Fourvière 2018: Quand l'immense Julien Clerc vient célébrer un demi siècle en chansons ...
« Finalement, j’ai choisi le bon métier. J’ai la chance de continuer à vivre de ma passion, d’être suffisamment frais et inspiré, de m’amuser. »
Julien Clerc, qui célèbre ses 50 ans de carrière dans une grande tournée commencée depuis plusieurs mois, nous a montré mercredi soir dernier à Fourvière que cette déclaration n’avait rien d’une phrase lancée en l’air.
Pour célébrer ses 50 ans de carrière, notre Juju national sillonne la France pour partager son immense répertoire aux fans des débuts et aux nouvelles générations.
Pour les festivals d’été, celui qui est un véritable patrimoine de la chanson française à lui tout seul, a choisi de ne chanter que des tubes, pour un résumé assez fidèle de ces (déjà !) 50 ans de carrière.
Tandis que les premières notes de piano et de cordes montent dans le noir, des" ah et des " oh " s'élèvent de Fourvière .
Monsieur Julien clerc n'est pas encore apparu ce vendredi soir que ses fans ont déjà reconnu « Utile », le joyau qu'il a créé il y a 25 ans avec son frère de création, Étienne Roda-Gil, un titre. souvent partagé ces dernières années lors des attentats de Nice et du Bataclan.
Entouré de huit musiciens - dont un très féminin et très talentueux quatuor à cordes - les ans semblent ne pas avoir de prise sur Julien Clerc, (difficile de croire vient de fêter ses 70 ans).qui revient sur toutes les périodes de sa riche carrière. dans une veine lyrique, voire grandiloquente, qui a souvent marqué son style.
Dans les travées de l’amphithéâtre antique, le public est particulièrement hétérogène les trentenaires de 1968 sont bel et bien là mais aussi leurs petits-enfants et les générations intermédiaires comme les couples qui se sont rencontrés dans les années 80 sur La fille au bas nylon ou Cœur De Rocker. Tous vont y trouver leur compte.
Tantôt au piano, tantôt debout, Julien Clerc enchaîne les chansons avec, assez peu de transitions, car le temps presse pour mettre le plus de morceaux possibles au programme.
Sa carrière est tellement riche en grands titres que, pour en jouer le plus possible, peu de place est laissée ni aux silences ni aux solos de ses musiciens pourtant talentueux
Et de toute façon, les gens sont avant tout venus pour le voir changer et ils ont bien raison car Julien le fait toujours aussi bien.
Pendant plus de deux heures, Julien Clerc a l’infime élégance de ne pas oublier grand-chose de son immense discographie- avec une vingtaine de titres inamovibles, tous ces morceaux que tout le monde connait parce qu’à un moment ou à un autre, ils ont fait partie de leur vie.
L'artiste affiche tout au long de ces deux heures un bonheur qui semble sincère de jouer pour ce public pluriel, le saluant régulièrement (« « Vous êtes rudement en voix ce soir) à la fin de ses titres, rendant ce concert particulièrement touchant. »
Tous les grands titres sont présents, dont les quatre choisies ce soir par le public de Fourvière par le biais un vote à l’applaudimètre dans une liste de 8 morceaux présentés avant le concert : «Souffrir par toi n’est pas souffrir», « Ivanovitch », La jupe en laine » et le magnifique texte de Carla Bruni « si j’étais elle ».
Certes on aurait pu faire l’impasse sur « La chanson du grand oiseau », qu'il interprétait en 1979 dans la comédie musicale « Émilie Jolie » et qu'il reprend pour un soir avec une petite lyonnaise choisie sur casting – ou l'hommage qu'il rend à son « parrain de scène », Gilbert Bécaud, en reprenant « C'est en septembre » et si on veut pinailler on peut regretter qu’il ait choisi d’écarter le magnifique les séparés d’après le poème de Marceline DESBORDES-VALMORE
Mais pour le reste, c’est un véritable sans faute : les grands titres incontournables sont tous au rendez-vous Ma préférence, "Melissa", Ce n’est rien et Fais-moi une place , "Californie », Si on chantait s’avoisinent avec des titres plus récents comme Double enfant ou " Je t’aime etc. «Sous mon arbre », ou « À vous jusqu'à la fin du monde » tirés de son tout dernier album, qui ne dépareillent pas avec les grands tubes niveau efficacités des mélodies et pertinences des textes .
Chacune de ses chansons est une déclaration d'amour à l'existence, montrant la beauté de la vie par des petits riens. Et toutes sont des beautés qui ne vieillissent pas plus que leur compositeur pourtant septuagénaire.
Tout au bout du concert, jusqu’à u délicieux « patineur » en troisième rappel, le public n’aura eu de cesse acclame cet artiste exceptionnel qui n'a eu de cesse pendant ce demi-siècle de le faire vivre et rêver, en espérant que cela continue encore pendant au moins une décennie.
Quand Fourvière commence à se vider, on se dit que 50 années de chansons françaises a défilé devant nous et qu'on était fiers d'assister à cet événément.
Entouré de huit musiciens - dont un quatuor a cordes - Julien Clerc est venu hier à @fourviere revisiter 50 ans de carrière et montrer que ses chansons restent intemporelles, et que l'artiste ne fait pas du tout son âge. Un vrai moment de bonheur et de délice(s). pic.twitter.com/vSPgDWOgg6
— Baz'art (@blog_bazart) 5 juillet 2018