Les grands films de la rentrée (2) : L'inconnue ou l’inquiétante étrangeté du quotidien
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David Zimmermann est un jeune photographe un peu associable. Poussée par une amie, il accepte de venir à une fête un peu étrange.
Au milieu de la foule festive et alcoolisée, David croise le regard d’une fille blonde ténébreuse en imperméable.
Irrépressiblement attiré, il la suit jusqu’à une pièce isolée. après une relation sexuelle, son esprit passe dans le corps de sa partenaire sexuelle, il se retrouve seul le matin dans le corps de cette fille qui l'avait attiré irrépressiblement.
On avance en compagnie de David devenu femme, et fil de l'avancée de l'enquête, il y a toujours un nouvel obstacle qui se présente, comme une fatalité. À l'origine de ce projet parmi les plus intrigants de la rentrée cinéma à venir, il y a une bande dessinée sortie il y a deux ans : le Cas David Zimmerman (Sarbacane), cosignée des frères Arthur et Lucas Harari.
Arthur Harari adapte son propre matériel, toujours flanqué de son frère, et eu l'idée de départ en explorant jusqu'à son paroxysme la sensation d'égarement, ou d'imposture. Ensemble, les frères explorent les questions de l’identité, de l’héritage familial, de la judéité. Ce n’est pas anodin, si David Zimmerman est photographe : la photographie, c’est la trace du passé. Un passé qui ne passe pas, où cet anti-héros reste ancré.
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Un précipité de réalisme fantastique sur le trouble identitaire, l'inconfort, le malaise d'être. C'est un récit de l'étrange, fantastique, oppressant, sous tension. le graphisme et travaillé en trichromie : un noir, un bleu outremer, un rouge agressif, le jaune est totalement absent, le bleu est particulièrement pesant et étouffant, les grandes pages bleues imposent une atmosphère tendue et froide, épaississant le mystère.
Impossible d’en dire davantage sans dévoiler les rebondissements de l’affaire. Le récit, à la croisée de plusieurs genres – fantastique, récit intimiste, thriller – maintient la tension sur quelque 360 pages. Les deux frangins, nourris aux films noirs et aux romans policiers, joue d’ailleurs avec les codes du polar : s’il n’y a pas de cadavre, il y a bien un mystère, des indices, un imperméable, un papier froissé dans la poche…
L'Inconnue désarçonne car tout y dissone. L'angoisse latente repose une inquiétante étrangeté mais qui s'ancre dans du naturalisme, ainsi que sur des effets aussi simples qu'un protagoniste contemplant son corps possédé par un autre.
L'histoire nous amène là où on ne s'attend pas, et elle est d'autant plus marquante. Pudeur et non-dits, Arthur et Lucas Harari ont choisi de valoriser la perte de repères et d'identité en nous laissant frustrés pour le domaine fantastique, c'est osé, ça peut décevoir plus d'un spectateur mais ca n'en demeure pas moins assez fascinant.
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L’ensemble s’enchevêtre sur les visages caravagesques de Niels Schneider, sorte de corps sacrifié l'acteur a perdu beaucoup de poids, dans un engagement très hollywoodien envers son rôle ; Léa Seydoux, à l'inverse, corps accouché, lourd aux seins hors normes veinés, visage sans maquillage de madone –, des rémanences christiques dans la grâce de certains plans, comme cette scène avec Valérie Dréville où Léa Seydoux prend dans ses mains tout le malheur des choses.
Ce n’est rien de dire que L’inconnue est un film labyrinthique, à multiples tiroirs où Harari nous perd souvent plus ou moins.
Pour être honnête, tout n’est pas totalement compréhensible, dans l'Inconnue mais cela n'est pas perturbant outre mesure car le film véhicule une grâce, une gravité et une intensité folle, permettant au spectateur de s’ancrer largement dans cette histoire.
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Le film L'inconnue sortira en salles le 26 août
Il est projeté en avant première ce jeudi 20 août à Lyon au cinéma le Comoedia en présence du réalisateur Arthur Harari et du comédien Niels Schneider
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