beaupainAprès une ode à Delerm la semaine passée, j'ai aujourd'hui envie  de défendre un artiste  sensiblement de la même famille musicale (les détracteurs rétorqueront " la famille des chanteurs sans voix"), mais qui, pour l'instant du moins, reste plus confidentiel que le fils de Philippe.

Cela dit, la carrière d'Alex Beaupain, puisque c'est de lui qu'il s'agit,  a connu un virage important en 2007, grâce au cinéma, puisque c'est lui qui a intégralement composé (paroles et musiques) de bande originale d'un film, "Les Chansons d'amour"   qui doit beaucoup, comme son titre l'indique, à ses morceaux musicaux.

Si ces morceaux ont tellement touché le coeur d'une génération ( grosso modo la mienne), c'est certainement dû aux accents de sincérité que Beaupain a instillé dans les paroles et ses mélodies. Il faut dire que ces morceaux, pour la plupart déjà présent dans le permier album de Beaupain, ont été un vrai carthasis pour Beaupain, confronté peu de temps auparavant à une terrible tragédie personnelle, le décès brutal de sa compagne, décédée à  moins de 30 ans d'une crise cardiaque.

Si "Garcon d'honneur" , le premier album en question, que j'avais écouté avant de voir le film de Christophe Honoré, m'avait  certes semblé joli, il m'avait également paru peu prétentieux et manquant un peu de force.  Ce n'est que mise en image par Christophe Honoré  que les chansons de Beaupain ont pris une toute autre ampleur  puisque l'intrigue des Chansons d'amour est trés largement inspirée de son histoire personnelle.

coeurDepuis, Beaupain, a gagné un public , pas forcément trés nombreux, mais trés fidèle et dévoué. Et il également sorti deux autres albums, dont le dernier " Pourquoi battait mon coeur" est sorti en mai dernier. Evidemment, faisant partie de ce public, je me suis empressé de l'acheter et de le mettre sur ma platine.

Pour résumer mon opinion sur son dernier opus, je peux peut-être  faire un parralèle - osé sans doute-  avec le cinéma des frères  Dardenne :  la presse ne cesse de dire que ce disque est beaucoup plus lumineux que les autres, mais je trouve que cela est quelque peu exagéré, autrement dit on n'est pas chez la Compagnie Creole ou Patrick Sebastien.

  Cela étant dit,  bien que le tout premier morceau du disque De tout sauf de toi nous dit exactement le contraire ( "Et puis rien ne résiste, rien ne fait le poids et j'avoue, de tout sauf de toi je m'en fous"), c'est que  Beaupain est moins obsédé  qu'auparavant par la mort de sa compagne. 

Dès les morceaux suivants,  Beaupain va s'écarter quelque peu de cette tragédie, avec des morçeaux assez ambitieux sur fond d'orchstrations plutôt rythmées, comme le tout  premier single diffusé sur les ondes ( enfin pas toutes, cela reste un chanteur peu diffusé) . Ce morceau, "Au départ",    trace un parallèle entre l'histoire de la gauche en France et celle d'un couple. Entre autres  petites merveilles  ne dépassant pas  3 minutes , le disque contient également un duo avec Camelia Jordana et sa voix si particulière, Avant la haine, titre qui figurait déjà dans la bande originale d'un autre film de Christophe honoré qui précédait des chansons d'amour, Dans Paris

A l'écoute de ce disque, ne croyez pas que l'on soit baigné d'une jovialité permanente : la mélancolie latente est constamment prégnante, mais ce sentiment qui nous colle à la peau est une sensation assez agréable, il faut bien en convenir.

Alors, bien sur, pour faire le beau  (ou la belle) cet été sur les pistes de danse, préférez LFMAO ou Black Eyes Peas, mais pour l'émotion et la sensibilité à fleur de peau, vous pouvez me faire confiance  et  opter pour Alex Beaupain. 

En bonus, voici la vidéo de ce single "au départ"
Alex Beaupain - Au départ video