais jamais imaginé, avant de composer cette BO sous la direction de Marc Fitoussi, à quel point une simple note pouvait changer une histoire, la compréhension d’un personnage ou d’une situation. Sa précision, sa détermination souriante, son oreille et sa capacité à diriger avec clarté sont extraordinaires. C’est cette exigence, d’abord envers lui-même, qui rend ses films si particuliers et réjouissants. Cela ne relève pas d’un perfectionnisme stérile et angoissé, car je ne l’ai jamais vu faire une observation qui n’améliore pas le résultat final. Quand j’écoute celui-ci, je ne suis pas certain que nos efforts se remarquent, tant mieux car ce qui compte n’est pas là. Toute musique nouvelle est fragile quand on la mesure aux succès déjà éprouvés qui parsèment certains long-métrages, ou à la perfection artificielle générée sur commande. C’est le prix de la liberté, car tout est possible devant une page blanche : on n’est prisonnier que de soi-même, le travail de composition est alors un jeu dans lequel chacun cherche à comprendre ce que cherche à exprimer l’autre, ainsi qu’à surmonter ses propres inhibitions. Rien de ce que vous allez écouter ici n’aurait pu voir le jour si les mots et les images de Marc Fitoussi ne m’avaient guidé et inspiré. On dit du compositeur qu’il est le troisième auteur d’un film, avec le réalisateur et le scénariste, j’ajouterais que, dans son cas, le réalisateur est le deuxième auteur de la musique."
Bertrand Burgalat
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