Baz'art  : Des films, des livres...
26 juin 2014

Mr Selfridge, The fear : deux séries anglaises haut de gamme

 Cela fait quelques temps que je n'ai pas parlé séries sur ce blog - forcément je mets tellement plus de temps à en voir une qu'un long métrage classique, même quand c'est Nymphomaniac- et encore plus longtemps que je n'ai parlé de séries britanniques... je crois même que c'est une première, et  ayant complètement ignoré les Sherlock ou autres Broadchurch qui ont pourtant énormément fait parler d'elles récemment, il était temps que je fasse un petit focus sur ces excellentes séries british...

Et j'ai eu l'occasion d'en tester deux récemment qui nous prouvent effectivement la bonne vitalité de la série britannique...

Comme ce sont deux séries aux contenus et aux traitement radicalement différents, vous devriez y trouver votre compte pour au moins une des deux séries en question, enfin j'espère :

mr selfridge1. Mr Selfridge: du luxe à tous les étages!!

Quelques jours avant la sortie en DVD de la saison 1 de la série Mr Selfridge  le 27 mai dernier dans un coffret 3 DVD (une série diffusée en France sur la chaîne OCS Max), je vous avais déjà dit tout le bien que cette série m'inspirait de prime abord.

Librement inspirée du roman Shopping, seduction & Mr.Selfridge de Lindy Woodheard, autour du premier magasin de grand luxe existant à Londres au début du siècle dernier en 1909 exactement, cette série donne en effet à voir le Londres du début du XXime siècle à travers un personnage détonnant qui a vraiment existé et dont le magasin existe toujours à Londres sur Oxford Street.

L'américain Harry Gordon Selfridge lanca à cette époque le premier grand magasin dans le but de rendre le shopping aussi excitant que le sexe.  En véritable pionnier du secteur, il met un point d'honneur à offrir un lieu magique présentant toute une série d'articles de façon étonnante, inédite, amusante, voire excentrique. L'histoire vraie d'un visionnaire qui va se heurter au conservatisme britannique de l'époque, mais qui va braver l'impossible pour parvenir à ses fins.

  L’acteur Jeremy Piven (que j'avais vu en second role dans pas mal de petits films hollywoodiens mais qui visiblement a cartonné dans une autre série que je n'ai pas vu, «Entourage »)  est particulièrement à son aise dans la peau de Mr. Selfridge, personnalité extravagante ( si l'acteur donne l'impression d'en faire un peu trop, il est pile poil dans son rôle), à la fois sincère et machiavélique, charismatique en diable, tout à la fois passionnée et pétrie de contradictions.

Au milieu d'excellent comédiens britanniques plus ou moins experimentés (Frances O'Connor, Zoe Tapper, Aisling Loftus et Trystan Gravelle), la série accueille également l'acteur français Grégory Fitoussi, révélé dans la série Sous le soleil et qui est ici assez épatant dans le rôle de Monsieur Leclair, le designer à la charge des vitrines, mielleux mais pas forcément dupe de toute cette cour qui s'agite autour de son patron.

Bref, cette série constitue à mes yeux une belle réussite, malgré un certain classisisme qui pourrait rebuter mais qui s'inscrit ici dans la plus pure tradition britannique. 

Il faut dire que ce Mr. Selfridge bénéficie d’un decorum exceptionnel. Les décors y sont vraiment fastueux, la musique est plutot belle, l’image est particulièrement soignée,  on est dans le luxe, la brillance à tout va,et parfois ca fait du bien aux mirettes.

Autre atout, cette mini série ( ne saison dure 10 épisodes de 45 minutes, ce qui nous permet d'éviter disgressions inhérentes à pas mal de séries télévisées. Le scénario, un peu comme celui du Dowton Abbey, ne s'arrete pas qu'à l'étude des grands bourgoeois, car on s'attarde aussi assez longuement sur la vie moins enviable des employés plus modestes. Un autres des très bons points de la série est de nous présenter avec à chaque épisode ou presque, un guest prestigieux de l'époque ( l'aviateur Louis Bériot, Sir  Arthur Conan Doyle).

