Baz'art  : Des films, des livres...
17 novembre 2014

Une belle mais peu attachante Bande de filles

bande-de-filles-blogJuste une semaine après ma chronique du Saint Laurent de Bonello, voici ma seconde critique  consacrée à un film  qui est très sytilisé, très esthétique, mais dont le grand soin formel se fait une fois de plus au détriment de l'écriture, pas aussi singulière et interessante que le fond. Je veux parler de Bandes de filles, le film ultra stylisé sur la banlieue d'une jeune réalisatrice française chouchou de la critique, Céline Sciamma.

Car comme pour Saint Laurent, le film de Céline Sciamma  a été largement encensé par la critique institutionnelle, et même si je l'ai vu presque un mois avant sa sortie en salles (lors de la projection d'un film surprise du Ciné Brunch du Comoedia), j'en avais déjà pas mal entendu parler lors de sa projection à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, où il avait quand même enthousiasmé une grande majorité des festivaliers.

En fait, je me suis retrouvé avec le même problème non seulement qu'avec Saint Laurent, mais surtout qu'avec Tomboy, le précédent film de Céline Sciamma qui avait également énormément plu à la critique, et un peu moins à moi.

Comme  pour TomBoy, Céline Sciamma démontre dans son dernier long métrage un vrai talent de filmeur sur presque tous les plans, et cela se manifeste dès la première scène de football américain, stylisé et formidablement cadré qui fait penser au meilleur du cinéma américain.

Le film s'éloigne ainsi des carcans du naturalisme inhérent aux films de banlieue, avec une forme en totale inadéquation avec ce que l’on a l’habitude de voir pour ce type de long-métrage, par le biais d'une hyper stylisation très souvent réussie (on pense notamment à cette scène de danse sur Diamonds dont tout le monde a beaucoup parlé et qui effectivement est un vrai plaisir de spectateur).

Mais comme pour Tomboy, Bandes de filles s'avère être, à mes yeux tout du moins, plus comme un film de mise en scène que de scénario, et les belle qualités formelles et visuelles évidentes se font détriment d'un vrai scénario et de vrais personnages auxquels j'ai pu m'attacher. 

Le problème de Bandes de filles est que le scénario n'arrive jamais vraiment à s'affranchir des poncifs et stéréotypes des films de banlieue ( les grand frères violents et tyrans, le racket, les vols dans les supermarchés, les caids qui règnent sur le marché de la drogue), et contrairement à la Haine ou l'esquive, les deux films français de référence sur la banlieue ne propose pas de vision originale et audacieuse sur un thème que l'on (que j'ai en tout cas) beaucoup vu au cinéma tant on déjà vu ce type de portrait  d’une jeune banlieusarde qui n'arrive pas à s'affranchir du déterminisme social qui la façonne.

Le film préfère se foclaiser à des moments creux de déambulation dans la cité ou dans le métro, et oublie de creuser une véritable intrigue et de véritables personnages. A part l'héroine, à qui la débutante Karidja Touré lui offre son incroyable de douceur et de détermination, le reste des personnages qui l'entoure n'existe pas vraiment et reste de simples marionnettes au service d'une intrigue qui fait du surplace.

Bref, malgré ses indéniables qualités, "Bande de filles" ne restera pas dans mes films préférés de l'année et déçoit même un brin, car on aurait vraiment espéré que le parti pris de réalisation de Céline Sciamma nous amène sur des chemins de récit moins balisés et plus étonnants.

 BANDE DE FILLES Bande Annonce Teaser (2014) HD

 

Commentaires
P
Je viens ajouter mon grain de sel (de sable ?) pour défendre le film de Sciamma que j'ai trouvé très bon. J'ai pourtant dû faire fi de mon irritation naturelle lorsque j'entends le langage de la cité, composante hélas nécessaire pour faire adhérer l'histoire à son milieu. C'est peut-être ce cliché qui vous as gêné, et pourtant, comme l'écrit un commentateur précédent, il est fort difficile de se raccrocher à un genre (si tant est que le "film de cité" soit un genre en soi) sans y faire figurer quelques motifs incontournables : un western sans saloon, sans désert, sans chevaux, sans arme et sans frontière est-il encore un western ? (qu'on aime le genre ou pas). Quant à l'ériture, je trouve au contraire qu'elle permet au personnage d'évoluer. Là encore, Céline Sciamma fait le choix de se focaliser sur un seul, plutôt que sur la bande du titre. Elle réduit le point de vue pour garder de la cohérence, pour mieux montrer son évolution. Enfin la réalisation est, comme vous l'avez précisé, très réussie... Allez, si je dois faire la fine bouche, peut-être un peu trop stylisée (moins que chez Kassovitz ceci-dit)
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C
Elle essaie de faire de l esthétisme mais pour moi çà ne fonctionne pas. Et puis les gros blancs (enfin les grands noirs) pour couper le rythme du film m'ont profondément dérangé! En bref, une vraie déception pour un film dont la BA semblait prometteuse!
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A
Je n'en ai pas spécialement lu du bien, et la bande annonce m'a faite fuir. Je continue à passer mon chemin sans regret !
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G
C'est drôle, moi c'est justement le scénario vraiment centré sur l'évolution du personnage principal que j'ai adoré. J'ai trouvé le scénario extrêmement bien construit, comme rarement dans le cinéma français, et le parcours de cette jeune fille très touchant. Et je ne trouve pas que les personnages soient stéréotypés. Au contraire, Céline Sciamma nous en montre de multiples facettes, et ils sont tour à tour attachants et énervants. Après, que l'on passe par des scènes classiques du film de banlieue, ça ne me dérange pas. Après tout, qui se plaint de retrouver dans le Parrain les poncifs du film de gangsters ou dans un western une scène de duel?
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T
Comme tu l'as peut-être vu sur mon blog, j'ai détesté ce film. Certes, Sciamma a du talent mais à force d'esthétiser son film, elle passe complètement à côté de son sujet. Comme tu le dis, le film ne s'intéresse qu'à un seul personnage et il y a trop de stéréotypes. De plus, je me suis vraiment emmerdée, le film tire trop en longueurs - alors que les deux autres films de Sciamma sont courts.
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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