Baz'art  : Des films, des livres...
30 janvier 2012

L'homme qui voulait vivre sa vie: le film à la hauteur du livre

l-homme-qui-voulait-vivre-sa-vie-de-eric-lartigau-10220989aejng_1370En général, lorsque je chronique une adaptation cinématographique d'un livre, il est rare que je sois tendre avec, et ma dernière chronique, ne peut que le confirmer.

Heureusement, parfois, il arrive que je sois très satisfait de la version cinéma d'un best seller, et ce, même quand j'ai beaucoup apprécié le roman en question.

C'est notamment le cas avec une des adaptations d'un roman de Douglas Kennedy, réalisé avant la femme du Vème, sorti il y a quelques mois. Il s'agit de L'homme qui voulait vivre sa vie, sorti sur nos écrans en novembre 2010, et qui a connu un franc succès, tout autant que le livre d'origine. La surprise est d'autant plus étonnante que le réalisateur est Eric Lartigau, connu auparavant pour des comédies drôles mais sans plus, Qui a tué Pamela Rose? avec Kad et Olivier, et Prête moi ta main, avec Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg.

Il faut dire que, et je peux fairele parrallèle avec le film La vie d'une autre, je trouve le matériau de départ absolument sensationnel. Sauf qu'ici elle est exploitée avec grand talent, et par Kennedy et par Eeric Lartigau : l'intrigue fait en effet se mélanger un questionnement existentiel sur le fossé existant entre sa vie réelle et sa vie fantasmée et un polar sous tension ( un meurtre a été commis, et le coupable est en fuite).

Le personnage principal, ce Paul, avocat qui mène une vie confortable financièrement mais si loin de sa passion pour la photographie va certes profiter d'un acte accidentel terrible pour changer d'identité, mais cela ne lui permettra pas de se sentir plus libre qu'avant, puisque le poids de sa culpabilité sera encore bien plus prégnante que les conventions bourgeoises de sa vie d'avant. 

Si l'histoire du film prend quelques libértés avec le roman, notamment le décor de la première partie, déplacée desl-homme-qui-voulait-vivre-sa-vie-de-eric-lartigau-10220910sawqb_1731 Etats Unis au Paris bourgeois, et que la partie à Sarajevo souffre de quelques invraisemblances ou facilités d'écriture (le compangnon de beuverie est forcément un très grand  rédacteur en chef du journal de la région), elle tient parfaitement la route, et ne fonce jamais dans le grotesque ou le too much.

Et l'interprétation (sauf peut etre celle de Catherine Deneuve, ici, moins convaincante que dans les autres films récents dans laquelle j'ai pu la voir) est assez formidable, mené par un Duris au top de son jeu, et qui nous fait totalement partager les angoisses existentielles  de ce type qui ne sera finalement jamais bien dans sa peau.

Mais la vraie grande surprise du film réside, à mes yeux, dans la mise en scène : là où on aurait pu s'attendre à une réalisation à l'américaine avec forces travelling et scènes d'actions étouridissantes, Lartigau joue la carte de la sobriété, avec une mise en scène même parfois aride, notamment pour la partie à Sarajevo, et aidée par l'excellent travail du chef opérateur usant d'une  photographie léchée sans être chichiteuse.

Vraiment une très bonne surprise pour un film que je visionnais sans grand enthousiasme en me disant que comme dans 95% des cas, le film serait à 100 coudées en dessous du roman. Comme quoi on peut parfois se tromper, heureusement d'ailleurs!!


L'homme qui voulait vivre sa vie - Bande annonce

Commentaires
F
c'est vrai qu'on l'imagine mal en avocat bourgeois, mais en meme temps, il est mal dans ses baskets et pas dans sa vie, donc je le trouve crédible de ce fait, mais c sur que la seconde partie le met plus en valeur... et la fin peut etre frustrante, mais justement ce qui m'a plu, c'est qu'elle ne cherche pas le happy end, juste à laver le héros de sa mauvaise conscience, c donc un beau pied de nez, mais la fin du bouquin de Kennedy était plus classique comme résolution c sur
Répondre
A
Vu il y a quelques jours, et je ne suis pas rentrée dedans du tout, en particulier toute la première partie, j'ai trouvé que Romain Duris (que j'aime, j'adoooore pourtant) ne collait pas du tout à ce personnage. Et la dernière scène m'a laissée sur ma faim (j'ai lu le livre, mais il y a si longtemps...).<br /> <br /> Bref, je suis déçue d'avoir été déçue :-) .
Répondre
F
j'ai pas aimé duris dans tous ses films, ceux du début de sa carrière j'étais pas fan, mais la depuis qq films il a une vraie prestance c sur
Répondre
C
J'ai adoré le film et surtout Romain DURIS ! Quel acteur, il est incroyable... Je n'avais pas lu le livre, alors j'ai sans doute eu un avis différent. On rentre bien dans le film et on reste accroché jusqu'au bout !
Répondre
F
@marinouasutralie: bienvenue sur mon blog... en plus nos avis se rejoignent du moins déja sur ce film, c un bon début :o)
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 467 009
31e édition des 𝐑𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐜𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐨𝐩𝐡𝐨𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝐁𝐞𝐚𝐮𝐣𝐨𝐥𝐚𝐢𝐬
 
 
 

 

Le festival des 31e Rencontres du cinéma francophone s’annonce, un peu partout en calade et dans le Beaujolais, du 10 au 15 novembre, au cinéma Les 400 Coups Villefranche bien sûr et dans nos 3 cinémas partenaires !

La programmation s’affine mais reste encore confidentielle. Comme chaque année, il y en aura pour tous les âges, avec 8 films en compétition, dont 4 pour le jury lycéen, une proposition de 3 films jeune public et familial qui seront présentés dès le 2 novembre aux scolaires du territoire et beaucoup de temps forts et de belles surprises !

ALUNA FESTIVAL 2027

Après avoir annoncé la venue de Sting, Aluna dévoile la suite de sa programmation 2027 : Orelsan, PLK, Vianney, Lost Frequencies, Suzane, Yann Muller, le collectif “Ensemble !!!”, Manon Lisa et St Graal rejoignent l’affiche. À Ruoms, près des gorges de l’Ardèche, le festival réunit les générations et les univers musicaux dans un cadre singulier : un camping cinq étoiles devenu le berceau d’une aventure musicale portée par tout un territoire.

 

 

 

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

  

 la 27e édition de l'Arras Film Festival  se tiendra du 6 au 15 novembre 2026.

Des avant-premières en présence des équipes de films, des invité.e.s d'honneur (Jean-Pierre Jeunet, Volker Schlöndorff, Yolande Moreau & Gilles Porte);  la compétition européenne;  un focus sur le cinéma belge; les Visions de l'Est; 2 rétrospectives ("Crimes à l'Italienne", avec des films de Pietro Germi, Mario Bava, Dario Argento, Elio Petri ...& "Patron, ouvriers, révolution", pour explorer un siècle de luttes sociales, de colères collectives et d’émancipation ouvrière);
Pas moins de 115 films seront présentés!! 

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
178 abonnés