J’enfouis la tête dans mes genoux pour recréer le noir de la salle de cinéma. Une heure passe. L’agent derrière les caméras de surveillance doit se frotter les mains : “L’étranger est en PLS”(position latérale de sécurité ; ici, en épuisement, NDLR) . Je ne suis pas en PLS, champion. Je suis en Terre du Milieu(référence au Seigneur des anneaux, NDLR) . »
Au centre du roman d'Olivier Grondeau il y a Olivier Grondeau mais le livre ne ressemble en rien à une auto fiction nombrilique et narcissique comme il en pleut parfois sur les autels des libraires, mais d'un récit de l'enfermement, d'une thérapie par l'écriture d'une épreuve hors du commun..
En 2022, Olivier Grondeau faisait partie des derniers voyageurs à se risquer sur les routes d'Iran. Jeté derrière les barreaux sans explication, il attend son sort, suspendu entre peur de se faire au mieux torturer, au pire tuer et l'espoir ou l'illusion d'une prochaine libération. Grondeau nous embarque dans le quotidien de sa cellule. On y découvre ses camarades d’infortune avec qui il partage bien plus que des mètres carrés.
Au fil des semaines, il voit défiler des codétenus, avec qui il dialogue en tentant de perfectionner son persan. Il y a un jeune gay, un prof d'histoire, un éditeur, un père de famille… nul n'échappe aux mailles de cette société iranienne particulièrement liberticide comme les films de Jafar Panahi ou Mohammad Rassoulof nous le montre régulièrement.
La cellule est pleine et vide à la fois.
Ce sont les camarades qui font la cellule. Au point qu’il n’y a pas de dépaysement quand nous sortons dans la cour : peu importe que l’espace s’élargisse, que les murs croissent, que le plafond s’évanouisse au profit d’un lourd ciel blanc. Vahid, Emad, Peyman et même Norouzi sont mes murs.
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Joseph dans la nuit est construit autour de 72 très brefs chapitres, qui scandent chaque journée de garde à vue.
Porté par une écriture poétique et actuelle, "Joseph dans la nuit" prouve que même au fond ( du?) d’un trou, il est permis d’espérer.
Entre peur, privations et isolement, Olivier Grondeau raconte comment la littérature, la musique et l'imaginaire, de la poésie persane à Britney Spears, dont la lancinante ballade Everytimes lui permettra de tenir, deviennent des ressources vitales pour résister à l'enfermement.
Les voies de la résistance face aux entraves à la liberté sont définitivement impénétrables.
Quant au Joseph du titre, c' est une allusion au personnage biblique et coranique qui fut jeté dans un puits et réussit, des années plus tard, à s’en échapper. Puissant et inoubliable
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