Baz'art  : Des films, des livres...
10 novembre 2023

Rencontre avec Frédéric Tellier et Benjamin Lavernhe pour le film L'abbé Pierre une vie de combats

Le film L’Abbé Pierre – Une vie de combats consacré au parcours du cofondateur d’Emmaüs, interprété par un exceptionnel Benjamin Lavernhe, est en salles depuis mercredi matin.

Il y a mille vies dans celle d’Henri Grouès, tour à tour prêtre à la santé fragile, résistant maquisard et député à la Libération. Il y a surtout la légende, celle de l’Abbé Pierre, nom qu’il s’est choisi, celui d’un homme de paix engagé corps et âme contre le mal logement. Frédéric Tellier rend hommage à cette destinée romanesque dans  ce biopic de belle tenue.

Rencontre avec le réalisateur et son acteur croisés sur Lyon il y a quelques semaines.

Rapide compte rendu de cette rencontre  assez exceptionnelle : 

FAB_8538

3 questions à Frédéric Tellier : 

Rouge et Blanc Citations Instagram Story

 

À l’origine du film

Il y a eu beaucoup de choses. D’abord, ma mère était allée à une conférence et m’en avait parlé. Puis c’est un sujet que j’ai abordé avec les producteurs alors que nous cherchions un nouveau sujet. Il y aussi probablement ma propre colère du monde en ce moment. Je connaissais finalement assez mal l’histoire de sa vie, hormis quelques points saillants, comme beaucoup de gens de mon âge ou plus jeunes encore. Il a fallu du temps avant d’être convaincu qu’il y avait matière à raconter un film.

La documentation
Frédéric Tellier : C’est un peu ma spécialité, les grosses enquêtes, même si celle-ci n’a pas été très longue. Il y avait énormément de matière déjà existante à laquelle j’ai eu accès, parce que j’étais très proche de la Fondation Abbé Pierre et du mouvement Emmaüs, donc très proche des archives. Et comme il s’agit d’une reconstitution historique, pour cette documentation, j’ai travaillé avec des journalistes spécialisés. On a récolté presque 5 000 photos, dont beaucoup sont inédites, des documents vidéos et des lettres écrites dans son échange épistolaire avec François Garbit, son grand ami. 

Le choix de Benjamin Lavernhe 

Son nom a été évoqué très tôt dans les pistes de réflexion. Je le connaissais déjà car il avait un petit rôle dans mon premier film, L'Affaire SK1  Il fallait un acteur très solide pour incarner ce personnage car il y avait beaucoup de texte, beaucoup de dialogues, beaucoup de discours, beaucoup de fatigue à venir. Et il fallait aussi cette petite fragilité d’âme.

FAB_8574

Trois questions à Benjamin Lavernhe 

Incarner une légende
C’est un rôle unique dans une vie. Incarner l’Abbé Pierre comble le plaisir du comédien car il était un grand tribun, un grand orateur, qui avait le pouvoir de toucher au cœur par ses prises de paroles. Il avait une grande dimension théâtrale. Cela est mis au service d’un film multiple, d’aventure, d’histoire et terriblement engagé. C’est un homme bouleversant de complexité. On montre sa force comme ses fragilités et ses doutes.

L’acteur et le personnage
C’est la première fois que j’incarne quelqu’un d’aussi connu et d’aussi aimé. Il y a quelque chose de très sérieux dans l’exercice. Ça supposait un grand travail de documentation, de rencontres avec ses proches.je me rassure beau­coup par le travail. J’ai consulté un maxi­mum d’in­for­ma­tions, de textes, des heures d’ar­chives, 5000 photos…

Comme c’était un portrait assez intime, je voulais d’abord aller à la rencontre de cet homme, savoir qui il était avant de me deman­der comment l’in­car­ner.

J’ai beau­coup aimé lire ses jour­naux intimes, qui sont vrai­ment très intimes, ses carnets d’ado­les­cence. Il grat­tait beau­coup, et avait cette amitié et cet échange épis­to­laire avec son ami de collège François Garbit, qu’il a gardé jusqu’au bout. 

Le travail de composition 

laverhne itw

 Pour jouer quelqu’un de 94 ans, on est obligé de truquer sa voix, donc autant  être dans le mimé­tisme. Beau­coup de gens d’ailleurs aux avant-premières ne voyaient pas la diffé­rence avec les images d’ar­chives montrées dans le film.

C’est déjà ça de réussi.

Je trou­vais très exci­tant d’al­ler vers une véri­table compo­si­tion à l’amé­ri­caine, mais je ne voulais pas qu’on voie le travail, et je souhai­tais surtout rester cohé­rent avec l’Abbé jeune.

C’est aussi en étant au plus près de moi que j’ai pu servir le personnage. Il n’était pas question de l’imiter ou de le singer. Ce qui compte, ce sont les signes. C’est à la fois se connecter à son énergie, son phrasé et incarner la manière dont il est habité.  

 

FAB_8554

FAB_8561

Photos réalisées par Fabrice SCHIFF

Merci à  Pathé Lyon  et à SND films

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 360 169
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
170 abonnés