Baz'art  : Des films, des livres...
8 novembre 2012

Six feet under : la série ultime?

six feet under"Six feet under m'a appris à pleurer".

Ainsi commence Six feet under, nos vies sans destin, le nouveau ouvrage de Tristan Garcia, écrivain et philosophe français (auteur notamment de La meilleure part des hommes), par cette phrase à laquelle je ne peux que totalement adhérer (et ce, même si, contrairement à Garcia, j'avais déjà déployé mes glandes lacrymales avant elle).

En effet, à mes yeux, cette série, fruit des géniaux studios HBO, est incontestablement située à des années lumières de toutes les autres existantes, la seule qui ait eu sur moi des résonnances insoupsonnées, et la seule qui m'a laissé l'impression, lorsque la série s'est achevée, de devoir abandonner une véritable famille.

J'ai vu cette série en DVD sur plusieurs années, de 2003 à 2006, je me souviens notamment avoir vu le tout dernier épisode, lacrimogène au possible, avec mes larmes coulant sur les joues de mon fils, alors nouveau né, que je berçais, tout en regardant mon écran de télé.

Et si cela fait plus de 6 ans maintenant que j'ai quitté à regret la famille FIsher, l'empreinte qu'elle a laissé sur moi n'a jamais complétement pu s'effacer.

Le mérite de l'immense réusite de la série en revient avant tout à Alan Ball, déjà scénariste de l'extraordinaire "American Beauty", nous régalant à nouveau par son intelligence, sa finesse et son imagination.

"Six Feet Under", c'est d'abord une réussite à fait ébouriffante et délectable, que ce soit dans les personnages, tellement différents qu'ultra-complémentaires, tous interprétés de sublime manière, un humour noir souvent dévastateur, des dialogues finement ciselés et une créativité hors pair que je n'ai jamais retrouvé depuis, ni dans la série, ni même dans le cinéma.

Ainsi, pour me replonger dans l'univers de cette série, j'ai pu lire, grâce aux éditions PUF (un grand merci à eux), l'essai de Tristan Garcia sur le sujet.

 Alternant portraits des personnages, analyse des épisodes les plus marquants et étude des grands thèmes explorés, le romancier livre une analyse  fine et captivante sur la série qui aura réussi, mieux qu’aucune autre sans doute, à raconter «nos vies sans destin».

L'ouvrage se décline en six "thèmes", : l'individu, la famille, le travail, l'amour et la sexualité, la mort, le sens de la vie. Et à travers  ces 6 pôles, Garçia, nous démontra qu'une des grande réussite de «Six Feet Under», c'est d'avoir fait de l’ordinaire quelque chose qui n’est absolument pas ennuyeux.

Et parallèlement, la série a réussi le tour de force de ne pas en avoir fait de leçon de morale ou un manifeste de coaching personnel sur un sujet qui aurait pu y prétendre. Par ailleurs, Garcia insiste sur la choralité de l'oeuvre, qui a réussi, plus que tout autre à traiter également tous les individus, même ceux en apparence plus dans leur recherche de singularité. J'adore les films choraux de Shorts Cuts à Magniolia, mais ici, les 56 épisodes de 52 minutes peut évidemment permettre de développer et de voir évoluer leurs personnalités, comme aucun long métrage de cinéma ne pourrait le faire, et toujours avec le souci constant de l'authenticité.

L'auteur va jusqu'à affirmer, et je suis totalement d'accord avec cette affirmation, que " si on se demandait un jour à quoi ressemblait la vie ordinaire des gens conscients au début du XXIe siècle, on pourra dire : voici, et montrer les cinq saisons de cette série".

Réussir à raconter la vie intime de gens qui a priori ne touche qu'une petite partie des gens et atteindre à ce point l'universel, c'est vraiment le grand tour de force de cette série que Tristan Garcia arrive formidablement à retranscrire dans son ouvrage qui a le grand mérite de mettre une trace dans une série définitivement moins populaire que Friends, les Soprano ou Lost, qui  a énormément compté, et continue toujours, de compter pour moi.

A noter que cet ouvrage est paru chez PUF le 5 septembre au sein de la nouvelle collection de l’éditeur universitaire dédiée aux séries.

Commentaires
F
@makadam : merci pour ton commentaire... ah oui ceux qui ont acceptés de rentrer dans l'histoire des Fisher n'en sont pas encore revenus...oui le livre est pas cher et vaut le coup...<br /> <br /> @luzycalor : ah oui j'avais vu pour Ozon, là dessus, on est vraiment à l'opposé...je ne connaissais pas ton amour pour la famille Fisher, voilà un bon point de concordance...l'ouvrage devrait assurément te plaire...
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L
Pas mieux, cette série est effectivement à des années lumières de toutes les autres séries existantes. Une pépite que j'ai dévorée super vite et je n'ai jamais depuis retrouvé le même enthousiasme devant une série. Faut que je me procure ce bouquin dis donc. Sinon pour Ozon, je partage pas ton avis ;)
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S
2ème article que je lis louant ce livre de la nouvelle collection PUF. Il va vraiment falloir que je l'achète !<br /> <br /> J'avais été ravie de la lecture du volume consacré aux "Experts" par le psychanalyste Gérard Wajcman, dans la même collection.
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M
j'ai les larmes aux yeux rien qu'en te lisant et en repensant à cette série. Je l'ai découverte grâce à une copine et on était un petit groupe de potes à être fan on avait même téléchargé la dernière saison en VO tellement on pouvait pas attendre qu'elle passe en France. C'est vrai que c'est une série qui ne laisse pas indifférent et qui laisse des traces aujourd'hui encore.<br /> <br /> Faut que je trouve ce bouquin pour me replonger dans l'univers des Fischer.
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C
Tu me donnes envie de les voir, j'en avais vaguement entendu parler, je ne savais même pas que c'était fini !
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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