Baz'art  : Des films, des livres...
23 mai 2012

Petit bilan du festival de Cannes à mi parcours : la France à l'honneur?

Festival-de-Cannes-2012-295x300Je ne vais évidemment pas jouer les mythomanes et prétendre que je suis en direct de la Croisette me faire le plein de films, puisque personne ne me croirait. Mais, comme depuis mercredi dernier, et comme tous les ans, je baigne tellement dans l'ambiance cannoise, en guettant le moindre tweet, le moindre article de la presse écrite ou la moindre émission de radio et de télé, je pense être capable de faire un petit bilan après une semaine de compétition, en sachant évidemment, qu'au moment où je ponds ce billet, il reste encore de gros morceaux qui ne sont pas encore passés en Selection Officielle (les films de Cronenberg, Walter Salles, Jeff Nichols, Leos Carax...)

Personnellement, vu que je n'ai vu qu'un seul film de la compétition ( Moonrise Kingdom, le film d'ouverture qui m'a que très moyennement emballé, j'y reviens plus longuement bientôt), je vais surtout vous donner un aperçu des impressions générales du festival, des favoris aux déceptions.

Mais comme je ne serais pas chez moi ce week end prochain (mais malheureusement toujours pas sur Cannes),  je ne pourrais malheureusement pas livrer mes pronostics définitifs, au vu des rumeurs de veille de festival, souvent les plus parlantes pour se faire une idée précise du palmarès en devenir. C'est donc dès à présent que je fais une petite synthèse de ce début des festivals, d'après les échos des journalistes et festivaliers qui ont bien voulu nous donner leurs impressions ( cinématographiques si possible, pas ceux qui dissertent longuement sur leurs tenues du soir ou sur l'heure à laquelle ils ont quitté la soirée de la veille)

Pour l'instant, après 5 jours de festival, et 11 films sur les 22 présentés en sélection officielle, on peut dire sans se tromper que l'édition 2012 semble moins forte que la 2011 car à moins que tous les films chocs passent les derniers jours, les déceptions furent plus grandes que l'an passée, et surtout il ne semble pas y avoir  de films incontestables comme l'an dernier,  où on avait pu grosso modo en compatibiliser une bonne demi douzaine (Tree of life, mais aussi Melancholia, La Piel que habito, Drive, Polisse, The artist...)

Au jour d'aujourd'hui (j'ai écrit mon billet lundi soir, donc avant la présentation de Cogan la mort en douce d'Andrew Dominik, In Another Country de Hong San Soo et de la Route des anges de Ken Loach, pas sûr que ces films viennent bouleverser la donne), ce sont, sans chauvinisme aucun (ou si peu) les 2 films français en compétition (car si Hanecke a eu la palme d'or en 2009 sous pavillon autrichien, ici c'est sous la bannière de la France, pays des producteurs du film en compétition, qu'il concourt) qui ont laissé  la meilleure impression d'ensemble :

1. De rouille et d'os : Audiard dans la cour des grands

Pour le moment, et ce n'est pas pour me déplaire tant je pense que le film sera un de mes préférés de cette sélemarion-cotillard-a-tourne-d-os-et-de-rouillection, c’est le film de , De rouille et d’os, qui a fait son petit effet en projections (pleines à craquer) et en conférence de presse. Thierry Frémaux croyait même se souvenir, jeudi soir, que l'ovation réservée au film de Jacques Audiard était l'une des plus ferventes depuis des années.On murmure même ici que si un prix d’interprétation n’est pas attribué à ou , cela serait surprenant…

.Le film démarre aussi sur les chapeaux de roues au box office, avec une première journée sur Paris impressionnante en terme d'entrées,  et 600 000 entrées France en 4 jours. Et au niveau de la presse, malgré quelques bémols, ici et là, De rouille et d'os s'est aussi installé en première ligne des favoris de la critique internationale, avec une moyenne de 2.9 (sur 4) dans le panel de Screen magazine. Pareil chez les critiques d'ici, interrogés par le Film Français.  Pour l'instant, il y a peu de concurrence, à part le dernier film de Michael Haneke, qui, lui aussi, tient solidement son rang de favori.

