Baz'art  : Des films, des livres...
9 novembre 2015

Des anarchistes qui dépoussièrent magnifiquement le film historique!!

 

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 Trois ans après avoir réalisé  un premier long métrage "Alyah" que j’avais jugé enthousiasmant (mais qu’on était quand même assez peu à aller voir en salles), le second film du réalisateur Elie Wajeman, présenté en Ouverture de la semaine de la critique cette année à Cannes et qui sort ce mercredi  11 novembre dans les salles françaises était très attendu, du moins par moi tant j'avais très fortement envie qu'il concrétise toutes ses belles promesses de son coup d'essai.

Du coup, quand j’ai eu la possibilité d’assister il y a quinze jours à son avant première lyonnaise au cinéma le Comoedia, (mon cinéma de chevet dois je vous le rappeler), je n’ai pas laissé l’occasion et je n’ai pas été déçu tant le film m’a autant, sinon plus, emballé que son premier.

Et pourtant j'avais quelques craintes: comme " les Anarchistes" se déroule en 1900 , dans le microcosme de ces anarchistes juste après la commune de Paris, j’avais,  je dois l'avouer,  un peu peur de voir un film très académique, un peu corseté comme un certain nombre de films historiques français.

Or, dès le début du film, on est rassurés sur ce point, tant on est épaté par l'intensité et la fièvre et la modernité qui émane du film...

Disons le de façon évidente : ces anarchistes dépoussièrent en effet le film historique de fort belle manière, en  fusionnant très habilement cinéma de genre et film historique.

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 Le souci premier d’Elie Wajeman est de faire fusionner  film de genre et film d'époque,  et traite de ce courant historique mal connu comme un prétexte à un récit d'infiltrés, un genre dont il est visiblement fan  (il cite volontiers "Donnie Brasco" de Mike Newell et le moins connu THE MOLLY MAGUIRES, de Martin Ritt, avec Sean Connery ) un genre que j'adore aussi, et que le cinéma français avait très peu usité.

Etrangement,  lors du débat d’après film qui a eu lieu ce soir là au Comoedia, j’ai eu le sentiment que les spectateurs bloquaient plus sur l’idéologie du film au détriment de l'aspect filmique,  (il ya eu toute une réflexion idéologique de savoir s'il reste des anarchistes sur Lyon  qui m’a semblé un peu hors de propos), alors que le film est avant tout un vrai tour de force cinématographique.

A la vision du film, il semble évident que l’histoire d’infiltré et l’immersion d’un personnage dans un milieu qui lui est totalement étranger passionne plus Wajeman que les fondements idéologiques de ces anarchistes.

"Les anarchistes" frappe par sa modernité évidente qui insuffle l’œuvre dans tous ses pores, aussi bien sur la forme que d'abord sur le fond, puisque les anarchistes individualistes auxquels le film s’intéresse, développent un courant de pensée particulièrement novateur pour l’époque : un courant qui  estime être d’abord  composé ds sujets avant d’être des éléments de la société et qui  privilégient la personne, l’intime.

Les-anarchistes_10-ponchel_anarchistesMais la modernité du film se ressent aussi énormément de par le jeu des acteurs, et notamment son couple vedette, dont le phrasé et le jeu  sans cesse en mouvement sonnent résolument contemporain et qu’on n’imaginait pas forcément à première vue dans un film d’époque.

A ce titre, le choix du cinéaste de prendre Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos est un pari casse gueule sur le papier mais parfaitement réussi tant le duo fonctionne parfaitement ensemble et offre de vrais et beaux moments de grâce.

Le film est d’ailleurs très réussi par la force que dégage l’ensemble du groupe, et cela est énormément lié à la très grande justesse de l'ensemble du casting, Rahim et Exarchopoulos évidemment, mais aussi Guillaume Gouix , la révélation Swann Arlaud qu'on a jamais vu aussi épatant, ou Cédric Khan ( certes un peu en deça de sa prestation enfiévrée dans Alyah)  mais aussi  des acteurs moins connus comme Karim Leklou et Sarah Le Picard…On sent très vite l’alchimie qui s’opère entre tous leurs membres  et leurs complémentarités évidentes qui rendent ce film choral parfaitement juste et passionnant à suivre.

 Mais bien qu’étant formellement très maitrisé, Les anarchistes touche aussi dans le mille grâce à sa partie documentaire  vraiment impressionnante.

anarchistes

Le cinéaste a visiblement, d’après ce qu’il a affirmé lors du débat,  eu accès à de nombreux rapports de police sur ces infiltrès qui ont intégré des cellules d’anarchistes à l’époque où a été situé le film… et les informations qu’il a pu collecter  ont ainsi pu s’intégrer à l’écriture du récit.

Bien que vivant dans des époques totalement éloignées, on pourra cependant noter qu"Alex et Jean, les deux personnages principaux de ses deux premiers films en sont  en quelque sorte des cousins éloignés…Tous deux semblent en effet  intiment divisés entre leurs  sens du devoir et leurs désirs profond et vont peu à peu apprendre à se révéler à eux même.

Mais s’il subsiste  points communs entre ses deux films,  dans l’écriture des personnages ou même dans la mise en scène, avec une volonté de toujours être en mouvement avec les personnages et les comédiens, "Alyah" et les anarchistes restent des films vraiment différents l’un de l’autre et on ne peut qu’être bluffé par cette volonté d’Elie Wajeman de surtout éviter la redite…

Et l'on attendra donc avec grande impatience son prochain long métrage pour voir s’il parvient toujours  à explorer des voies divergentes, avec, à l'esprit, cette même préoccupation de toujours se renouveler ? 

Bande-annonce : Les Anarchistes

Et cette chronique est ma première participation à la nouvelle édition du  Ciné Club Potzina consacré au film d'histoire !!

 

Commentaires
G
Ouh, ça m'a l'air plutôt sympa. D'abord, le casting fait très envie de prime abord, et puis bon, c'est une période quand même passionnante abordée là! Il faut que je me dégage un peu de temps pour y aller (parce que le Comoedia, ils sont sympas, mais à force de passer des films qu'on a envie de voir et des rétrospectives alléchantes du type Kurosawa, il va falloir que je m'installe au-dessus)
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B
oh tu me connais je suis souvent hyper emballé- même si je vais bientot ne plus l'etre dans mes chroniques à venir :o)- oui sans doute que le film est autant sinon + une love story qu'une chronique politique et je pense que c'est ca aussi qui a du autant me plaire, on ne se refait pas :o)... j'ai trouvé Adèle vraiment excellente dans un rôle si éloignée du Kechiche mais là encore tout le monde ne partage pas cet avis..oui les gens sont très très tièdes avec ce film je l'ai amèrement constaté lors de mon AP..les gens sont des grincheux :o) bonne soirée chère potz!!
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P
Tu es hyper emballé ! La bande-annonce ne m'a pas tapée dans l'œil mais j'ai quand même lu les premiers billets de ceux qui l'avaient vu en AVP et ils étaient dans la majorité assez tièdes. Il semblerait que le film soit plus un film d'amour qu'une réflexion politique. Tu confirmes ?<br /> <br /> Ceci dit je le verrai peut-être ne serait-ce que pour Adèle parce que ça la change de La Vie d'Adèle et que j'aimerais voir si elle est aussi douée que je le pense :)<br /> <br /> Merci pour cette belle participation filou !
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A
Il ne me tente pas tellement dans le sujet. Mais le casting et ta critique pourraient me donner envie de le voir. Après avoir joué l'amoureux de Léa, voici Rahim amoureux d'Adèle ... Je suis curieuse :)
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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