Baz'art  : Des films, des livres...
24 mai 2012

Hugo Cabret : bien plus qu'un simple film pour enfants

2DDVDHUGOCABRETCommençons mon billet sur Hugo Cabret, le dernier film de Martin Scorsese, sorti à Noël dernier (et qui est sorti en DVD depuis le 14 avril, distribué par la Metropolitan Filmexport”) par un peu de science-fiction: imaginons par exemple qu'il soit sorti, non pas en décembre 2011, comme ce fût le cas, mais 10 ans plus tôt.

Auquel cas, il y a fort à parier que j'aurais un peu tiqué. En effet, Scorsese avait beau être à l'époque un de mes réalisateurs fétiches, comme nombre de cinéphiles, le fait que ce film soit vendu comme une oeuvre pour les enfants, avec comme personnage principal un gosse de 10 ans, m'aurait fortement chagriné.

En effet, ayant enfoui, pendant des années, mon âme d'enfant sous une quelconque étagère et ayant beaucoup de mal à remettre la main dessus, j'avais tendance à fuir à toutes jambes devant ce cinéma de genre, même signé par d'immenses cinéastes comme le maestro, auteurs d'une bonne demi douzaine de chefs d'oeuvre.

Heureusement, cet esprit m'est revenu comme par magie à l'arrivée de mon premier enfant, tant et si bien qu'avec mon loulou, j'ai, sans (trop) rechigner vu tout un tas de films pour la jeunesse, même ceux fait par d'obscurs tacherons (comment il s'appelle déjà le réal des Schtroumphs?).

Donc, forcément si un de ces films est signé  par Martin Scorsese en personne, je boude d'autant moins mon plaisir, et si je l'avais malheureusement raté en salles, j'ai réussi à rattraper mon retard grâce à Ciné trafic et l'opération "Un dvd contre une chronique". 

Et, très vite, je me suis aperçu de ma méprise, perceptible dès les premières minutes, avec un préambule qui constitue un tour de force pratiquement muet et en tous points grandiose dans cette gare de tous les possibles, qui ne peut laisser le spectacteur que béat d'admiration, qu'il est 7 ou 77 ans.

Car, sous des airs de conte pour enfant, Hugo Cabret est en fait et surtout un vibrant hommage au 7ème art.  Et en adaptant un hugo-cabretouvrage de Brian Selznik (dont le titre exact est L'invention d'Hugo Cabret") qui tisse son intrigue autour des origines  même du cinéma, Martin Scorsese montre, avec une maestria incroyable, et qui avait quelque peu disparu de ses précédents longs métrages, que rien n'est plus beau et plus magique que l'invention du cinématographe.

Et du coup, le film a passionné le grand enfant que je suis, bien plus que le petit, qui du haut, de ses même pas 6 ans, a semblé un peu dépassé par la complexité et la richesse du film et son intrigue à multiples tiroirs. Cependant, ayant visité le musée de l'institut Lumière avec le fiston quelques semaines auparvant, j'ai pu lui faire un parralèle entre les premières bobines des films exposés que je lui avais montré, et l'oeuvre de Georges Méliès, le père des effets spéciaux et des studios de cinéma, telle qu'elle est décrite à l'écran par Martin Magic Scorsese.

Car la quête d'Hugo, cet orphelin, qui débute avec un mystérieux automate (personnage qui donnera lieu à une scène absolument merveilleuse) légué par son père avant de mourir, le mènera sur les traces d’un des tous premiers grands cinéastes : George Meliès lui même, sensé avoir disparu pendant la grande guerre. Cette quête le mènera à de grandes rencontres (une autre oprheline ingénieuse et malicieuse), de grandes découvertes, mais  aussi beaucoup d'obstacles et d'ennmis, dont le premier est l'inspecteur central de la gare, dont le seul but dans la vie est d'envoyer Hugo à l’orphelinat.

hugoOn pourrait redouter un Martin Scorsese un peu emprunté avec ce genre qu'il n'a jamais cotoyé en 50 ans de carrière; Il n'en est rien car, comme il l'a dit dans toutes les interviews qu'il a donné, Hugo, c'est lui, lorsqu'il avait 10 ans et qu'il  assistait emervéillé aux chefs d'oeuvre du 7ème art qu'il voyait avec son père Scorsese voue un culte à Méliès, qui lui "ont fait naitre ce frisson lié à l'innovation et à la découverte."

Et devant cette évidence et cette volonté de lui rendre un hommage digne de ce nom, Scorsese trouve constamment le ton juste entre ce mélange de réalisme et d'onirisme (la course de Hugo pour remonter toutes les horloges de la gare, à travers des tunnels enfumés et des roues géantes en plein mouvement). Devant cette flamboyance visuelle hors du commun, le seul regret que j'ai  pu avoir fut ne pas avoir vu le film en 3D car il me semble que pour une fois, la 3D magnifie encore le film.

 Mais le film a encore bien d'autres atouts en poche, comme son casting, en tous points prestigieux, tous les acteurs les plus célèbres se battant pour joueur dans un Martin Scorsese, même des rôles mineurs (comme  , ou qui ont à peine deux scènes). Si l'immense Ben Kingsley trouve un rôle à sa mesure dans celui de Georges Mélies, la vraie surprise du casting est sans doute , dans un rôle à des années lumières de ses performances dans Borat ou  Ali G, celui d'un méchant détestant les enfants, mais capable de sentir son coeur battre la chamade pour la belle fleuriste (très belles scènes de flirt, douce et mélancolique).

Bref, avec ce film, Martin Scorsese prouve, qu'au lieu d'être une simple parenthèse enchantée dans son oeuvre, Hugo Cabret est une de ses oeuvres majeures, lui permettant de retrouver sa jeunesse et de déclarer de façon la plus éclatante qui soit son amour pour l'art à qui il doit tout, le cinéma!!!

 
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Commentaires
P
C'est marrant que tu parles de ce film car j'en parle aussi sur mon blog aujourd'hui, enfin plutôt cette nuit vu l'heure ! ^^<br /> <br /> Je vais te surprendre mais je n'ai pas aimé, je n'ai pas été happé par la magie, je suis restée sur le quai. J'ai aimé la relation entre les 2 gosses, les effets spéciaux sont magnifiques mais... je ne t'en dis pas plus, tu n'as qu'à venir lire mon blog ;) Comment je fais monter le suspense pour "t'obliger" à venir chez moi, j'y crois pas !<br /> <br /> <br /> <br /> Ceci étant dit, j'aime ta critique et ton enthousiasme :D<br /> <br /> Bonne nuit filou !
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F
@soma: des récompenses, pas tant que cela, mais une reconnaissance de ses pairs, si<br /> <br /> @anna: moi aussi mon spectisisme du début a vite été balayé!!!
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A
Très bonne critique.<br /> <br /> J'étais plutôt sceptique avant de le voir, mais c'est vraiment un excellent film !
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S
Il me semble que ce film a reçu pleins de récompenses... A rajouter sur la liste alors :)
Répondre
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

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 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

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Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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