Baz'art  : Des films, des livres...
7 février 2023

Rencontre avec la réalisatrice Léonor Serraille pour le film Un petit frère

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 "Un petit frère"  est sorti en salles mercredi dernier et c'est  incontestablement un des plus beaux films de ce début d'année.  

En s'inspirant  visiblement assez fortement de la famille de son compagnon, Léonor Séraille s'attache à faire le portrait d'une famille immigrée qui quitte la Côte d'Ivoire par arriver à Paris, un portrait loin de l'image  véhiculée dans les œuvres de fiction.

Dans Un petit frère, un film qu'on a vu et qu'on aime beaucoup il n’est en effet nullement question de clandestinité, de faux-papiers ou de destins souvent glauques et/ou sordides.  

La réalisatrice  déploie avec énormément de maîtrise sur trente ans une histoire universelle derrière le parcours singulier de Rose et de ses enfants dont les incarnations changent au fil des époques.

Le film  a été projeté lundi 23 janvier 2023 en avant-première au cinéma Lumière Terreaux en présence  de Léonor Séraille et d'Annabelle Lengronne. 

A cette occasion on a eu la chance d'avoir un tête à tête avec la réalisatrice  et l’interprète du rôle principal.

Léonor Serraille B&W © Ph

 

Petits extraits choisis de notre rencontre   avec Léonor Seraille : 

Ecrire une histoire qui n'est pas la sienne
" Je savais en faisant ce film que l'on m'attendait au bout du chemin. Mais qu’importe : cette histoire devait exister. Je voulais qu'elle existe, qu'elle existe pour mes enfants, pour qu’ils puissent avoir d'autres modèles que ce que je vois aux infos, dans le monde de l’humour ou dans des films — que je trouve super par ailleurs mais qui sont parfois un peu violents ou qui associent toujours les jeunes Noirs à une certaine esthétique. 
J'ai aussi fait le film car d'une certaine façon j'en étais la spectatrice  : le père de mes enfants dont le film s'inspire en partie,  je le connais depuis plus vingt ans, j'avais un certain axe d’écoute, d’attention, de regard.
 Et ça n’aurait pas été le même film si ç’avait été quelqu'un qui avait vécu cette histoire qui l’avait fait. Lui avait à cœur de voir ce que j’allais en faire : « ton regard sur cette histoire m’intéresse ». À partir de là, j’y suis allée."

 

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Rose, femme libre et lègère
"Pour façonner le personnage de Rose, avec Annabelle, on a cherché à créer quelqu'un qui soit comme dans la vie, en mixant des bons et des mauvais côtés. Rose est presque un peu trop moderne pour l’époque, la vie est trop petite pour elle. Elle n’est pas dans une fuite, mais elle s’affranchit, elle fait les choses à sa façon. Et donc elle fait des erreurs. Je la montre dans tout ce qui la compose, dans les choix qu’elle fait, on l’aime ou on la déteste pour ça…"

 Rose, c'est en quelque sorte un électron libre, une figure de l’insoumission qui a du style, énormément de légèreté en elle avec quelque chose de très enfantin parce qu’elle est du côté du jeu. Mais elle a aussi de la tragédie en elle. Parce que son amour de la liberté l’amène vers des situations compliquées. Elle a sans doute vécu auparavant quelque chose de lourd avant, qu’on a préféré garder un peu “opaque“.

 L'importance des silences et des non dits

 "Tout ce qui est intime, les non-dits, les silences à l’intérieur des familles, c'est un endroit dans lequel on peut s'aventurer de façon très riche. Et après Jeune Femme, je n’allais pas capter les flots de gens qui verbalisent ce qu'il ressentent, plutôt raconter ce qu’ils n'arrivent pas à se dire. Et comment des silences ont façonné aussi une famille ; ce qui est dit dans les gestes, dans ce qu'on impose à l'autre en tant que parent…

Un film universel.... malgré lui

"Un petit frère n'est pas mon histoire de famille, mais je peux m'y projeter. Je peux me projeter dans Rose, dans ce garçon qui déprime parce qu’il ne sait pas quelle vie il doit embrasser. Je n'aime pas trop le terme car il recouvre tout et n'importe quoi mais le film tend quand même à une certaine universalité, c'est certain.  Un spectateur qui vient d’Argentine m’a dit que l’histoire de Rose, c’était sa vie alors qu’elle vient d’Afrique subsaharienne ; c’est exactement ce qu’on a voulu."

Raconter 25 ans en moins de deux heures

" J’aimais bien cette contradiction de raconter 25 ans et que ça tienne en moins de deux heures. Ça permet des ellipses franches, des résonances, des éclats, des gestes ou même que des objets traversent le film. Comme un costume d’enfant, qui devient un costume d'adolescent puis de jeune homme, accroché dans une chambre…"

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