les amoureuxDécidement, je pense que je vais me spécialiser dans les romans écrits par les  femmes journalistes  de cinéma, car, après Brioche de Caroline Vié et Là où tu es de Claire Vassé, voilà que j'ai enchainé avec Les Amoureux ( titre simplissisme mais beau), un autre roman écrit par quelqu'un que je connaissais surtout grâce à ses écrits sur le cinéma.

Enfin, je dis ses écrits, il faudrait que je précise "plutot sa voix" puisque Sophie Avon, l'auteur de ces amoureux paru lors de la dernière rentrée de septembre aux éditions Mercure de France, est critique de cinéma pour le journal Sud Ouest (vu, ma région de résidence,  vous pensez bien que je n'ai pas souvent l'occasion de lire ce quotidien), et elle intervient  régulièrement, depuis 2005, à l'émission  Masque et la Plume sur France Inter , émission dont j'essaie de ne rater aucune séance.

J'ai toujours apprécié de l'entendre, elle, et sa voix suave, toujours posée (alors que ses confrères s'emportent pour un oui ou pour un non), et aux propos aussi intelligents qu’inattendus (même si je ne suis pas toujours d'accord avec elle, mais qui est toujours d'accord...avec moi :o)?).

On devinait la léttrée sous ses envolées critiques, et il n'est donc guère étonnant de la voir s'essayer à l'écriture . D'autant plus que  Sophie Avon n'en est pas à son coup d'essai en matière d'écriture, puisqu'elle a déjà écrit une dizaine de romans depuis 1988 ( Ce que dit Lili : La lumière de Neckland...), mais Les Amoureux est le tout premier que je lis d'elle.

Ce roman me semble d'ailleurs assez autobiogprahique, puisque je sais que Sophie Avon est une bordelaise qui  a commencé sa carrière artistique en faisant des cours de théatre à Paris.

Or, c'est exactement la destinée de l'héroine de son histoire,  Sonia, 18 ans  qui quitte Bordeaux pour réaliser son rêve et suivre, à Paris, des cours de théâtre. Jan, comédien, tombe amoureux d’elle. Cette relation idyllique de deux jeunes qui se la jouent artistes bohème, prend fin lorsque Jan présente Alexandre, son ancien petit ami à Sonia. Sonia tomba amoureuse violemment et sut qu'elle n'avait jamais aimé comme ça avec cette quiétude et cette joie. Avec la certitude que sans ce garçon, elle ne pourrait plus vivre. Sonia et Alexandre décident de vivre ensemble et leur amour grandit. Sonia est heureuse. Même si elle semble avoir entendu ce qu'Alexandre lui avait dit quant à son attirance pour les garçons…

Bref, même si on ne sait évidemment pas si Sophie Avon a vécu une histoire d'amour aussi passionnée et passionnelle que celle qu'elle décrit dans ce roman (la demoiselle est très pudique), on se doute qu'elle ait mis beaucoup d'elle même, et ce récit  intime et personnel touche par cette douce et sensible écriture, aussi douce et sensible que la voix de Sophie sur France Inter...

On aurait parfois aimé un peu plus d'embrasement et d'emportement, et les quelques passages au présent (l'histoire commence lorsque Sonia, à 50 ans, enterre Jonas, son mari, et sa seconde histoire d'amour après Alexandre) m'ont semblé un peu superflues, mais l'auteur arrive quand même, par son écriture simple mais touchante, et sa juste vision sans caricature sur le milieu des théatreux parisiens, à transcender un sujet qui pourrait paraître traité un peu trop souvent dans la littérature française.

En effet, cette simplicité de ton, qui pourrait passer un peu pour légère, nous touche, faisant écho à cette jeunesse, la nôtre peut-être, ou celle que nous avons rencontrée chez nos proches.

En même temps, j'aime autant les romans d'amour que les films d'amour, c'est mon coté grand romantique, mais ce roman là se classe clairement parmi le haut du panier...

Et un grand merci à Mercure de France pour l'envoi de ce livre!!!

Roman qui participe par ailleurs  au challenge 1% littéraire de chez Herisson8