Baz'art  : Des films, des livres...
10 novembre 2016

Cinq poches à dévorer pour cet automne ...

   Après les BD et les polars, on continue notre revue de lectures  à conseiller pour cet automne avec plusieurs romans ou essais différents qui viennent de paraitre en poche :

 1. Angel Baby, Richard Lange ( 10/18)

angel baby« Luz guide le chauffeur dans le dédale de rues étroites, passe devant la petite épicerie où elle achetait des chips et du soda avec les piécettes mendiées auprès des touristes de l’Avenida Révolution, devant l’école aux vitres cassées et au terrain de basket fissuré, devant le coin où les filles du quartier l’accablaient de moqueries à cause de ses vêtements miteux et de ses pieds nus. Elle frissonne  en revoyant tout cela, tout ce qu’elle a fui. Taurinas : bêtise, laideur et crasse. Sa haine pour ce quartier n’a pas faibli. »

 La vie de Luz a vraiment mal commencée, fille de prostituée, enceinte et veuve à la sortie de l’adolescence, elle laisse sa fille en nourrice à Los Angeles pour tenter sa chance à Tijuana. Mauvais choix, personne n’a de chance à Tijuana et épouser Rolando, le plus dangereux narcotrafiquant de la région, était encore une mauvaise idée. Alors elle fuit Luz, elle veut retrouver sa liberté et sa fille qui dans quelques jours fêtera ses quatre ans. Poursuivi par El Apache l’homme de main du mari bafoué, et par un flic aux frontière pourri jusqu’à la moelle,  Luz trouvera un allié en Malone, américain déglingué qui transporte des clandestins mexicains dans le coffre de sa voiture pour quelques dollars. Mais pourquoi Malone est-il si bienveillant ?

 Chaleur et poussière pour cette tragédie à cinq personnages, Luz va, au fil des pages, de Charybde en Scylla, n’oublions pas, Luz n’a jamais eu de chance. « Road novel » moite, cru, violent et aveuglant comme le soleil de Californie, Richard Lange nous décrit la vraie vie des laissés pour compte qui se débattent à l’ombre du rêve californien. Il livre un polar Hispano-trash  qui rappelle John Fante ou Dashiell Hammett, à déguster cul-sec comme une Téquila Rapido. 

Autrement dit, voilà un polar sans génie, mais éninément sympathique, rapide très agréable à lire parce que ça va vite, très vite...

En plus le livre vient d’être acheté par Hollywood et Richard Lange en écrit  actuellement le scénario.. affaires à suivre...

  2. ENON Paul Harding (10 /18)

enon

"J’aimais les histoires policières, les histoires d’épouvante, les livres d’histoire, les livres d’art, de science, de musique, tout. Et plus l’ouvrage était volumineux, plus il me plaisait ; je recherchais délibérément les romans les plus épais, pour le plaisir de m’attarder le plus longtemps possible dans d’autres univers et dans la vie d’autres personnages."

Un couple perd sa fille unique, écrasée par une voiture.  Comme c'est malheureusement souvent le cas, le couple se délite.  La femme part,  l'homme ne la retient pas.  C''est alors la descente aux enfers pour le père, Charlie,  qui tombe dans la drogue et l'alcool,  qui le pousse jusqu'à s'introduire chez ses voisins pour leur voler leurs médicaments.

Malgré le sujet tristeent banal, on lit ce livre d'un bout à l'autre.  L'intéret tient à la ville d'Enon, lieu du récit,  et des descriptions émouvantes du bonheur passé.  Charlie arrive t-il à s'en sortir ?  Et comment ?  Nous le saurons dans le dernier chapitre, pour cela on va jusqu'au bout

Après les Foudroyés (prix Pulitzer 2010), Paul Harding signe un roman incandescent  vibrant d'émotions et d'une infirme cruauté,comme la vie..

3. Mon père, le commandant - Jean-Michel Cousteau ( Archipoche)

 pere commandant

"Pour mon père, le mérou serait le bon élève de l'océan. Il n'hésiterait pas à avancer avec le plus grand sérieux : il s'interesse sincèrement à notre espèce, vient nous regarder de très près avec de bons grands yeux attendrissants. En écrivant ces mots aujourd'hui, un bon demi siècle plus tard- je préfère ne pas faire le compte exact- je continue de constater l'infuence que notre père eut sur nous"

Pour fêter la sortie de ”L’Odyssée” de Jérôme Salle le 12 octobre, les éditions Archipoche font  découvrir une réédition  réactualisée du portrait livré par Jean-Michel Cousteau sur son père. 

