Baz'art  : Des films, des livres...
22 février 2013

Parlez vous le Gabin??

84736100633400LAllez, en ce jour de fête du cinéma français, je vais vous parler d'un des acteurs de légende du french cinema, qui continue à bercer des générations de cinéphiles, même plusieurs décennies après sa mort.

Cet acteur, c'est l'immense Jean Gabin, à qui le journaliste Philippe Durant rend un vibrant hommage à travers un ouvrage original paru en novembre dernier aux Editions du Nouveau Monde, et qui s'appelle Le Petit Gabin illustré par l'exemple.

Philippe Durant est un journaliste spécialiste du cinéma français des années 60 70, et de lui j'avais déjà lu son nouvrage  sur les élephants du cinéma français dans lequel il nous racontait moults anecdotes du cinéma français de la grande époque, mais Gabin n'en faisait pas partie, Durant préférant nous réserver quelques semaines après un ouvrage complet sur le sujet

En fait, ce livre de Philippe Durant n'est pas une autobiographie qui  retrace la vie du célèbre Jean Gabin; le journaliste préférant mettre en exergue le vocabulaire riche, original, déroutant et amusant qui caractérisait l'acteur dans chacun de ses films.

Philippe Durant relève plus de 230 mots utilisés par Jean Gabin dans les 95 films qu’il a tournés. Sur des dialogues de Michel Audiard dans « Le cave se rebiffe » (« Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon ! ») ou de Jacques Prévert dans « Le jour se lèvre » (« Lui, il boit du lait quand les vaches ont mangé du raisin »).

Philippe Durant explique ainsi son projet : "Contrairement aux apparences, je n'ai pas fait un recueil de citations tirées de films ou d'interviews de Gabin. Je me suis efforcé de mettre en exergue certains mots, replacés dans leur contexte, qui m'ont paru originaux ou peu usités et de les expliquer. J'ai aussi sélectionné et expliqué des phrases dites par Gabin ayant une résonance dans sa propre vie. Au final, le livre compte 20% de répliques et 80% d'explications qui, je le confesse, sont souvent déclinées sur un ton loufoque."..

On voit dès lors dans cet ouvrage que Jean Gabin parlait dans ses films comme dans la vie.  Le bonhomme avait du coffre, pour ne pas dire de la gueule, aidé de ses auteurs favoris, Pascal Jardin et Michel Audiard qui n’est jamais loin lorsqu’il faut emprunter au parler de la rue. Et ce parler Gabin se l’était forgé dans les rues de Paname, les music-halls, les loges d’artistes. Personne n’échappait à la verve de Gabin, pas même Marlene Dietrich, son grand amour, pourtant habituée à ce que les autres s‘effacent devant elle. Excédé, il pouvait lui lancer –rapporté dans son livre sur Marlene par Louis Bozon : « La Pruskott, tu commences à m’emmerder » (2). Dernier avertissement avant l’avoine. Dans le parler populaire, l’avoine du cocher se donnait avec le fouet , histoire de faire avancer la bête. L’argot, nous dit Philippe Durant, en fit un verbe, synonyme de marron, de gnons, de baffes.

On s'aperçoit aussi que  Gabin pouvait très bien manier l'argot (qu'il avait découvert très jeune) ou un langage très châtié, dans la vie (dans ses interviews, par exemple) comme au cinéma (Les grandes familles, entre autres, ce qui en dit long sur le particularisme de ce comédien mythique.

Allez, juste pour la mise en bouche, je vous laisse avec quelques petites perles relevés dans le livre, et tirés des plus grands films du comédien,   : « T’as peut-être les idées larges mais t’as la tête trop petite. Alors tes idées elles se débinent de tous les côtés. » Le jour se lève

« Des godasses, un tesson de bouteille, un vieux peigne… Ah, il est bath le fond de la mer ! » Le Quai des brumes

« Quand je pense à la réputation que j’avais sur les cinq continents et tu me fais faire sept mille bornes pour me faire repasser par un cave. T’avoueras que c’est beau, non ? » Le cave se rebiffe

 Bref, si vous aimez les dialogues à la Audiard et les réparties les plus cinglantes et déjantées possible, ce livre est forcément pour vous!!

Commentaires
E
je crois que je vais l'ajouter à ma liste d'envies!
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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