Baz'art  : Des films, des livres...
16 novembre 2014

Pôle emploi, ne quittez pas : allô maman (pas de) boulot...

 pole emploi

En à peine quelques jours de temps, un peu par hasard, j’ai eu l’occasion de voir plusieurs documentaires français récents  prenant le pouls de la société, dans plusieurs domaines que ce soient.

Après Steak (R)évolution, qui tentait de réhabiliter le travail des professionnels de l’agro alimentaire un peu décrié dernièrement, Pole emploi ne quittez pas, qui sort en salles mercredi prochain, tente d’aller sonder du coté d’une institution particulièrement mise à mal également par l’opinion publique, à savoir Pole Emploi.

 En 2013, en France, alors qu’un actif sur six est sans emploi et le taux de chômage n’a jamais été aussi élevé depuis quinze ans, l’organisme chargé d’indemniser les chômeurs et de les accompagner à la recherche d’un poste a vu son  fonctionnement et son organisation particulièrement remis en question.

Sans rentrer dans les détails, je dois vous avouer que j'ai connu ce problème plus ou moins directement lorsque je travaillais il y a quelques années auprès de personnes en voie de réinsertion, mais depuis que je me suis éloigné professionnellement de ce milieu, j’ai pu me rendre compte en visionnant le documentaire de Nora Philippe à quel point la situation ne s’est pas arrangée, et s’est même empirée.

On saura gré à Nora Philippe de proposer avec ce documentaire une plongée inédite dans le travail d'une administration que le cinéma documentaire avait peu visité jusqu’à présent, contrairement à d’autres institutions telles que les écoles, les hôpitaux ou les tribunaux.

En posant sa caméra (avec une équipe très légère composés de 3 personnes, elle comprise) dans une  l'antenne de  Pôle emploi de Livry-Gargan, une commune plutôt  tranquille de Seine-Saint-Denis, Nora Philippe choisit d’écarter le sensationnalisme cher aux documentaires dont la télévision est si friande (et moi, beaucoup moins).

Ici, pas (ou peu) de clash, de cris d’usagers floutés qu’on voit frauder ou faire un scandale, mais une plongée subtile et sensible dans le quotidien d’une institution qui dysfonctionne, à travers le travail de ses agents.

On voit dans le documentaire de Nora Philippe  à quel point les conseillers  de Pôle emploi subissent de plein fouet l’absurdité du système coincés  entre les exigences, souvent totalement contradictoires  et incompatibles des demandeurs d’emploi et de leur hiérarchie. L’obligation de résultat que celle-ci leur demande ne prend hélas que très rarement en compte le parcours individuel de l’usager, l’important étant avant tout de faire du chiffre.  Très proche du quotidien des conseillers, le film offre plusieurs séquences fortes (comme celle de la lecture des courrier decontestations de lettres de radiation) et qui  surtout, ne sont jamais sacrifiées sous l’autel du reportage spectacle.

Mais cela n'empêche pas au  film de Nora Philippe de ne rien nous cacher du malaise que ressentent les agents de l’institution, confrontés à diverses absurdités du système et de cette fameuse bureaucratie chère au sociologue  Michel Crozier, à savoir « une organisation qui n’arrive pas à se corriger en fonction de ses erreurs ».

"Pôle emploi ne quittez pas" montre parfaitement à quel point les tâches bureaucratiques à Pôle emploi  sont chronophages pour les agents  et que les premiers à en faire les frais sont évidemment les demandeurs d’emploi, mais donne la parole parfois aussi à la direction, afin d’éviter tout manichéisme et parti pris (ce qui n’a pas empêché la direction de Pôle emploi, se sentant trahi par la cinéaste  de s’opposer à la diffusion du film).

Une réalité que j’avais touché du doigt les années pendant lesquelles j’ai travaillé dans ce domaine, mais que Nora Philippe parvient parfaitement à appréhender, tout en ayant le souci de la pédagogie (on notera la quasi absence de jargon incompréhensible pour le profane, alors que le corps  social en est truffé).

Alors même si je peux comprendre qu’on n’ait pas forcément envie d’aller au cinéma voir une réalité qui nous angoisse et devant laquelle on se sente impuissant, il est important que ce cinéma là puisse exister et puisse faire réfléchir tous les acteurs concernés de près ou de loin (et ils sont nombreux) par ce dysfonctionnement et ses conséquences plus que néfastes sur la société française.

Bande annonce Pôle Emploi Ne quittez pas

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

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Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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