Les grands films de la rentrée (9) : Histoires de la nuit : Léa Mysius loin de Mauvignier
Un hameau isolé, un chien, deux maisons, trois générations, quatre occupants … avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs histoires anciennes et leurs mystères : Christine, une peintre venue de la ville s’installer à l’écart du monde et la famille Bergogne, le père Patrice qui peine à faire vivre sa petite exploitation, sa femme Marion, distante et employée dans une imprimerie et leur petite fille Ida.
Et puis un jour, trois hommes débarquent, trois frères … Le spectateur va progressivement comprendre qu’ils n’ont pas fait le voyage pour rien.
On attendait beaucoup de cette adaptation du roman de Laurent Mauvignier, Histoires de la nuit (paru aux éditions de Minuit, en 2020), un huis clos tragique où une violence archaïque contamine tout, même l'enfance.
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On l'a tant aimé, ce roman formidable dans lequel Laurent Mauvignier avait conçu une mécanique implacable qui faisait surgir puis grandir un malaise gagnant chacun des personnages , et les faisant inexorablement vaciller.
C'était un peu le roman idéal pour Léa Mysius, dont les deux premiers longs-métrages, très originaux, étaient tous les deux construits sur des relations mères-filles et les sens du corps humain.
« Ava » relatait l'été d'une adolescente qui perd la vue. « tandis que "Les 5 diables » suivait les traces d'une fillette un peu chaman qui voyage dans le temps à travers les odeurs.
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Avec ces « Histoires de la nuit », la réalisatrice s'aventurait donc en terrain connu : le roman de Laurent Mauvignier décrit en effet une mère, sa fille… et un passé enfoui.
Malheureusement, la complexité, l'épaisseur des personnages, l'arrière-plan social sur cette France rurale oubliée et humiliée, terreau sur lequel prospère un patriarcat poisseux était bien plus criante dans le livre que dans le film
Celui ci devient rapidement un home invasion efficace mais assez simpliste, voire caricatural; notamment dans l'écriture des personnages et le jeu des comédiens qu'on adore par ailleurs..
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Le film s'arrange certes quelque peu vers la fin lorsque Histoires de Nuit convoquent l'ombre totémique de « La nuit du chasseur » et ose même une scène de poursuite dans un champs, hommage à évident à la Nuit nous appartient (que des histoires de nuit) de James Gray..
Bref, ces «Histoires de la nuit » restent un suspense honnête, mais certainement trop appliqués pour véritablement décoller et attraper le spectateur même si celui du mois de septembre sera peut être plus conciliant que celui de Cannes.
Histoires de la nuit, Léa Mysius, France, 114 min. en salle le 16 septembre 2026.
♥♥
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