Bref, Mr. Selfridge  s'avère être une bonne surprise, captivante et divertissante, et je suis ravi de savoir qu' ITV a commandé une seconde saison de 10 épisodes à Andrew Davies, pour une saison 2 diffusée en début 2014 outre-Manche et dès cette semaine sur OCS max (par contre, ce n'est pas comme cela que je vais rattraper mon retard en chronique DVD, moi).

 2. The fear :  une (mini) série qui prend au tripes!!

fearEncore une production britannique, et encore une  incontestable réussite, même si là, on n'est pas du tout dans le même genre que Mr Selfridge. 

En effet, The Fear nous immerge en effet au cœur de la pègre du sud de l'Angleterre, avec une plongée terrifiante dans la démence criminelle,  libement mais intelligement inspirée du Roi Lear de Shakespeare, et notamment récompensé du BAFTA (British Academy of Fim and Television Arts) de la meilleure photographie.

Je parlais déjà d'une mini série pour "Mr Selfridge", mais là on est encore plus bas en terme de durée de la série, puisqu'on affaire à  4 épisodes de 52 minutes, mais cette durée semble idéale pour  donner ce sentiment d'être pris dans un étau, sans reprendre jamais ou presque son souflle.

On y suit pendant ces 4 heures de temps le fameux Richie Beckett, ancien patron du crime organisé, reconverti en entrepreneur, rêve de reconstruire West Pier, une zone abandonnée de la ville de Brighton. Lorsque la mafia albanaise s’installe dans le quartier, les fils de Richie, Cal et Matty, envisagent de profiter de leur réseau mais face aux méthodes de travail des nouveaux arrivants, ils sont vite désemparés. Pour protéger sa famille, Richie ne voit d'autre solution que de  reprendre du service ; mais le problème est qu'il doit dans le même temps  faire face à des absences répétées qui le plongent peu à peu dans une folie irréversible et dévastatrice.

Dans le rôle de ce patriarche en proie à des accès de folie de plus en plus prononcés et qui perd le contrôle de son ésprit en même temps que celui de sa cité, Peter Mullan offre une composition exceptionnelle, encore plus terrifiante que dans une série auquel on pense parfois, l'envoutant Top Of The lake de Jane Campion.

Comme dans les meilleurs films sur la mafia, de la trilogie des"Parrain" aux "affranchis" de Scorsese, on aime particulièrement suivre ces personnages puissants, a priori inébralanbles, jusqu'à ce qu'ils perdent d'un coup leurs grandeur et leur maitrise, et ce "The Fear" nous le rend parfaitement bien, en dépit d'une ou deux séquences  qui sentent un peu le déjà vu.

Malgré quelques réserves - sur les personnages secondaires, un peu trop stéréotypés, notamment les méchants albanais, sans nuance, "The Fear" frappe juste là ou il faut (direct à l'estomac en fait).

En effet, dotée d'une mise en scène particulièrement percutante et terriblement efficace, notamment dans ces scènes de folie meutrière qui font vraiment froid dans le dos, "The Fear" est une série saisissante, parfois terrifiante ( scène de tuerie du premier chapitre qui n'a rien à envier à celles des Parrain) et même parfois émouvante qui fait assurément l'effet d'un uppercut laissant difficilement le spectateur le soin de reprendre ses esprits..

Là encore, la série a été diffusé sur OCS Max qui prouve que décidement, j'ai eu bien fait de m'abonner à ces chaines, assez incontournables dans ce domainede la bonne série!!
Commentaires
C
J'avoue que pour moi aussi la première série m'a plus tenté que The Fear, je n'ai même pas regardé la série jusqu'à la fin.
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D
Bonjour Filou49, j'ai vu The Fear, sauf le dernier épisode (je l'ai en DVD): j'avoue que les problèmes de mémoire du personnage principal et la violence tout au long des 3 épisodes déjà visionnés m'ont moyennement emballée. La première série me tenterait plus. Bonne journée.
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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