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20 octobre 2023

Festival Lumière 2023 : CHAMBRE 999, l'avenir du cinéma sondé 40 ans après Wenders

 

Saviez vous qu'en marge du festival  de Cannes 1982, Wim Wenders avait demandé à  des cinéastes tels que Jean-Luc Godard, Rainer Werner Fassbinder, Steven Spielberg et plein d'autres metteurs en scène phares de l'époque leur avis sur l’avenir du cinéma.   Car oui, il y a quarante ans, on se posait déjà la question de la potentielle « mort du cinéma »  qui faisait alors face à la massification de la télévision et de la vidéo, ce qui est finalement assez encourageant pour la suite vu que 40 ans après, le cinéma, qui peut être jugé moribont par certains, tient encore sacrément la route, et ce Festival Lumière qui est en place depuis samedi est là pour le prouver . 

La documentariste française Lubna Playoust a eu la belle idée de reprendre avec "Chambre 999", la suite du film de Wim Wenders, intitulé "Chambre 666". 

Comme Wenders, Playoust convoque de nombreux  cinéastes - de James Gray, en passant par Rebecca Zlotowski à Claire Denis, d'Olivier Assayas à Nadav Lapid à Asghar Farhadi à Agnès Jaoui, Christian Mingui à Alice Rohrwacher-  et elle leur pose la question de l’avenir du cinéma,  " Le cinéma est-il un langage en train de se perdre, un art qui va mourir ? ».

Tourné pendant le festival de Cannes 2022, le film commence par l’intervention de Wim Wenders qui répond à la question par l’affirmative – oui, pour lui, la révolution numérique va tuer le cinéma.  

« Ce que nous appelions « cinéma » subsiste à certains endroits, dans quelques cercles, mais en fin de compte, cela disparaît vite et ça va disparaître comme l'art que nous connaissions. Ça sera peut-être remplacé par autre chose dont on ignore encore tout. Voyez-vous, curieusement, le cinéma est redevenu une attraction de fête foraine. Sauf que la fête foraine n'est plus un véritable endroit. C'est un endroit virtuel, aléatoire, arbitraire, anonyme. Et le cinéma a toujours été tout l'opposé de ça. Le cinéma c'était un langage clair, il exprimait l'identité de quelqu'un qui s'adressait à son public. Le cinéma était consacré à la vérité, à la beauté, au bon sens, et on voit disparaître tout cela . Les cinéastes n'entendaient pas lutter contre ce courant mais plutôt témoigner pour la postérité de ce que leur art aura apporté au XXe siècle."

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Son raisonnement pourrait être démoralisant s’il ne rajoutait pas que, pour lui, la jeune génération a tout de même les cartes en main pour altérer le cours des choses.  

L’intervention de Wenders donne la couleur générale de ce Room 999 : ce documentaire peut être vu comme alarmant à certains égards, mais il donne pour autant quelques raisons solides d’espérer.  

D’autres cinéastes soulignent de leur côté que le cinéma n’a jamais cessé de se réinventer, que toutes les histoires n’ont pas été filmées, notamment en Afrique, continent où il y encore plein d'histoires à raconter. 

Certains soulignent l’importance de l’expérience collective de la salle de cinéma face à l’individualisme de la société, du regard porté par l’auteur face à un flux incessant d’images.

Le changement est accepté, et la volonté de s’adapter bien réelle. 

Finissons par ce que dit Arnaud Desplechin  « Le cinéma n’arrête pas de mourir, c’est le principe de sa vie même. ». Et Chambre 999 nous le montre puissamment : le cinéma est en effet un art qui a autrefois été menacé par l’arrivée de la télé, il pourrait certes l’être aujourd’hui par les plateformes, la miniaturisation des écrans, les changements d’habitudes des spectateurs, le manque de soutien financier au cinéma d’art et essai, le temps d’attention réduit devant les écrans, les algorithmes qui altèrent l’esprit de curiosité… 

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Mais le cinéma n'a t il pas, dans son essence même,  cette nécessité de toujours se réinventer ?

En montrant que le cinéma est paradoxalement un art bien vivant quoique potentiellement mortel, Lubna Playoust signe un documentaire passionnant qui donne quelques clés de compréhension qui permet au cinéphile de ne pas céder à l’abattement. 

On ressort alors de la Chambre 999 les clés en main pour un nouvel élan du cinéma, traversé par de nouvelles forces et une vitalité sinon retrouvée en tout cas pas totalement éteinte. 

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Le film a été présenté hier par sa réalisatrice Lubna Playhoust, que l'on retrouve aussi comme comédienne dans Simple comme Sylvain, dans le cadre du Festival Lumière au Lumière Terreaux ( crédit photo: Loic Benoit-Festival Lumière)

Il sort en salles le 25 OCTOBRE distribué par New story distribution.

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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