Baz'art  : Des films, des livres...
13 janvier 2015

Des nouveaux sauvages de très bonne compagnie!!

 LES NOUVEAUX SAUVAGES PHOTO5Lors de mon compte rendu du dernier Festival Lumière, je vous disais que même si ce festival est là pour promouvoir le patrimoine du cinéma,  Thierry Frémeaux,  chaque année, continue de présenter aux festivaliers deux ou trois avant premières de films programmés quelques mois avant sur la croisette, tant que ceux ci possèdent une connexion avec la programmation du Festival.

C'est ainsi que j'ai eu la chance de voir plusieurs mois avant leurs  sortie le très attendu "The Search" – en présence de Michel Hazanavicius et Bérénice Bejo – et "Les Nouveaux Sauvages" en séances spéciales, tous les deux présentés en sélection en Compétition Officielle du Festival de Cannes.

Si je vous avais promis de parler de "The Search" avant sa sortie, je n'ai pas tenu ma promesse (ouf, personne ne semble m'en avoir tenu rigueur :o), cette promesse est complètement tombée à l'eau, tant l'actu était surchargée à l'époque de sa sortie, le 26 novembre dernier, et puis il faut dire que ce film n'a pas soulevé chez moi un enthousiasme débordant, mais je me rattraperais certainement  soit très prochainement, soit à l'approche de sa sortie en DVD.

En revanche, pour le second film vu à cette occasion, je tiens absolument à vous en parler avant sa sortie en salles, ce mercredi qui vient tant les "Nouveaux sauvages" nous a enthousiasmé, Michel et moi (j'avais réussi à le trainer avec moi lors de ce dernier Festival, lui qui a tendance à un peu raler dès qu'il y a un peu de monde).

  "Les Nouveaux Sauvages", de l'argentin Damián Szifron,  était présenté à cette occasion dans le cadre de l'hommage rendu au prix Lumière. En effet  Pedro Almodóvar est parfois producteur de  film et c'est le cas avec ces Nouveaux Sauvages, et ce n'est pas très étonnant lorsqu'on voit le film en question qui ressemble pas mal aux premiers films du réalisateur de la Movida, dans son côté méchant, mal élevé et fortement jouissif.

Thierry Frémaux, lors de cette présentation  nous avait vendu le film comme celui qui a provoqué le plus de rires dans la compétition du Festival de Cannes,  et il était tellement emballé par le long métrage qu'il s'était promis de rembourser tous ceux qui n'aimaient pas le film (bon comme j'avais été invité, je ne pense pas que cela s'adressait à moi). 

Et Frémeaux avait insisté sur le coté complètement barré de ce  Relatos Salvajes ( le titre original du film), qui selon lui, "mettait en scène des situations à la fois complètement folles et ubuesques, mais que tout un chacun a pu vivre à un moment ou à un autre de sa vie",  des instants qui illustrent parfaitement cette fameuse phrase de Hobbes: «L'homme est un loup pour l'homme». Et dans chacune des histoires inventées par Sfizron, on redécouvre cette sensation de frustration,  de cette moutarde qui monte au nez devant les inanités de nos contemporains, celle qui nous met parfois dans les rages les plus folles, même les plus paisibles d'entre nous.

Car si "Les Nouveaux sauvages" est un un film à sketchs et que le genre est souvent peu réussi, l'accumulation de saynètes ayant tendance à rendre l'ensemble peu cohérent et trop superficiel, ce film est incontestablement un des meilleurs fleuron du genre, dans la droite lignée  des Nouveaux Monstres de Dino Risi, qui partageait avec ce film un même gout pour les personnages affreux sales et méchants.

Le cinéaste argentin s’amuse à filmer la bêtise humaine, l’absurde, en recourant à l’humour trash ravageur, forcément noir et politiquement incorrect. Quel talent du cinéaste de prendre de court nos attentes de spectateur, en créant des situations improbables, dans lesquelles les personnages révélent  leur part animale, voire meurtrière, là où la situation initiale ne s’y prêtait guère.

Car ces Nouveaux sauvages nous propose des "histoires de pétages de plombs" à un rythme infernal et sans aucune baisse de régime. Divisé en six court-métrages à la narration parfaitement maîtrisée, Relatos Salvajes fait dérailler six situations initiales de manière complètement délirante, et même si les trois premières histoires sont peut-être très légèrement plus fortes encore que les dernières, celles ci restent de très belle tenue et rendent la vision de ces "Nouveaux Sauvages" particulièrement jouissives et surtout toujours extrêmement drôles.

Je ne dévoilerai pas le contenu de ces histoires, pour ne pas déflorer la surprise  de ces saynètes souvent vraiment inattendues, mais sachez que la toute première  est absolument géniale et donne d'emblée le ton de ce film qui ose tout.

 Gros coup de coeur aussi pour le troisième  épisode part d’un petit accrochage sur une route perdue dans les montagnes. Le chauffeur d’une limousine noire insulte le conducteur d’une petite voiture délabrée qui lui a barré la route. Suit alors un enchainement de violences d’une barbarie totale, mais tellement drôle que même des coups et l’étranglement déclenchent l’hilarité.

Ce qui est certain, c'est que Les sketches ont  un point  commun, celui d’être tous aboutis, réfléchis, basés sur une science du détail et du dialogue d’une maitrise et d'une acuité remarquables.

Bref, un film vraiment jubilatoire et joussif que je ne saurais recommander que très chaleureusement pour très bien commencer l'année, et ainsi se défouler par écran interposé comme les petites ou grandes contrariétés qui ont envahi notre début d'année.

Bande-annonce : Les Nouveaux Sauvages - VO

Commentaires
P
Tu le vends très bien celui-là :) La bande-annonce donne envie aussi. Ah là là ! J'espère qu'il va sortir dans ma cambrousse ;)
Répondre
A
La bande annonce m'a donné très envie de le voir. Ton article me conforte, il sera dans ma liste des films à voir en espérant pouvoir le caser dans mon emploi du temps du week end, avec le dernier Jean Marc Vallée.
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 367 386
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
171 abonnés