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4 juin 2021

Rencontre avec le chanteur Rover pour son album « Eiskeller »

Après plusieurs années sans album, le mois de mai a sonné le grand retour de Rover avec son très beau troisième album intitulé « Eiskeller ».

Un Rover avec sa voix à l'amplitude impressionnante, qui instille avec énormément de brio sa pop aérienne et ses refrains en anglais. Retrouvez notre chronique de l'album ici même .

Il y a quelques semaines seulement, on a eu la chance de rencontrer en visio le chanteur à la voix puissante et aux titres à fleur de peau.

Morceaux choisis :  

rover musique

 La génèse de l'album

« Après l'album Let It Glow en 2015, on a fait deux ans de tournée. C'est long et j’ai ressenti naturellement eu besoin de prendre le temps ensuite.

Je ne voulais pas faire un disque juste pour faire un disque, il fallait vraiment quelque chose qui me rende ce projet nécessaire, voire vital.   

Je cherchais un endroit où m'installer pendant un long moment pour travailler.

Cela ne semblait pas réalisable pour mon projet de le faire dans un studio plus classique. 

Car ce qui m'intéresse vraiment, ce sont les défis. Je ne veux surtout pas m'embourgeoiser dans la musique."

 

rover 222

La glacière bruxelloise, lieu de tous les possibles 

"Un jour de canicule, j’ai installé mes instruments dans une ancienne glacière bruxelloise, les caves de Saint Gilles .

Cette immense pièce industrielle, haute de plafond, allait devenir mon studio de musique pour les mois à venir,

Un endroit à nulle autre pareil où j’allais jouer et enregistrer, seul, ce disque. 

Une glacière, c'est un endroit où l'on conservait les pains de glace. Ce sont de grands volumes de 200 à 300 m2 sans lumière du jour et avec une réverbération naturelle. 

Pendant plus d'un an, quatorze mois, exactement  je me suis rendu chaque jour dans ce lieu, seul la plupart du temps, entouré de tous ces instruments, sans téléphone, sans connexion internet, bref une sorte d'ermite, mais un ermite au service d'un projet artistique ( rires).

Dans cet espace glacial et hostile, je me suis senti à la fois protégé et extrêmement vulnérable. Plusieurs mois furent nécessaires pour apprivoiser ce lieu, pour qu’enfin cette glacière me permette de voir les chansons éclore ." 

Rover, homme à tout faire d'un voyage à nulle autre pareil

"C'est la toute première fois que je réunissais tous mes instruments en un même endroit. J'ai ainsi dû me transformer en  multi-instrumentiste et même en ingénieur du son, en technicien. 

J'ai tout appris sur place et j'ai tenté ce voyage autant personnel que musical. Comme une traversée de quelque chose, un peu toutes proportions gardées, comme ces marins en solitaires qui partent affronter les éléments les plus hostiles.

 J’ai tellement aimé faire ce disque et éprouve une fierté simple d’y être parvenu seul et sans compromis.

Je n’oublierai jamais ce voyage, ou j'ai réussi à utiliser l’émotion comme un fil conducteur. C’est aussi ce que j’aime  profondément quand j’écris un titre, quand je l’enregistre ou quand je le joue sur scène." 

Rover lors de l'enregistrement de son nouvel album à Bruxelles.

L'importance du lâcher prise

"Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le lâcher prise, l’inconscient, le fait d’essayer d’arrêter le temps aussi. Sans prétention bien sûr, mais on a le privilège de pouvoir proposer cette émotion au public.

Si on peut arrêter le temps le temps d’un morceau, d’un concert ou d’un disque, c’est fantastique."

Un disque qui transcende les influences musicales de l'enfance

" Mes premiers souvenirs musicaux, ça doit être les Beatles, ou le premier disque solo de John Lennon et beaucoup de musique classique.

Ces vinyles que j’écoutais quand j’étais enfant sont vraiment mes influences quasi inconscientes, et je les emporte partout avec moi : sur  la vieille stéréo de mes parents.

Les Beatles, Bowie, Bob Dylan, et même Gainsbourg me collent un peu à la peau dans tout ce que je fais je le concède mais en fait, si je devais sortir un seul artiste, je pense que  j'adore davantage le travail solo de John Lennon. » 

 

Une voix à nulle autre pareille ....

"Quand je suis rentré du Liban, j'ai vraiment apprivoisé ma voix. 

Il faut dire que je suis parti soudainement pour un problème de visa, je suis parti sans rien dans les poches : sans d'instrument, je n'avais plus rien.

Il ne restait que ma voix, et depuis on peut dire que je la connais bien et que j’essaie de l’utiliser comme un instrument au même niveau qu’un autre. »

....mais parfois transformée par les machines

« Malgré l'effet très numérique et un peu froid de l'auto tune, j'avais très envie d'utiliser cette technique dans l'album, ce que j'ai fait pour un titre  : « Cold and tired «, afin de tenter justement de transmettre cette émotion.

 Et je dois dire que le résultat m'a étonnamment beaucoup plu.  Chanter dans un auto tune a un effet qui est très jouissif, parce que ça dépersonnalise totalement : on n'entend pas sa voix, on entend la voix de quelqu'un d'autre.Un peu comme quand on écoute son répondeur.   

C'est étonnant de se retrouver aux commandes de cette voix fictive qui appartiendrait à quelqu'un d'autre ; cependant, je pense que  la chanson fonctionne parfaitement aussi sans l'auto tune »

Défendre  « Eiskeller » en étant sur tous les fronts

"Depuis la sortie de l’album, je fais pas mal de promo comme pour l'émission d’Antoine de Caunes sur France Inter ou Augustin Trappenard sur la même radio ou l'émission de Ruquier.

Je me surprends finalement à plutôt apprécier l'exercice de la promo, ce qui n'a pas toujours été le cas à mes débuts il y a dix ans..

J'ai tendance à penser que cela n’est pas forcément facile de mettre des mots sur le processus créatif.

Disons que  c’est pour ça qu’on en fait de la musique. pour remplacer les longs discours, mais là je m'aperçois que j'aime bien réfléchir avec les journalistes sur le pourquoi et les comment de la création si singulière de cet album .

Au-delà de cela, il faut reconnaitre,qu'en ce moment, les émissions de radio et TV ce sont quand même les seuls endroits où l'on peut jouer en live, mais heureusement cela va bientôt ne plus être le cas car une tournée est prévue à la rentrée..."

La tournée à venir

"Mes concerts sont prévus dans une formation très épurée, juste un batteur et moi, pour retrouver l'émotion un peu brute et minimaliste du disque.

C’est peu de dire que j’ai hâte de partager ces morceaux avec le public . 

Et puis je dois dire que j'ai peu à peu, j'ai appris au fil des tournées que les chansons ont une vie après le disque, et tout le bonheur de la scène est  de savoir se réinterpréter à sa guise .  " 

ROVER/ NOUVEL ALBUM "EISKELLER" DISPONIBLE 
(Cinq 7 - Wagram Music)

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49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

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