Baz'art  : Des films, des livres...
6 mai 2013

Le noir (te) vous va si bien : un beau film sur un thème d'actu

noirSeconde chronique DVD du jour etencore autour d'un film français sorti en décembre dernier, et qui n'a malheureusement pas connu le succès public qu'il aurait mérité d'avoir.  Mais avant de parler du film, quelques mots sur son réalisateur, Jacques Bral,

Je ne sais si ce nom vous dit quelque chose, mais si non, laissez moi vous rafraichir la mémoire.

Il y a maintenant plus de 35 ans maintenant, un jeune cinéaste Jacques Bral  avait réalisé un film  Extérieur, nuit, avec  3 jeunes comédiens prometteurs de l'époque ( et qui tiendront ces belles promesses), Christine Boisson, Gérard Lanvin et André Dussollier, un film qui lancait un vrai pavé dans la mare du polar français grâce à  son ton, entre douceur et violence, sa sensualité, son coté crépusculaire et mélancolique  en imposaient vraiment et faisaient de ce film, longtemps introuvable en DVD une vraie film culte.

A l'époque, on pensait que Bral allait devenir un des cinéastes essentiels du cinéma français des décennies à venir, et malheureusement, ce n'est pas exactement ce qui se passa, Braal resta comme un éléctron libre du cinéma français, un peu en marge, qui ne tourna qu'une fois tous les dix ans, des films jamais  vraiment convaincants, comme Mauvais Garçon un polar un peu mou avec Bruno Wolkowitch, et Un printemps à Paris, un polar un peu... mou ( :o) avec Eddy Mitchell.

Mais malgré ces films un peu décevants,  Jacques Bral a  si peu tourné (7 films : le dernier date de 2006, le précédent de 1993) que l’annonce d’un nouveau long-métrage  de sa part  est de fait un petit évènement. Ce film, qui porte un titre étrange , c'est le noir (te ) vous va si bien ( titre étrange, et pas facile à prononcer à la caisse du cinéma, mais qu'on comprend dès les premières scènes du film), sorti en salles en décembre dernier, malheureusement très discrètement, et dont le DVD sort demain,  mardi  7 mai, édité par Thunder Films.

Ce film est d'autant plus un évenement que Bral abandonne le genre du polar pour nous emmener sur la voie plus risquée du drame de société, avec un sujet oh combien d'actualité  et périlleux sur l'intégration et le port du voile.

La jeune héroine du film, Cobra,  est pris en tenaille entre la tradition et le désir de s'évader qui prédomine, elle doit  lutter en permanence entre le conservatisme de son père, pétri de traditions et son envie de se dévoiler au propre comme au figuré.

Justement, la première scène de ce film montre Cobra, voilée sortant de chez elle, et allant se changer et enlever son voile. On découvre alors une femme superbe qui veut vivre sa vie.  Le voile devient aussi bien outil de transgression (du point de vue des parents de la jeune femme, d’ailleurs, ils ne semblent pas s’imaginer leur fille tête nue) que d’intégration, Anaïs ( la magnifique Elise Lhomeau, vue notamment chez Jean Paul Civeyrac), amie et collègue de Cobra, etant contrainte de l’endosser lors d’une visite au domicile familial.

Le sujet était risqué, et si le film est un peu sur le fil du rasoir, avec quelques maladresses, des scènes parfois à la lisère du ridicule, des changements de ton  pas toujours réussis, mais le film tient debout malgré tout et surtout, le grand mérite de ce film est de soulever  la problématique du patriarcat et le code de la famille  dans le monde musulman, sans l'asséner lourdement, et en y mettant beaucoup de nuances. 

Le scénario arrive à pointer du doigt l'intégrisme religieux en s'échappant subtilement dans les relations amoureuses et les errances sentimentales....

Mieux, le sujet est parfois avec un peu d'humour ( la scène des concombres) , un ton léger, et avec une vraie finesse de traits , et  des acteurs attachants et qui trouvent le ton juste,  sans porter  de ugement sur les choix de ses personnages, mais pointe avec férocité toutes leurs contradictions. Le cinéaste nous offre un conte lumineux et grave porté par de superbes jeunes acteurs, dont  Grégoire Leprince-Ringuet, déjà brillant chez Christophe Honoré et Bertrand Tavernier;  ou la découverte Julien Baumgartner, convaincant en jeune bourgeois dont l'amour de sa vie se refuse à lui.

Des acteurs que l'on retrouve pour des interwievs toujours interessantes présentes dans le bonus de ce DVD que j'avais très envie de mettre en avant pour souligner la necessité qu'un tel projet  cinématographique puisse exister.

Un grand meri à Blanche Aurore de l'agence MIAM pour la découverte!!!
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