Baz'art  : Des films, des livres...
9 septembre 2016

Le fils de Jean : on l'adopte sans l'ombre d'une hésitation!

 

fils

Indéniablement, toutes celles et tous ceux qui ont aimé Je vais bien, ne t’en fais pas, Welcome ou Toutes nos envies de Philippe Lioret, ont reconnu sans peine la patte du réalisateur dans son dernier film, Le fils de Jean, qui est sorti en salles le 31 août dernier.

Un film qui connait un très beau bouche à oreilles, et que j'avais eu la chance de voir quelques jours avant en avant première.

En effet,  tous les précédents films du réalisateur Philippe Lioret, ancien ingénieur du son devenu réalisateur en 1993 avec le déjà très bon "Tombé du ciel", sont empreints d'une belle sensibilité et une belle humanité, et d'une grande tendresse.

Si le long métrage de Philippe Lioret  qui a le plus d'affinités avec "Le fils de Jean" est sans doute "Je vais bien ne t’en fais pas", un autre drame familial construit autour d’énigme et de révélation finale, Lioret tente ici un film plus solaire, plus apaisé, malgré les non dits et les tensions sous jacentes.. 

C’est le roman "Si ce livre pouvait me rapprocher de toi" de Jean-Paul Dubois, que Philippe Lioret a lu il y a longtemps, qui lui a fourni l’inspiration nécessaire au Fils de Jean. Après Welcome et Toutes nos envies, le metteur en scène souhaitait réaliser un long métrage plus solaire que ses précédents, et le livre lui en a inspiré le point de départ, à savoir celui d’un homme  joué par Pierre Deladonchamps la révélation de l'Inconnu du Lac -qui découvre qu’il a deux frères inconnus et veut les rencontrer.

On rentre d'abord doucement puis de plein pied dans cette histoire de filiation et de -non- transmission,  comme souvent chez Lioret et chez Jean-Paul Dubois, un auteur  totalement  obsédé par ce thème comme le montre son dernier livre, "La succession", qui vient de paraître  pendant cette rentrée littéraire, et dont on reparle prochainement .

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 Le réalisateur a cependant pris ses distances avec le matériau originel, en en faisant une oeuvre qui lui appartient  tout à fait,  dans cette veine sensible et pudique et bouleversante qui ressemble tant à son cinéma, pour un récit empreint de mystère, de non-dits, et de rencontres inattendues et parfois inespérées.

Lioret possède ce talent rare de trousser des récit dans lesquels l'émotion est toujours présente sans pour autant verser dans le larmoyant ou le pathos. mais avec suffisamment d'émotion pour ne pas paraitre trop froid ou minimaliste comme c'est parfois le cas dans le cinéma français.  

Le grand atout de Lioret qui nous saute littérallement aux yeux, c'est cet art de trouver le juste tempo, ce moment précis où une scène doit commencer et celui ou elle doit se terminer pour que l'émotion nous ceuille sans crier gare et sans nous prendre en otage..

 On aime tant cette douceur avec laquelle le cinéaste  filme  cette quête identitaire, et ses personnages sans jamais les juger, jusque dans leurs fêlures et dans leurs (re)quêtes plus ou moins improbables.

Difficile des lors de ne mettre en avant l'excellent travail de la monteuse du film  Andréa Sedlackova, tant on est épaté par ce bon dosage et timing aux petits oignons, ,dans le fils de Jean, pas une scène de trop et c’est plutôt rare pour être souligné.

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A partir de ce schéma de départ, on va progresser avec beaucoup de finesse et d'intelligence dans l'évolution de la relation entre Mathieu et Pierre; et il faut dire que ces personnages sont servis par de magnifiques acteurs.  

Pierre Deladonchamps et Gabriel Arcand forment un sensationnel duo, sobre mais qui parvient à nous émouvoir avec trois fois rien, simplement par la sincérité de leur jeu, sans jamais en faire trop.

Découvert au cinéma avec Le  puissant démantèlement de Sebastien Pilote,  le grand comédien de théâtre québécois Gabriel Arcand  emporte la mise. Il faut dire qu'il est absolument prodigieux, tant son personnage, d'abord dur et bourru, va dévoiler peu à peu ses failles dans un final déchirant qui clot de fort belle façon un film à la fois populaire et exigeant, bref un de ces excellents films d'une rentrée de septembre particulièrement chargée. 

Bande annonce "Le fils de Jean"

Commentaires
A
Mince alors, j'ai amé Je vais bien, ne t’en fais pas et, Welcome, mais là, la bande annonce ne me dit rien du tout. Pourtant, je vois de bons avis.
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