Baz'art  : Des films, des livres...
30 avril 2017

Plus jamais seul : le poignant combat d'un père contre l'homophobie

 S’inspirant du meurtre de David Zamundo, victime d’un crime homophobe qui est survenu  à Santiago en 2012, le réalisateur  et musicien Alex Antwandter signe son premier long métrage, Plus jamais seul  (distingué du Teddy Bear à la Berlinale 2017) , qui sort en salles mercredi prochain et qu'on a eu la chance de voir en avant première grâce au Distributeur Epicentre Films. Une oeuvre étonnante et profondément émouvante : 

 

Plus-jamis-seul_poster-306x408

 Voilà un beau film chilien  qui risque de passer inaperçu mercredi lors de sa sortie en salles qui nous raconte le lien difficile mais plein d'amour d’un père pour son fils, avec en toile de fond de la difficulté d'être  homosexualité au sein d'une société chilienne visiblement très masculine et pour qui l'homosexualité n'a hélas rien de naturel.

Il est l'oeuvre d'un musicien électro célèbre en Chili et toute en amérique latine qui a été marqué comme tout le pays par un atroce meutre homophobe survenue en 2012 et a choisi d'en faire l'objet de sa première fiction. Un meurtre homophobe dont la portée médiatique fut si vive  que le Chili promulgua une loi au nom de sa victime, la loi Zamudio.

En suivant dans sa première partie un jeune  un peu à part qui suit  des cours de danse, qui s'habille en femme et aime aussi se maquiller, et qui tombe amoureux d’un garçon, et qui va subir une agression particulièrement violente, le film  pourrait être un réquisitoire contre la violence homophobe mais en fait est finalement plus et mieux que cela du fait de son découpage particulier et du virage qu'il prend à mi parcours du film.


Résultat de recherche d'images pour "plus jamais seul film epicentre"

Scindé en deux parties, la première centrée sur le jeune homme et le deuxième sur son père,Plus jamais seul parvient à s'affranchir de la simple retranscription d'un terrible fait divers, et d'un coté dossiers de l'écran qu'on pouvait craindre en  axant son propos sur une difficile mais touchante relation père-fils dans un Chili rongé viscéralement par une intense crise économique.

En se focalisant dans sa deuxième partie  sur Juan, le père, responsable de production et associé dans une usine de fabrication de mannequins, qui va peu peu découvrir ce que subissait ce film, et qui va se retrouver face aux failles des systèmes judiciaire et médical le réalisateur  tend à l'universalité et rend la portée de son oeuvre plus grande..

On pense à un autre film d'Amérique du Sud, le radical Despies de Lucia de Michael Franco, mais avec  ici plus d'empathie et d'humanité dans le regard porté sur ses personnages . et surtout le scénario de Plus jamais seul évite le coté revenge movie qu'on aurait pu craindre en naviguant sur des contrées moins attendues, quitte à en devenir frustrante dans un dénoument un peu trop ouvert..

En effet, comme Comme Alex Antwandter le dit lui même dans le dossier de presse de son film : "  Avoir un homme d’âge mûr, hétérosexuel, comme personnage principal a le mérite de faciliter l’identification du plus grand nombre et de mettre en lumière les préjudices de cette violence quotidienne »,

De même on appréciera également le très beau travail sur la bande sonore et musicale, variée et large spectre qui varie de l’opéra à la musique pop , pour conférer encore plus d'émotion à ce récit rendant une vraie dignité aux  laissés pour compte.

Une oeuvre  étonnante et émouvante qui fait croire en l'homme et en sa capacité  résistance et de solidarité face à la barbarie.

Commentaires
A
Merci pour la découverte,je n'en ai pas entendu parler. J'aimerais bien le voir, j'espère qu'il sera bien diffusé et pas juste qq jours !
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 373 093
Slough Motion : FESTIVAL INTERNATIONAL DU COURT-MÉTRAGE

22 au 26 septembre 2026 à Lyon.

LE COURT-MÉTRAGE RETROUVE SON GRAND RENDEZ-VOUS À LYON.Du 22 au 26 septembre 2026, Slough Motion investira les cinémas UGC de Lyon pour cinq jours consacrés au cinéma court, à celles et ceux qui le créent et à celles et ceux qui le découvrent.Des films venus de France et du monde entier.

Des cinéastes, des artistes, des professionnels et de nouveaux regards.

Une ambition : faire découvrir aujourd'hui les voix qui feront le cinéma de demain.

 

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar

Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants.

 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

Le festival rendra hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
171 abonnés