956860_amour-de-michael-haneke2. Amour de Michael Haneke : Une valeur sure fidèle au poste

Un choc salutaire administré, dimanche matin, par Michael Haneke. Dans le sobrement intitulé "Amour", le grand cinéaste autrichien raconte une tragédie universelle : la vieillesse, la déchéance, la mort, emmené de main de maitre par un grand Jean-Louis Trintignant, qui mériterait, infiniment, un prix d'interprétation.

Amour est un film dont les festivaliers semble avoir apprécier la finesse psychologique et  et la délicatesse de l’ensemble. La froideur habituelle du cinéaste pairaitrait se teinter d’une tonalité plus sensible.  Assurément l'un des grands chocs de ce festival qui a provoqué des réactions extasiées à la sortie de la séance de presse  La presse française est enthousiaste, à l'exception d'Eric Neuhoff du Figaro qui déteste (mais Neuhoff, que je suis dans l'émission du Cercle n'est pas absolument pas un critique de cinéma crédible).  Sept titres, cités par le Film Français, lui décernent une palme (Première, La Croix, Positif, Le Parisien, L'Humanité, Ouest France et le JDD). La presse internationale est globalement emballée, mais la moyenne des notes des journalistes interrogés situe le film de Haneke au même niveau est un peu inférieure à la française

moonriseLe reste des autres films :  Légères déceptions et gros flops

Comme je le disais, le reste de la compétition officielle du Festival de Cannes semble, surtout dans les premiers jours, avoir réservé bien des déceptions. Ambiance morose, de faux scandales (Paradies - Liebe d'Ulrich Seidl) en tunnels d'ennui (Au-delà des collines de Cristian Mungiu, La chasse de Thomas Vinterberg)...

Enthousiasme modéré pour le Wes Anderson, la comédie loufoque de qui divise les avis (à Cannes comme sur la blogosphère) ou pour le film d'Abbas Kiarostami, un des réalisateurs préférés du président du jury.

Certains films, au sujet pourtant fort, sont passés totalement inaperçus (comme le film de Youri Nasrallah sur la révolution egyptienne, Après la bataille ou bien Lawless, le film de John Hillcoat écrit par le bluesman Nick Cave, western se déroulant pendant la prohibition dont certains se sont carrément demandés pourquoi le film était sélectionné en compétition.

D'autres longs métrages ont, au contraire, créé des polémiques qui ont divisé la croisette en deux clans, comme  Paradis : Amour d'Ulrich Seidl,  sur des femmes âgées et disgracieuses qui se paient des gigolos africains, dont les défenseurs paraissaient toutefois plutôt moins acharnés que ceux qui se sont déchainés contre la « complaisance » et le « regard obscène » du cinéaste autrichien. 

Très attendu, Reality, le nouveau film de Matteo Garrone, le réalisateur du puissant Gomorra,  satire sur la télé réalité, a déçu tom-hardy-lawless-imagelui aussi une bonne partie des festivaliers, de par la façon un peu datée d'aborder son sujet.  Et que dire du film d'Alain Resnais, Vous n'avez encore rien vu, dont les derniers films pourtant pas terribles étaient défendus à corps et à cri par la profession, et qui là, semble avoir dérouté et ennuyé tout le monde ou presque?

Malgré ces journées qui ne cessent de décévoir critiques et certains festivaliers, certainement pas vraiment remis de la qualité de l'édition précédente, se dégage toutefois, dans les premiers films présentés, une constance, que tout le monde ou presque a souligné: des performances d'acteurs assez prodigieuses.

En effet, que ce soit Matthias Schoenaerts, Tom Hardy,  Aniello Arena (l'acteur de Reality qui n'a pu être présent à Cannes, car il est incarcéré et n'a pu se libérer que pour tourner le film), Jean Louis Trintignant, Mads Mikkelsen, tous pourraient prétendre à un prix d'interprétation masculine. Pour les femmes, Marion Cotillard se sent bien pour l'instant bien seule. Et ce ne sont  pas les futurs Cosmopolis ou Sur la route, qui semblent donner la part belle aux hommes, qui risquent de changer la donne.