Récit intimiste et sans concession  écrit par l’un des fils du commandant Cousteau, ce  pionnier de la plongée sous-marine, avec l’aide d’Emile Gagnan, ingénieur, il est à l’origine de l’autonomie dont disposent les plongeurs actuels.

Un livre passionnant qui rn'occulte pas le coté plus sombre et peu avenant de cette homme brillant . Derrière cet homme que nous avons suivi lors de ses nombreuses épopées, à bord de la Calypso, se cachait un père exigeant et dont l'égoïsme était particulièrement prégnant. Contrairement à l'Odysée plus hagiographique, ce livre n'lude rien des défauts de ce commandant mais n'oublie pas de dire aussi  à quel point cet homme marqua son siècle dans le domaine de l'océanographie.

4. Le Royaume; Emmanuel Carrère( Folio)

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« Résumons : c’est l’histoire d’un guérisseur rural qui pratique des exorcismes et qu’on prend pour un sorcier. Il parle avec le diable, dans le désert. Sa famille voudrait le faire enfermer. Il s’entoure d’une bande de bras cassés qu’il terrifie par des prédictions aussi sinistres qu’énigmatiques et qui prennent tous la fuite quand il est arrêté. Son aventure qui a durée moins de trois ans, se termine par un procès à la sauvette et une exécution sordide, dans le découragement, l’abandon et l’effroi. » Deux mille ans plus tard on en parle encore.

Emmanuel Carrère utilise une nouvelle fois son héros de roman préféré, lui-même, pour nous raconter les débuts du christianisme. C’est en conteur, en historien, mais surtout en enquêteur méticuleux et scrupuleux qu’il marche sur les traces de Paul (celui du chemin de Damas…) et sur ceux de Luc qu’il considère comme le premier romancier. Carrère parle de lui, de sa crise de foi, il y a vingt ans il s’est cru chrétien et durant trois  années, il fut un vrai bigot. Sa foi s’est envolée comme elle était venue, seule est resté la question : pourquoi deux mille ans plus tard on en parle encore ?

Sous la plume de Carrère les lettres de Paul et l’évangile de Luc deviennent de précieux documents historiques sur la vie des premières communautés chrétiennes et sur la vie quotidienne autour de la Méditerranée que Paul et Luc en bons prosélytes ont parcourue sans cesse dans le milieu du premier siècle. La vie de Paul est un péplum fait d’amitié, de trahison, de foule en délire et de Romains médusés de voir une bande de monothéiste s’entre déchirer.

Utilisant des anachronismes plutôt bienvenus, il compare le début du Christianisme à l’Union Soviétique après Lénine, le lecteur avance dans le premier siècle de notre ère en terrain presque connu. Luc sera l’écrivain, le rapporteur peut être le plus fidèle car le moins exalté. Carrère s’écrit en train d’écrire, c’est sa marque de fabrique.

Alors, qu'attendez vous pour plonger dans les rives de cet étourdissant royaume?

 5. Le linguiste était presque parfait, David Carkeet ( Points) 

linguiste

"A en croire les éléments fournis par la suite de l'article, l'éthique n'était pas sa priorité. Apparemment, Leaf avait mauvaise réputation auprès des juges de Kinsey en raison de son manque de respect des procédures en matière de perquisitions et de saisies, ainsi que d'autres protocoles officiels que les agents de police étaient censés scrupuleusement observer."

Premier roman de David Carkeet, écrivain califnornien- et non pas anglais comme son univers pourrait le laisser croire, roman  paru en 1980, dépoussiéré par les étonnantes éditions  Monsieur Toussaint Louverture, "le linguiste était presque parfait" est un polar linguistique complètement déjanté, une  enquête bien décalée  dans les milieux universitaires- on pense parfois aux romans de David Lodge- qui ne se prend surtout pas au sérieux.

Une sorte de Cluedo à l'intérieur de l’institut Wabash, spécialisé dans l’étude de l’acquisition du langage, pas loin aussi de l'univers des  Agatha Christie,

Une fantaisise excentrique, toutefois parfois  un peu caricatural,  pour  roman pittoresque et loufoque  où les dialogues pétillants,  sont truffés de jeux de mots pour un polar amusant,  savoureux et qui sort largement des sentiers battus.

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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