De mon coté, d'après ce que j'ai pu lire et ici et là, et connaissant mes gouts personnels, j'ai très envie, je l'ai déjà dit, mais je le répète, de voir De rouille et d'os ( très bientôt, je l'espère), mais aussi Reality, dont la filiation avec la comédie italienne des années 70 me séduit, et dans une moindre mesure La Chasse, au sujet qui m'interpelle. Quant au film d'Hanecke, malgré ce qu'on dit, j'ai un peu peur du coté cérébral et froid présent dans toutes les oeuvres de ce grand formaliste qui s'érige souvent en moraliste, mais cela dit, cela ne m'avait pas empeché d'apprécier Caché ou La Pianiste.

Par contre, je pense que je détesterai le film roumain (trop lent et ennuyeux) ou l'autrichien ( trop haineux envers ses personnages), mais sait-on jamais, tant que je n'ai pas vu les films en question, tout cela reste en l'état d'impressions.Imprimer l'article Et vous, si vous suivez Cannes aussi attentivement que moi, quel film de la programmation vous a fait le plus envie jusqu'à présent?

Commentaires
P
Ou l'art et la manière de comparer ce qui n'est pas comparable ! ;) Comparer de la fantasy à du cinéma-vérité-auteuriste ! Sans entrer dans des explications à cette heure tardive (je suis trop naze), j'ai dû mal avec le cinéma d'Audiard. Je passe souvent à côté de ses films.<br /> <br /> Bon, je te laisse faut que j'aille dormir maintenant !
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F
@mydiscoveries : oui on a noté les memes choix alors...<br /> <br /> @madimado: moi aussi l'an dernier, j'en avais pas vu la moitié, meme pas le 1/4 au ciné...j'essaierais aussi de faire un peu mieux cette année<br /> <br /> @potzina : tu me surprendras toujours, Potz...je ne savais pas que tu marchais à fond à l'identification des personnages( tu peux t'identifier à un hobbit, toi? :o)) et aussi éloigné de toi soient certainement les personnages du film d'Audiard, est ce qu'un trader multimilliardaire à la dérive ou une personne âgée victime d'un AVC l'est plus? :o) non moi, Cogan, je sais que ca peut me plaire, mais pas le style de ciné que j'affectionne au départ : trop stylisé, trop tarantinesque pour moi...je serais plus sensible au dernier Ken Loach présenté aussi hier, mais cela ne te surprendra pas outre mesure :o) je fonde aussi pas mal d'espoir sur "sur la route" , "mud" et "the paper"...bonne soirée à toi POtz...et demain, je parle d'un film que tu as adoré dernièrement :o) (oh le teaser d'enfer
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P
Cosmpopolis et Amours sont ceux qui me bottent le plus.<br /> <br /> De rouille et d'os, j'irai sûrement le voir mais les critiques me confortent dans mon idée que je risque de ne pas m'identifier aux personnages... J'ai bien envie de voir Cogan aussi parce que le pitch est excellent et qu'il y a Brad. <br /> <br /> Le reste me laisse plus perplexe...<br /> <br /> Bonne soirée filou, merci pour ce compte-rendu cannois :)
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M
Merci pour ce beau résumé. Je n'ai moi-même pas eu le courage de me lancer dans un 1° bilan de cette semaine cannoise. Je n'ai vu aucun des films présentés pour le moment mais Cannes me met toujours dans un état d'excitation avancé : je regarde dans tous les sens, tout me tente, et puis finalement faute d'arriver à choisir je n'en vois pas la moitié. Je vais essayer de faire mieux cette année !
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M
Ce sont les mêmes que toi: j'ai vraiment hâte de voir "De rouille et d'os", qui j'en suis sûre me plaira, et j'avais tellement aimé "La pianiste" (vu lors du Festival de Cannes d'ailleurs souvenirs souvenirs !;o) ) que je suis curieuse de voir le film d'Hanecke.<br /> <br /> A bientôt Filou!
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Le 11ème Festival du cinéma chinois en France a la particularité de circuler en France, avec un programme contemporain et inédit, jusqu’au 30 juin.

Entre grandes productions populaires et œuvres d’auteur, la programmation met en lumière la richesse des genres et des thématiques, allant de l’animation au thriller, en passant par le drame, le film historique ou encore le documentaire.

Le Festival se déroulera en mai et juin 2026 dans une dizaine de villes, dont Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Cannes, Brest, Montargis, ainsi qu’en Outre-mer à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie.

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